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Les grands honneurs aux grands joueurs

jeudi, 19.06.2014 / 15 h 13 / Canadiens de Montréal - Nouvelles
canadiens.com
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Les grands honneurs aux grands joueurs
M\u00EAme s\u2019il a patient\u00E9 un peu plus longtemps que ses compagnons du Big Three, Guy Lapointe ira enfin rejoindre Larry Robinson et Serge Savard dans les hauteurs du Centre Bell \u00E0 compter de la saison 2014-2015.

MONTRÉAL - Tout vient à point à qui sait attendre. Même s’il a patienté un peu plus longtemps que ses compagnons du Big Three, Guy Lapointe ira enfin rejoindre Larry Robinson et Serge Savard dans les hauteurs du Centre Bell à compter de la saison 2014-2015.

Pour le défenseur étoile, qui a porté l’uniforme du Tricolore lors des conquêtes de six coupes Stanley, l’honneur de voir son chandail enfin retiré est une surprise inattendue, bien qu’elle soit amplement méritée.

Le chandail du défenseur Guy Lapointe sera retiré durant la saison 2014-2015.

« C’est extraordinaire », avoue le principal intéressé. « Les joueurs avec qui je vais être en haut, je pense aux Jean Béliveau, Henri Richard, Guy Lafleur, Larry [Robinson], Serge [Savard]... Tu te contentais de les regarder, de les voir en haut. Je vais vous avouer en toute sincérité que je n’ai jamais pensé un jour que mon chandail serait retiré. Ça ne m’est jamais venu à l’esprit. Même quand Geoff Molson est arrivé avec Réjean [Houle], je n’ai jamais pensé au chandail. Je pensais qu’ils préparaient quelque chose pour l’été, avec les anciens. Ça a été une agréable surprise. C’était vraiment spécial pour moi et spectaculaire pour ma famille aussi. »

Si ses compagnons Savard et Robinson ont eu droit à ce grand honneur avant lui, celui qu’on surnomme « Pointu » n’a jamais ressenti de jalousie face à ses vieux amis, ce qu’il décrit comme l’une des grandes forces des équipes des Canadiens d’antan, alors que le club vivait certaines de ses plus belles années.

« La raison pour laquelle nous avions du succès dans les années 70, c’est parce que les joueurs se réjouissaient quand quelqu’un accomplissait quelque chose. Que ce soit Larry qui gagne le Conn Smythe ou Guy Lafleur qui compte 50 buts, on se réjouissait. C’est comme ça que j’ai vu la situation. J’étais très content pour eux. Je les ai appelés quand leurs chandails ont été retirés. Il n’y avait pas de jalousie, on était comme des frères. La camaraderie était très, très forte. »

Retrait du numéro 5 de Guy Lapointe

Vraisemblablement, la camaraderie est toute aussi forte aujourd’hui qu’elle ne l’était à l’époque. Ses deux anciens coéquipiers du Big Three étaient présents pour la conférence de presse de jeudi matin, visiblement fiers et émus de pouvoir partager ce moment avec leur grand ami.

« C’est quelque chose qu’on ne demande pas, c’est quelque chose qu’on donne par mérite, en raison de ce que tu as accompli dans l’histoire du Club de hockey Canadien », affirme Serge Savard, félicitant Lapointe. « Ça a aussi été un honneur pour moi d’évoluer aux côtés de Guy et de Larry. C’est le 18e chandail retiré, c’est un beau numéro », ajoute-t-il à la blague, faisant référence à son propre chandail, le numéro 18, qui est déjà accroché depuis 2006 au plafond du Centre Bell.

« C’est un grand honneur pour un grand joueur de hockey. C’est très mérité. Je suis content que le mien ait été retiré en premier, car j’ai finalement pu le battre à quelque chose », a lancé pour sa part Larry Robinson en rigolant, visiblement heureux pour son ancien coéquipier.

À ceci, Lapointe à tout simplement déclaré que, bien qu'il était heureux de voir ses deux coéquipiers jeudi, qu'il allait être encore plus heureux de les revoir là-haut.

Les coupes Stanley, un chandail retiré, sa présence au Temple de la renommée… Malgré tous ces grands exploits, la plus grande fierté de Pointu est, tout simplement, d’avoir eu la chance d’enfiler l’uniforme du Grand Club.

« Je viens de Montréal, j’habitais à 45 minutes de l’ancien Forum. Jouer pour Montréal, pour moi, c’était extraordinaire. Une bonne organisation qui développait des joueurs très bien, qui développe [encore] des joueurs très bien. D’être élu au Temple de la renommée, de faire partie des équipes canadiennes de 1972 et 1976 et là, le grand événement, mon chandail retiré… Je vis sur un nuage, présentement. C’est vraiment spécial et extraordinaire. Je ne sais pas quoi vous dire. »

Pour ses deux compagnons du Big Three, présents pour l’occasion, le moment était parfait pour célébrer leurs années passées avec Guy Lapointe… et aussi pour se remémorer certains des meilleurs tours de Pointu, qui avait la réputation d’être le grand farceur de l’équipe.

« J’aurais simplement aimé ne pas avoir à jouer toutes ces années avec Guy, comme ça je n’aurais pas eu mes sous-vêtements coupés, de la vaseline sur mon pare-brise et bien d’autres choses », se remémore Robinson à propos des nombreux tours de Lapointe. « Il faisait froid cette journée. Il pleuvait un peu et tu devais avoir des essuie-glaces. Dès que je les ai partis, je ne pouvais rien voir parce qu’il y avait de la Vaseline sur mon pare-brise. J’ai donc dû sortir ma tête par la fenêtre et m’arrêter au coin de la rue où il y avait une station-service. Il m’a fallu environ 15 minutes pour enlever toute la Vaseline. Je n’ai même pas eu à deviner [qui était responsable]. »

Même si Guy Lapointe a joué bon nombre de tours à ses coéquipiers, Serge Savard s’est déjà lui aussi amusé aux dépens de Pointu, et ce, alors que le jeune défenseur ne faisait pas encore partie en permanence de la brigade défensive de la formation. C’était, comme Savard le décrit, l’initiation de Lapointe avec les Canadiens.

« Guy évoluait à l’époque avec les Voyageurs au Forum de Montréal », se souvient l’ancien capitaine des Canadiens. « On patinait ensemble autour de la patinoire et c’était Gump Worsley qui était notre gardien. J’ai dit à Guy « Guy, Gump Worsley dans les pratiques, il aime beaucoup que tu lui envoies des lancers dans le haut du filet parce qu’il veut pratiquer ses top corners. » Guy patine autour de la patinoire tranquillement, envoie un lancer frappé – et Guy avait probablement un des meilleurs lancers sur l’équipe avec Larry – directement dans le haut du filet. Gump Worsley a enlevé ses deux gants et est parti après Guy autour de la patinoire. »

Ces événements se sont peut-être produits il y a très longtemps, mais nous avons l’impression que le Big Three va continuer à s’en reparler pour encore longtemps. Tout comme les partisans des Canadiens vont se rappeler pour toujours des exploits de Guy Lapointe et du Big Three.

Élise Robillard écrit pour canadiens.com.