Une rivalité est officiellement née

dimanche, 05.05.2013 / 23 h 40 / Canadiens de Montréal - Nouvelles
canadiens.com

OTTAWA – Peu importe qui a dit que les rivalités se bâtissent en séries peut aller se coucher l’âme en paix : il a absolument raison.

Tandis que la rivalité Canadiens-Sénateurs était purement basée sur la proximité géographique des deux équipes et plutôt artificielle depuis le retour du hockey de la LNH dans la capitale nationale en 1992, trois matchs en séries ont permis d’officialiser qu’il n’y a aucun amour perdu entre les deux formations de la division Nord-Est. La rivalité est maintenant bien réelle.

Guerre de mots, batailles sur la patinoire, mises en échec douteuses, tout y est. Et pour compléter le tout, pour s’assurer que le feu de la rivalité soit bien vif, prenez un temps d’arrêt lorsque votre équipe mène 6 à 1 avec 17 secondes à faire et les hostilités sont pleinement lancées.

« Une chose est certaine, un temps d’arrêt avec 17 secondes, c’est rare que tu vois ça », a avoué l’entraîneur-chef des Canadiens Michel Therrien après avoir vu les Sénateurs prendre les commandes de la série 2 à 1. « Tu laisses les joueurs dicter le match. En tant qu’entraîneur, tu ne veux jamais humilier l’autre équipe. C’est exactement ça que[Paul] MacLean a voulu faire. Pour moi, c’est un manque de classe.  Même quand je le mentionnais à l’arbitre, lui aussi, avec 17 secondes, il n’avait jamais vu ça. »

Après deux périodes plutôt tranquilles, les choses se sont donc enflammées en troisième période. Les Sénateurs ont inscrit quatre buts, sept combats ont éclaté, donc cinq simultanément. Ceux qui sont nostalgiques de la rivalité Canadiens-Nordiques ont été servis à souhait alors que 236 minutes de punitions ont été décernées au cours de la rencontre, soit 16 de moins que la tristement célèbre Bataille du Vendredi saint du 20 avril 1984 et son total de 252 minutes.  Sans oublier que le match a également été ponctué de 91 mises en échec.

« C’est ce qui arrive dans les séries. Lorsque des équipes s’affrontent plusieurs fois d’affilée, il y a beaucoup d’émotions dans ces matchs. Les deux équipes sont engagées et l’émotivité monte d’un cran. C’est enflammé. C’est enrageant. Il y a beaucoup de haine entre les deux équipes présentement », d’indiquer Josh Gorges, qui était l’un des trois défenseurs encore disponibles chez les Canadiens pour terminer la rencontre.

De retour au jeu après avoir raté le deuxième match, Max Pacioretty croit que cette troisième période sera un excellent test pour valider la qualité de la formation montréalaise.

« Les bonnes équipes en séries sont en mesure de surmonter l’adversité », a clamé Pacioretty, qui mené les Canadiens avec cinq tirs au but. « En regardant l’adversité de cette troisième période, ça n’aurait pas pu être pire pour nous. Nous avons été humiliés. C’est le temps de nous regarder dans le miroir et nous devons être meilleurs, en espérant que nous ferons ça dès la première mise en jeu lors du prochain match.

 « C’est frustrant. Il y a beaucoup d’émotions », de poursuivre Pacioretty.  « Nous n’allons pas reculer devant personne. Beaucoup de gars se sont tenus debout pour leurs coéquipiers. Nous devons toutefois trouver une façon de compétitionner et de s’inscrire au tableau  lors de la prochaine partie. »

L’auteur du seul but des Canadiens dans la défaite, Rene Bourque  est loin d’être prêt de crier « Mononcle ». Il reste encore bout de matchs à gagner avant qu’une poignée de main ait lieu au centre de la glace.

« Ça rend la série encore plus intéressante », d’avouer Bourque, qui a amassé au moins un point lors des trois premiers matchs. « Nous avons déjà hâte au match numéro 4. Ça va être agréable. Ça va être une bataille. Nous ne sommes pas battus. Nous tirons de l’arrière par un match. Nous gagnons le prochain match et nous sommes de retour dans la série. »

En attendant, il y a une seule façon de tourner la page.

« Demain, nous devons nous regrouper », de conclure Brian Gionta, qui effectuait également un retour au jeu dimanche soir. « Ce n’est pas différent des autres défaites, peu importe le pointage. En séries, une défaite est une défaite.  Nous tirons de l’arrière dans la série 2 à 1.  Nous devons trouver une façon de l’emporter lors du quatrième match. »

Alexandre Harvey écrit pour canadiens.com

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