Quand les chiffres parlent: 30, le nouveau 50?

jeudi, 13.03.2014 / 8 h 00 / Canadiens de Montréal - Nouvelles
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Quand les chiffres parlent: 30, le nouveau 50?
Lorsqu\u2019il est question de marquer des buts, que valent exactement les chiffres?

MONTRÉAL – Il ne fait aucun doute que marquer 50 buts en une saison est l’objectif ultime pour tous les francs-tireurs de la LNH. Mais lorsqu’il est question de marquer des buts, que valent exactement les chiffres?

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec l’Histoire, le nombre 50 peut sembler plutôt arbitraire. Et ce le serait si ce n’était de la performance incroyable de Maurice «Rocket» Richard en 1944-1945.

À l’automne 1944, alors que la Seconde Guerre mondiale était à moins d’un an de se terminer, un jeune hockeyeur de 23 ans, rapide, mais sujet aux blessures, amorçait sa troisième campagne professionnelle avec les Canadiens. Le Rocket avait démontré qu’il avait tout un flair pour marquer des buts, ayant trouvé le fond du filet 32 fois en 46 matchs l’année précédente. Toutefois, rien ne laissait présager qu’il allait briser le record de 44 buts de Joe Malone, obtenu en 20 matchs en 1917-1918. Mais Richard a débuté sa saison en force et n’a jamais regardé derrière. Il a brisé la marque de Malone et en a ajouté quelques-uns, marquant son 50e but avec seulement quelques minutes à faire dans le match numéro 50, faisant trembler le monde du hockey. C’était le début de la tradition.

Même si le nombre de matchs a graduellement augmenté à 60, puis 80 et finalement 82, la marque indélébile de 50 buts laissée par Maurice Richard est devenue le baromètre pour établir tout la grandeur offensive d’un joueur.

MTL 50-goal scorers

Season

GP

G

Stephane Richer

1989-90

75

51

Stephane Richer

1987-88

72

50

Guy Lafleur

1979-80

74

50

Pierre Larouche

1979-80

73

50

Guy Lafleur

1978-79

80

52

Guy Lafleur

1977-78

78

60

Steve Shutt

1976-77

80

60

Guy Lafleur

1976-77

80

56

Guy Lafleur

1975-76

80

56

Guy Lafleur

1974-75

70

53

Bernard Geoffrion

1960-61

64

50

Maurice Richard

1944-45

50

50

*****

Cela étant dit, les temps changent et le sport qu’est le hockey a également évolué. Depuis les moments de gloire de Richard, la Ligue est passée de six à 30 équipes, a allongé son calendrier de 64% et il se marque près de deux buts de moins en moyenne par match. D’un point de vue objectif, il ne fait aucun doute qu’il est plus difficile de marquer aujourd’hui que dans un monde où les jambières en cuir brun et les bâtons sans courbe étaient rois.

Bien qu’il n’atteindra peut-être pas la barre des 50 buts cette saison, Max Pacioretty n’en est pas moins un spécimen d’exception, marquant à une fréquence qui n’a pas été vue depuis que Stéphane Richer terrorisait les gardiens adverses à la fin des années 1980 et au début des années 1990.

Une façon assez simple d’avoir une base de comparaison égale entre Pacioretty, Richer, Guy Lafleur et Richard est d’ajuster leur nombre de buts marqués lors de leurs deux meilleures saisons, en fonction du nombre de matchs joués et de la moyenne de but marqués par match à leurs époques respectives.

 

Buts

Buts/82

BPM époque

Buts ajustés

% équipe

Pacioretty

 

 

 

 

 

2014*

30

38

5.51

49

18.1

2012

33

33

5.47

42

15.6

Richer

 

 

 

 

 

1990

51

52

7.43

49

17.7

1988

50

51

7.37

49

16.8

Lafleur

 

 

 

 

 

1980

50

51

7.03

51

15.2

1978

60

62

6.59

66

16.7

Richard

 

 

 

 

 

1947

45

62

6.32

68

23.8

1945

50

82

7.35

78

21.9

*Saison en cours

La différence est étonnante. Non seulement ce tableau met en perspective et rend encore plus impressionnants les exploits de Maurice Richard, mais il démontre également que de nombreux marqueurs de 35 ou 40 buts auraient atteint les 50 buts dans une époque différente. Si Pacioretty avait joué avec un Lafleur dans les années 1980 ou Richer dans les années 1990 il aurait certainement une chance d’atteindre les 50 buts. En ce moment, il est en voie de terminer la campagne 2013-2014 avec une récolte de 38 buts, sa meilleure en carrière.

L’ultime colonne du tableau est tout aussi intéressante, puisqu’elle indique le pourcentage de buts marqués par le joueur par rapport à ceux marqués par l’équipe dans une année donnée. Pacioretty, tout comme Richer et Lafleur, est un élément central de l’offensive du Tricolore. Mais Richard a souvent contribué pour plus d’un cinquième de la récolte globale de l’équipe, ce qui est absolument remarquable. Il est encore plus extraordinaire de constater qu’il aurait pu faire encore mieux que lors de la saison 1944-1945. En 1946-1947, Richard a obtenu «seulement» 45 buts, soulevant l’offensive montréalaise en marquant près du quart des buts de l’équipe en saison régulière. Il ne reste qu’à attendre pour voir si un jour, un joueur des Canadiens pourra simplement s’approcher de ces chiffres.

Jack Han écrit pour canadiens.com. Traduit par Vincent Cauchy.

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