Q&R de La Première Ligne: Stéphane Richer et Geoff Molson

samedi, 01.03.2014 / 17 h 22 / Canadiens de Montréal - Nouvelles
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Q&R de La Premi\u00E8re Ligne: St\u00E9phane Richer et Geoff Molson
Les membres de La Premi\u00E8re Ligne, le fan club officiel pour adultes des Canadiens, ont eu la chance de mettre \u00E0 l\u2019\u00E9preuve St\u00E9phane Richer et Geoff Molson samedi apr\u00E8s-midi, \u00E0 l\u2019occasion de la derni\u00E8re s\u00E9ance de questions\/r\u00E9ponses de la saison 2013-2014.

MONTRÉAL - Les membres de La Première Ligne, le fan club officiel pour adultes des Canadiens, ont eu la chance de mettre à l’épreuve Stéphane Richer et Geoff Molson samedi après-midi, à l’occasion de la dernière séance de questions/réponses de la saison 2013-2014.

Le plus jeune joueur dans l’histoire des Canadiens à avoir inscrit 50 buts en une saison, Stéphane Richer a été une machine offensive durant ses 17 saisons dans la LNH. Choix de première ronde de l’équipe en 1984, Richer a passé les six premières campagnes de sa carrière avec le Tricolore, remportant la coupe Stanley à sa saison recrue aux côtés de Patrick Roy, Bob Gainey et Larry Robinson en 1985-1986. Le spécialiste du lancer frappé a passé un peu plus d’une heure à répondre aux questions de La Première Ligne, de son avis sur le hockey d’aujourd’hui comparativement à son époque et combien de buts qu’il marquerait de nos jours, jusqu’à savoir qui il pense sera le prochain marqueur de 50 buts à Montréal.

Comment t’es-tu senti lorsque tu as été échangé au New Jersey et est-ce difficile de s’adapter à une nouvelle équipe? Comment c’est d’affronter ses anciens coéquipiers sur la glace?

STÉPHANE RICHER : Je me souviens de cette soirée comme si c’était hier. Le soir où j’ai été échangé au New Jersey, il n’y avait pas de téléphones cellulaires et il n’y avait pas autant de journalistes que maintenant. Nous disputions un match préparatoire contre les Bruins de Boston et je participais à l’échauffement. Monsieur Palchak était notre préposé à l’équipement et je ne l’avais jamais vu marcher aussi rapidement derrière le banc avant. Il me faisait signe « Viens ici Riche. Je dois te parler », m’a-t-il dit. « Sors de la patinoire, tu viens d’être échangé. » Je pensais qu’il blaguait. Personne ne savait encore où j’avais été échangé, il m’avait seulement dit de quitter la glace. J’ai enlevé mon chandail et le téléphone a sonné. Il n’y avait qu’un téléphone dans le vestiaire du Forum. J’ai décroché et c’était Serge Savard m’annonçant : « La meilleure chose pour toi est de quitter Montréal et je t’ai échangé au New Jersey. À l’époque, New Jersey, rappelez-vous que Gretzky les avaient qualifiés de Mickey Mouse quelques semaines avant ça. Je quittais Montréal pour le New Jersey – de la première à la dernière place – et je me souviens que la salle de conférence de presse était bondée. Au New Jersey, personne n’est venu me chercher à l’aéroport, personne ne savait que je faisais partie de l’échange qui impliquait aussi Tom Chorske et un gars qui conduisait une station-wagon m’a dit : « T’es Stéphane Richer? Deux choses : Premièrement, bienvenue au New Jersey. Deuxièmement, je ne t’aime pas. » (rires) Nous n’avions pas une grande équipe, mais nous avions quelques bons joueurs comme Scott Stevens et Claude Lemieux était là depuis l’année d’avant. La meilleure chose qui est survenue pour les Devils est lorsqu’ils ont embauché Jacques Lemaire et Larry Robinson. Tout a changé et ils ont remporté trois coupes Stanley en neuf ans. Je me souviens la première fois où je suis revenu à Montréal, notre premier entraînement était aux 4 glaces de Brossard. Mon entraîneur était Tom McVie et il était de la vieille école et ne comprenait pas l’ampleur de Montréal. Les Canadiens l’avait prévenu que l’aréna serait plein à l’entraînement, Tom a ri pensant qu’il n’y aurait que 12 partisans. Lorsque j’ai sauté sur la glace, c’était plein à craquer et les partisans m’encourageaient. Même si ça a été difficile de jouer ce match, je vais toujours me rappeler comment les gens ont été bons avec moi. À chaque fois que je revenais à Montréal, avec les Devils ou les Penguins pour le dernier match en ville de Mario Lemieux, c’était toujours spécial, surtout au vieux Forum.

Je suis un partisan depuis les années 1940. Tu as évolué pour plusieurs différents entraîneurs dans la LNH. Je voudrais savoir quel impact ces entraîneurs ont eu sur toi parce que tu étais utilisé de manière différente partout. Qui a été ton préféré?

SR : Bonne question. Le meilleur entraîneur a été Jacques Lemaire parce qu’il a fait de moi une meilleure personne. Il est le seul gars qui m’a échangé deux fois : de Montréal au New Jersey et ensuite du New Jersey à Montréal. Mais c’était un génie. Il était avant-gardiste. La façon qu’il regardait les matchs et ses joueurs, je me souviens en 1995 face aux Bruins en séries éliminatoires, nous n’étions pas supposés être là. Nous avions fait les séries de justesse et avions été chanceux d’éliminer Buffalo en sept matchs, en prolongation. Jacques nous avait dit : « Raymond Bourque ne pivote jamais sur son revers. » Nous ne comprenions pas pourquoi il nous disait ça. Mais chaque fois que nous dégagions la rondelle, il la récupérait sur son côté fort. Son partenaire Don Sweeney était gaucher et chaque fois qu’il lui faisait une passe, Raymond la recevait sur son revers. Nous avons commencé à l’apprendre au Garden de Boston, qui était une petite patinoire, il n’avait donc pas beaucoup de temps pour faire ses passes. Ce sont des petites choses comme ça qui nous ont fait croire que nous pouvions les battre. Nous les avons éliminés en cinq matchs. Aujourd’hui avec toutes les séances vidéo, ils savent toutes ces choses. Mais dans les années 1980 lorsque j’étais à Montréal, nous n’avions pas ça. La partie était à huit heures et Chris Chelios arrivait à 19h15, juste à temps pour l’échauffement de 19h35. Maintenant les joueurs arrivent deux heures avant un match, visionnent des vidéos d’infériorité numérique, d’avantage numérique, 5 contre 5. Mais à l’époque, nous n’avions pas ça.

Avec l’évolution du sport en raison de la vitesse et de la grosseur des joueurs et de leur équipement, y a-t-il quelque chose qui peut être fait pour diminuer les blessures ou les coups à la tête?

SR : Il n’y a pas de secret. Ça revient au respect. Chaque fois que je fais des conférences dans des écoles ou lorsque je vais parler à des jeunes dans des prisons juvéniles, c’est toujours la première question qu’on me pose et la réponse est « le respect ». À mes débuts dans la LNH, Lanny McDonald était le capitaine des Flames et il ne portait pas de casque. Une fois je suis arrivé derrière lui et je l’ai frappé par derrière. Il était un monstre. Je l’ai frappé tellement fort que lorsqu’il s’est relevé, il m’a regardé et je pensais qu’il allait me tuer. Il m’a empoigné et je cherchais John Kordic et Shayne Corson pour venir m’aider. Il m’a simplement dit : « Tu sais quoi le jeune? La prochaine fois que tu fais ça, je te tuerai. » Je lui ai dit que je retournais dans les juniors le lendemain, je n’allais le revoir que trois plus tard. (rires) À mon retour au banc, Larry Robinson m’a dit : « Ne frappe jamais un joueur de qui le nom arrive à la hauteur de ton visage. » C’était tout. Ne frappe jamais par derrière. Maintenant c’est différent. Le jeu est tellement rapide. Vous voyez des gars qui se frappent avec leur bâton tout le temps. Si vous arrivez près d’un gars et qu’il est à deux pieds de la bande, arrêtez. C’est mauvais pour le sport. Dans chaque sport, vous allez dans les écoles et parlez aux enfants à propos du respect, mais ils regardent ce qui se passe à la télé et veulent faire de l’argent et devenir des vedettes, mais le respect n’est pas là. C’est triste. Vous voyez les joueurs de la NBA qui ont plein de tatouages et comment voulez-vous dire aux jeunes que ce n’est pas bien de se faire tatouer? Ils se disent : « Je vais me faire faire un tatouage et ça va me faire devenir un meilleur joueur. » Vous ne pouvez pas défendre ça. C’est la nouvelle génération – pensez-vous que Jean Béliveau a des tatouages? J’en doute. Les choses ont changé et le respect est l’un d’entre elles. Le respect du sport et le respect des autres.

Après Richer, ce fut au tour du propriétaire et président des Canadiens Geoff Molson de répondre aux questions, pour savoir comment il gère son entreprise et comment les choses ont changé depuis que sa famille avait acheté les Canadiens en 1957.

Après avoir regardé les Jeux olympiques et vu ce qui est arrivé à John Tavares, êtes-vous toujours d’accord pour que les joueurs de la LNH participent aux prochains Jeux d’hiver?

GEOFF MOLSON : J’ai beaucoup appuyé cette cause lors de ces Jeux olympiques. Je crois que tous les joueurs veulent jouer pour leur pays. Le niveau de hockey est le meilleur parce que ce sont les meilleurs qui y participent. J’adore les Olympiques et j’ai particulièrement aimé voir Carey Price remporter la médaille d’or pour le Canada. Je pense qu’il n’a accordé que trois buts en cinq matchs là-bas. Aujourd’hui, je suis toujours en accord. C’est excellent pour les Canadiens et les Québécois de voir les meilleurs joueurs au monde représenter leurs pays respectifs.

Monsieur Molson, je voudrais savoir ce qui vous a préparé dans votre cheminement pour devenir président des Canadiens?

GM : Je crois que ce sont les expériences de vie qui s’accumulent et qui vous prépare pour ce que vous voulez faire dans la vie. Que ce soit dans une entreprise de bière ou chez les Canadiens de Montréal, j’ai toujours voulu devenir président. J’ai toujours voulu apprendre et me souvenir des choses importantes pour devenir le meilleur président possible. Je crois aussi fermement par le fait d’être entouré par de grandes personnes. Je mets beaucoup d’emphase pour m’assurer que je suis entouré des meilleurs pour m’aider à atteindre les buts de l’organisation. C’est une combinaison de ces deux choses. Je ne crois pas être différent des autres. Je savais ce que je voulais faire et j’avais ça comme objectif depuis que j’étais enfant.

Votre famille possède l’équipe depuis votre tendance enfance. Maintenant c’est à votre tour. À quel point l’équipe et l’organisation ont elles changé et qu’avez-vous gardé du modèle utilisé par votre famille à l’époque pour vous aider aujourd’hui?

GM : Bonne question. Je vais répondre à la deuxième question en premier. Mon grand-père et mon grand oncle ont acheté l’équipe en 1957. Ma famille est impliquée depuis tellement longtemps et une des choses qu’ils ont toujours faites était de prendre leurs distances de l’équipe. Nous étions proches, mais nous respections l’équipe en réalisant à quel point cette équipe est spéciale aux yeux des Québécois. Nous sommes près de l’équipe et nous sommes impliqués, mais nous ne nous occupons pas des opérations quotidiennes; nous trouvons les meilleurs pour le faire. Concernant ce qui a changé, vous êtes ici parce que nous sommes plus accessibles. La communication est plus grande. Je suis certain qu’il y a beaucoup de personnes sur Twitter ou Facebook qui savent ce que j’ai dit dans ma dernière réponse parce que nous avons des personnes qui s’occupent de ça. Nous sommes dans un monde différent, vous avez accès au président, au directeur général et aux entraîneurs en temps réel grâce aux médias sociaux.

L’équipe fait partie de votre famille depuis que vous êtes enfant. Quel joueur vous a le plus impressionné, autant sur la patinoire qu’à l’extérieur?

GM : Il y en a eu beaucoup parce que j’ai eu la chance d’en rencontrer et d’en voir tellement au fil des années. Mais de loin, le plus grand a été Jean Béliveau. Il a 82 ans maintenant et il a passé 62 années de sa vie à représenter l’organisation du mieux qu’il pouvait. Lorsque quelqu’un veut lui parler, il prend le temps de lui parler. Lorsque quelqu’un lui écrit, il répond lui-même. Il signe des autographes, il répond toujours aux questions avec respect et il a remporté 10 coupes Stanley pour l’équipe. Il était un grand capitaine. Nous avons aussi d’autres excellents ambassadeurs. Réjean Houle nous représente également très bien dans plusieurs communautés partout au Québec.

Je crois que vous êtes l’un des propriétaires les plus chanceux dans la Ligue parce que vous avez la chance de de posséder la meilleure équipe de la Ligue. Mais si vous pouviez posséder une autre équipe pendant 24 heures, ce serait laquelle et pourquoi?

GM : Pour aider l’équipe à gagner ou perdre? (rires) Non, j’ai le plus grand des respects pour les 29 autres équipes de la ligue. Elles sont toutes très bien gérées. Nous nous entendons tous bien – à l’extérieur de la glace. Les propriétaires et les directeurs généraux sont proches et il y a des organisations que je respecte beaucoup comme Detroit, Pittsburgh et Chicago, entre autre. Ce sont des hommes d’affaires avec qui j’aime travailler et j’ai beaucoup de respect pour eux. Mais je ne veux pas posséder aucune de ces équipes. Celle-ci est celle que je veux avoir.

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Shauna Denis écrit pour canadiens.com. Texte traduit par Hugo Fontaine.

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