Quand les chiffres parlent: Plekanec à l’assaut

mardi, 11.02.2014 / 9 h 00 / Canadiens de Montréal - Nouvelles
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Quand les chiffres parlent: Plekanec \u00E0 l\u2019assaut
Depuis qu\u2019il a fait son entr\u00E9e avec les Canadiens en 2005, Tomas Plekanec a su contribuer, dans toutes les situations. Sans sacrifier son apport offensif, le centre tch\u00E8que s\u2019est \u00E9tabli comme un des meilleurs sp\u00E9cialistes du d\u00E9savantage num\u00E9rique de la Ligue.
MONTRÉAL – Depuis qu’il a fait son entrée avec les Canadiens en 2005, Tomas Plekanec a su contribuer, dans toutes les situations. Sans sacrifier son apport offensif, le centre tchèque s’est établi comme un des meilleurs spécialistes du désavantage numérique de la Ligue.

Le mirage des buts en désavantage numérique

Le 16 janvier 2014, alors qu’un de ses coéquipiers se retrouvait au banc des pénalités, Tomas Plekanec est embarqué sur la glace en première période contre les Sénateurs d’Ottawa. Trente secondes plus tard, Travis Moen lui a habilement fait une passe par la bande, envoyant Plekanec en échappée. Ce dernier n’a pas raté sa chance. Il s’agissait de son troisième but en désavantage numérique en 2013-2014 et de son 15e en carrière.

Bien que spectaculaire et mémorable pour ceux qui l’ont vu, il n’en demeure pas moins que ce genre de jeu ne rend pas totalement justice au travail acharné fait pour écouler des pénalités. Au niveau de la LNH, il est très difficile de marquer à court d’un homme. Durant une saison de 82 matchs, un joueur risque de se retrouver sur la glace pour neuf buts en avantage numérique de l’adversaire, avant de voir son équipe marquer avec un homme en moins. Même pour certains vétérans aguerris comme Marian Hossa, Brad Marchand ou Mike Richards, la réflexion est généralement longue avant de prendre une telle chance en désavantage numérique. La plupart du temps, ils préfèreront se débarrasser de la rondelle plutôt que de risquer de donner un surnombre. On ne peut donc pas dire qu’il y ait vraiment une corrélation entre les buts en désavantage numérique et l’efficacité dans une telle situation.

Meilleurs marqueurs en infériorité numérique

Buts depuis 2010

Total

En DN

Marian Hossa

118

13

Brad Marchand

84

12

Frans Nielsen

66

10

Eric Staal

118

9

Mike Richards

91

9

Michael Grabner

84

9

Cal Clutterbuck

58

9

Patrick Marleau

150

8

Alexandre Burrows

102

8

Tomas Plekanec

94

8



Pour qu’un joueur ait une chance de marquer en désavantage, il aura besoin de sa part de chance. Un rebond chanceux, un revirement opportun du gardien adverse ou un changement mal calculé. D’autres statistiques permettent de mettre en lumière ce qui fait de Tomas Plekanec un des meilleurs dans ce qu’il fait.


Les atouts du spécialiste du désavantage

Quels sont donc ces chiffres qui permettent d’évaluer le travail de Plekanec ou des 75 autres attaquants de la LNH qui ont disputé au moins 300 minutes à 4 contre 5 entre 2010 et 2013? En comparant trois statistiques précises, il est possible de mieux apprécier la façon dont les joueurs les plus utilisés en infériorité numérique se mesurent les uns aux autres.

Buts contre par tranche de 60 minutes 4 vs. 5

#

Nom

Équipe

LC60

1

ELIAS, PATRIK

New_Jersey

36.43

2

COUTURIER, SEAN

Philadelphia

41.10

3

GIROUX, CLAUDE

Philadelphia

41.26

4

DUPUIS, PASCAL

Pittsburgh

41.51

5

TALBOT, MAXIME

Philadelphia

42.16

6

PRUST, BRANDON

Montreal

42.23

 

 

 

16

PLEKANEC, TOMAS

Montreal

45.39

 

 

 

74

REASONER, MARTY

NY_Islanders

56.57

75

FIDDLER, VERNON

Dallas

58.49

76

KORPIKOSKI, LAURI

Phoenix

58.95



Les buts contres sont probablement la statistique la plus simple pour mesurer l’efficacité à court d’un homme. Le problème toutefois avec cette statistique, c’est qu’un joueur est à la merci de l’efficacité de son propre gardien. Jannik Hansen, Ryan Smyth et Josh Bailey prennent les trois premiers rangs, eux qui voient leurs gardiens respectifs bloquer environ 91 % des tirs reçus. De son côté, Antoine Vermette voit son efficacité diminuer en raison du pourcentage d’arrêt de 83,59 % des gardiens des Coyotes alors qu’un de leurs joueurs est au cachot. De son côté, Tomas Plekanec peut compter sur des gardiens au-dessus de la moyenne en Peter Budaj et Carey Price, présentant des chiffres qui le placent plutôt bien dans le top-25 de la LNH.

Lancers contre par tranche de 60 minutes 4 vs. 5

#

Nom

Équipe

LC60

1

ELIAS, PATRIK

New_Jersey

36.43

2

COUTURIER, SEAN

Philadelphia

41.10

3

GIROUX, CLAUDE

Philadelphia

41.26

4

DUPUIS, PASCAL

Pittsburgh

41.51

5

TALBOT, MAXIME

Philadelphia

42.16

6

PRUST, BRANDON

Montreal

42.23

 

 

 

16

PLEKANEC, TOMAS

Montreal

45.39

 

 

 

74

REASONER, MARTY

NY_Islanders

56.57

75

FIDDLER, VERNON

Dallas

58.49

76

KORPIKOSKI, LAURI

Phoenix

58.95



Si on désire enlever la performance du gardien de l’équation, il suffit de se pencher sur le nombre de tirs accordés plutôt que sur le nombre de buts. Encore une fois, Plekanec se compare avantageusement aux autres attaquants, se retrouvant au 16e rang du circuit Bettman pour le nombre de tirs concédés par 60 minutes de jeu à 4 contre 5. Il faut noter que Brandon Prust, habitué à bloquer des tirs et à jouer un style robuste, présente également de bonnes statistiques à ce chapitre, se situant au 6e rang.

Lancers dirigés vers le filet (60 minutes 4 vs. 5)

#

Nom

Équipe

TOI

Points DN

iCorsi/60

1

GRABNER, MICHAEL

NY Islanders

349:48:00

7

12.35

2

PLEKANEC, TOMAS

Montreal

522:07:00

7

8.963

3

CONDRA, ERIK

Ottawa

369:25:00

5

8.283

4

RICHARDS, MIKE

Los Angeles

365:04:00

9

8.218

5

KESLER, RYAN

Vancouver

372:54:00

4

8.206

 

 

 

 

 

74

REASONER, MARTY

NY Islanders

344:44:00

0

2.263

75

GAUSTAD, PAUL

Nashville

388:15:00

2

2.164

76

KOIVU, SAKU

Anaheim

347:16:00

0

2.073



Voici une autre raison pour laquelle Tomas Plekanec est un joueur-clé pour les entraîneurs des Canadiens dans des situations délicates. Plekanec fait partie des meilleurs au monde pour prendre le contrôle de la rondelle et obtenir des occasions de marquer, même quand son équipe doit se défendre avec un homme en moins. En forçant des revirements, en évitant l’échec avant et en transportant la rondelle, l’attaquant tchèque réussit à écouler du temps au cadran et à éviter que l’équipe adverse s’installe dans la zone. Comme il a été démontré précédemment avec le cas P.K. Subban, la meilleure défensive est souvent l’offensive.

Bien que certains attaquants comme Jonathan Toews, Pavel Datsyuk et Patrice Bergeron voient leurs noms être souvent impliqués dans les discussions pour le Selke et certains joueurs plus agressifs comme Michael Grabner et Marian Hossa marquent plus souvent, Tomas Plekanec demeure un des meilleurs en la matière. Grâce à une combinaison de flair défensif et de vision offensive, Plekanec fait sa marque, peu importe la situation.

Jack Han écrit pour canadiens.com. Traduit par Vincent Cauchy.


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