Cet article aparaît dans le numéro de Septembre/Octobre 2012 du magazine CANADIENS. Abonnez-vous dès maintenant!

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par Shauna Denis

Il n'accrochera pas de diplôme sur un mur et il ne montera pas sur une scène coiffé d'un mortier, mais Max Pacioretty a passé les quatre dernières années à obtenir la meilleure éducation qu'il aurait pu espérer


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Quatre années se sont écoulées depuis que Max Pacioretty a décidé de quitter le dortoir de l’Université du Michigan après seulement une saison pour amorcer sa carrière professionnelle. Plutôt que de passer cette période à étudier pour des examens de mi-session et de participer au Frozen Four, il a troqué le confort de la vie sur le campus pour obtenir la formation nécessaire pour son futur emploi sur le terrain. Des longs voyages en autobus dans les mineures jusqu’à un incroyable retour d’une blessure qui aurait pu possiblement mettre un terme à sa carrière, le jeune homme de 23 ans sait qu’il a beaucoup plus appris de ces expériences que dans une bibliothèque.

« On a peut-être mis en doute ma décision de quitter l’université après seulement une année, mais je suis rendu ici aujourd’hui parce que j’ai fait ce choix », affirme Pacioretty, qui avait récolté 39 points en 37 matchs à sa seule saison chez les Wolverines. « Je ne l’ai jamais regretté. Avec le recul, c’était définitivement la meilleure chose que je pouvais faire pour ma carrière. Je ne reproche rien à Michigan parce que d’aller à cette école était l’une des meilleures décisions que j’aie prises, mais je savais que je devais aller de l’avant.

« Une chose avec laquelle nous nous amusons dans ma famille est que ma petite sœur, Katie, va à Michigan maintenant. Je ne veux même pas m’imaginer d’être à la même école qu’elle en plus d’aller aux mêmes fêtes et de jouer avec des gars de son âge. Elle est encore si jeune à mes yeux », explique-t-il en riant, avant d’ajouter que même s’il est à plus de 1 000 km d’Ann Arbor, il continue de garder un œil sur sa sœur de 21 ans. « Croyez-moi, j’ai encore beaucoup de contacts là-bas. »

Les gens ont peut-être douté du choix de Pacioretty à l’époque, mais cela n’a pas pris beaucoup de temps à l’attaquant de puissance en devenir pour faire taire ses détracteurs. Il a fait le saut à Montréal après seulement une demi-saison à Hamilton, marquant son premier but en carrière dans la LNH sur son tout premier lancer. Son premier jour au travail a peut-être semblé facile, mais les 1 191 qui ont suivi ont été légèrement différents.

« J’ai joué pour cinq entraîneurs différents dans la LNH, trois dans la AHL, deux capitaines différents et trois directeurs généraux – et tout ça dans la même organisation », mentionne Pacioretty qui a évolué aux côtés de deux douzaines de compagnons de trio différents au cours de cette période. « J’ai été confronté à plusieurs embûches, je faisais constamment la navette entre les mineures et ici sans savoir pour combien de temps. Mais ça en a valu la peine. Ça me fait apprécier encore plus les choses maintenant. »

Malgré le fait qu’il ait partagé ses trois premières saisons entre Montréal et Hamilton, l’athlète originaire de New Canaan, au Connecticut, est parmi ceux avec le plus d’ancienneté au sein de son équipe.

« C’est bizarre que l’on considère que je n’ai complété qu’une saison complète dans la LNH parce que j’ai environ 200 matchs derrière la cravate. Je sens vraiment que je suis ici depuis un bout de temps », admet-il. « J’ai évolué à l’époque de Saku Koivu à ma première saison, j’étais donc ici lorsqu’ils ont fait le premier grand ménage (en 2009) et on dirait qu’ils en ont refait un autre cet été. »

Commençant au bas de l’échelle et travaillant sans relâche depuis 2008, Pacioretty a déjà eu à se prouver auprès de plus d’entraîneurs que la majorité des joueurs au cours de leur carrière – et il recommencera de nouveau cet automne avec Michel Therrien. Venant de compléter la meilleure saison de sa carrière où il a terminé en tête des pointeurs des Canadiens avec 65 points, l’ailier de 6-pieds-2 sait qu’il ne recommencera pas à zéro cette saison, mais il espère effectuer une excellente première impression.  

« Michel possède déjà une bonne compréhension de notre équipe puisqu’il faisait partie des médias montréalais au cours des dernières années. Mais lorsque vous arrivez au camp, ça n’a plus d’importance », rectifie-t-il. « Vous devez impressionner lui, les nouveaux dirigeants et les autres nouveaux employés partout : sur la glace, au gymnase, attitude, éthique de travail – partout.

« Mais je n’ai pas comme vision que je dois repartir de la case départ; je le vois plutôt comme une opportunité de peut-être même améliorer l’image que tout le monde a de moi », poursuit le gagnant du trophée Bill-Masterton en 2012. « La raison pour laquelle je joue de cette façon est que je ne crois pas qu’aucun entraîneur me dira d’arrêter de jouer comme ça. Je ne me casse pas la tête et je ne prends pas de gros risques. Je tente seulement de pousser la rondelle dans le fond de la zone, d’aller la récupérer ou de la garder le long des bandes. Ça semble avoir fonctionné pour un gars comme Colesy [Erik Cole] depuis longtemps et je ne pense pas qu’un entraîneur ait déjà eu un problème avec un gars comme lui. J’espère baser ma carrière sur la sienne. »

Ce ne serait pas la première fois que Pacioretty s’inspire de son compagnon de trio. À l’aube de la saison 2011-2012, espérant rebondir d’une fracture d’une vertèbre en mars 2011, le fougueux attaquant savait qu’il devrait trimer dur. Ayant lui-même vécu la même situation six années plus tôt, Cole a pu transmettre à Pacioretty la recette idéale pour le succès.

« Ma réhabilitation comportait plusieurs étapes et certaines d’entre elles étaient davantage mentales que physiques – comme celle de recevoir la première mise en échec pour savoir que tout est correct », partage Pacioretty qui est revenu de sa blessure et est devenu le premier Américain à marquer 30 buts dans l’histoire du Tricolore avant que Cole ne l’imite quelques matchs plus tard. « Je crois que la chose la plus importante était d’observer Colesy dans les matchs préparatoires, qui a déjà surmonté la même blessure que moi, foncer à toute allure dans un poteau à chaque montée. Ça m’a définitivement aidé mentalement. J’ai surpassé cette épreuve depuis longtemps et maintenant je n’y pense plus du tout. Mais j’ai eu besoin de quelques mises en échec avant de ne plus penser à mon cou. »


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