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Le dernier mot : Bret Hart

jeudi, 04.04.2013 / 14 h 00 / Canadiens de Montréal - Magazine CANADIENS
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Le dernier mot : Bret Hart
© World Wrestling Entertainment, Inc.

Plusieurs événements mémorables sont survenus au Centre Bell durant sa courte existence, mais peu ont vu leur impact durer aussi longtemps que le Survivor Series de la WWE (autrefois WWF) de 1997, le soir où est survenu le désormais célèbre « Montreal Screw Job ». L’homme au milieu de cette controverse qui a fait le tour du monde de la lutte, Bret « The Hitman » Hart, aura eu un impact encore plus grand dans l’arène au cours de ses plus de 30 années de carrière. Nous avons discuté avec l’ancien lutteur de 55 ans à l’occasion de son premier passage au Centre Bell depuis 1997, pour en apprendre un peu plus sur sa légendaire carrière, qui l’a également menée vers le monde du hockey.

Plus de 30 années se sont écoulées depuis tes débuts dans l’arène. Es-tu surpris ou renversé par l’amour que les fans ont toujours pour le « Hitman » ?
BRET HART :
Je le suis, mais si ça prouve quelque chose, c’est que j’ai toujours travaillé fort chaque soir. J’ai toujours pensé, surtout lorsque les caméras étaient en marche, qu’on me filme et que quelqu’un regardera ça un jour. J’ai toujours tout donné dès que la cloche sonnait. J’adorais aller dans l’arène chaque soir, c’était la meilleure partie de l’emploi. J’ai toujours aimé marcher vers la scène. J’ai toujours cru être un véritable artiste de la lutte professionnelle. J’aime la passion qui en découle, c’est ce qui rend ce métier unique.

Nous devons l’admettre, nous étions très excités de te revoir dans notre ville. As-tu été difficile à convaincre pour effectuer ta première apparition au Centre Bell depuis le fameux « Montreal Screw Job » de 1997 ?
BH :
Vous savez, c’était une de ces choses que j’ai toujours espérée en secret. Je ne m’y attendais pas, mais en même temps, je savais que Monday Night RAW revenait à Montréal et que ça aurait du sens s’ils m’appelaient. Je ne savais pas à quoi m’attendre, mais juste le fait de retourner à Montréal et d’avoir l’opportunité de m’adresser à nouveau aux partisans montréalais et de clore les choses de belle façon était très spécial. Je suis très fier que les partisans montréalais aient été derrière moi lors de cette soirée de 1997. Je crois qu’on a partagé cette douleur. Je vais toujours m’en rappeler.

Les partisans de Montréal crieront à jamais « You screwed Bret » ou chahuteront toujours Shawn Michaels et/ou Vince McMahon lorsqu’ils seront en ville. Y a-t-il une partie de toi qui savoure toujours ces moments?
BH :
Ça l’a toujours signifié quelque chose à mes yeux. Au fil des années, je suis venu à Montréal à plusieurs reprises. J’y venais passer des tests neurologiques après avoir subi ma commotion cérébrale. Chaque fois que je revenais, des partisans qui étaient là ou qui savaient ce qui s’était passé en 1997 m’arrêtaient; c’est un moment que nous avons vécu ensemble. Avoir l’opportunité de revenir, de le partager avec mes admirateurs, c’est aussi important que tout ce que j’ai fait avec la WWE depuis 15 ans. C’était un moment important pour moi. Je crois que ce l’était pour mes partisans montréalais qui me suivent depuis toutes ces années. C’était un grand moment pour les Canadiens et les partisans de lutte de partout dans le monde qui comprennent que c’est la conclusion de l’épisode du Montreal Screw Job. Je suis content que nous soyons maintenant en bons termes et que nous ayons fait la paix. La paix est bien meilleure.

© World Wrestling Entertainment, Inc.

Tu as pu donner une raclée à Vince à Wrestlemania 26. Est-ce que cette revanche planifiée a aidé à adoucir la véritable amertume découlant de cette trahison?
BH :
J’ai eu beaucoup de plaisir à mon retour. Vous devez le voir de ma perspective : un gars qui a subi un accident vasculaire cérébrale, qui était dans un fauteuil roulant et qui pensait y demeurer pour le reste de ses jours. Mais c’est du passé maintenant. C’était une période très sombre. Si quelqu’un m’avait dit à l’époque que je retournerais à la WWE, que nous serions en bons termes et que je donnerais toute une raclée à Vince McMahon à Wrestlemania, j’aurais pensé que c’était des paroles en l’air et que ça n’arriverait jamais. Lorsqu’on me demande pourquoi je suis revenu, je l’ai fait parce que c’était le temps de s’amuser. J’ai aimé marcher sur la passerelle à Phoenix devant 80 000 partisans de lutte. Pour moi, c’était un beau petit moment magique et je vais le prendre. Revenir à Montréal en était un autre. Je n’avais pas nécessairement besoin d’y retourner, mais en même temps, j’avais cette irrésistible opportunité d’y aller en raison de l’amour que j’ai reçu des partisans d’ici qui m’ont supporté. Lorsque la WWE m’a contacté et m’a demandé de revenir à Montréal, j’ai accepté sans hésiter.

Quel est ton plus beau souvenir de Montréal ?
BH :
Je me souviens que le Hart Foundation et les frères Rougeau ont eu de très bons combats par équipe au Forum de Montréal. C’était plein à chaque fois. Je me souviens qu’une fois les Rougeau nous avaient soutiré nos ceintures et nous les avons escortés de l’arène alors que les spectateurs célébraient ce moment. C’était tout un combat et tout un moment pour les frères Rougeau parce qu’ils devenaient finalement champions par équipe. Bien sûr, l’arbitre a dû renverser sa décision en raison d’un petit détail, mais c’était un moment magique pour tout le monde présent ce soir-là. Je me souviens que Dick Irvin, qui était un grand admirateur du Hart Foundation, est arrivé en coup de vent dans le vestiaire à la fin et il ne pouvait pas croire qu’on s’était fait voler nos titres. Il était très furieux ! (rires)

Tu es originaire de Calgary ; devrions-nous assumer que tu étais un partisan des Flames dans ta jeunesse ?
BH :
J’ai toujours tenté d’être un partisan des Flames, mais j’ai réalisé que j’aimais davantage les Oilers. Je suis davantage un partisan des Flames depuis environ 15 ans parce que je suis détenteur de billets de saison. J’aime surtout le hockey. Je ne suis pas aussi satisfait des Flames comme équipe que j’aimerais l’être. Je suis un grand supporter de toutes les équipes canadiennes et du hockey au Canada en général. J’aimerais les voir s’améliorer. Mais je suis également un grand partisan des Canadiens de Montréal.

Bret à l'époque où il était propriétaire du Hitmen de Calgary dans la WHL.

Tu étais l’un des premiers propriétaires des Hitmen de Calgary dans la WHL, à quel point est-ce spécial d’avoir une équipe de hockey nommée en son honneur?
BH :
C’est tout un honneur. J’ai une excellente relation avec les gens des Hitmen. J’ai toujours été et je serai probablement toujours derrière eux. J’aurai toujours une relation spéciale avec l’équipe et ses partisans. Je suis vraiment très fier d’avoir fait partie du groupe qui a ramené le hockey junior à Calgary. Les Flames ont fait de l’excellent travail pour toujours assembler une bonne équipe au fil des années. Nous avons toujours eu une équipe compétitive qui faisait régulièrement partie des meilleures. Nous avons vécu des hauts et des bas, mais nous avons une riche histoire et de grands joueurs sont passés ici comme Ryan Getzlaf et beaucoup d’autres qui évoluent maintenant dans la LNH. Je me considère chanceux d’avoir pataugé dans le monde du hockey. Venant de l’univers de la lutte, il y avait beaucoup de comparaisons entre le Stampede Wrestling de mon père et la WWE tout comme le hockey junior avec la LNH. Une chose que j’ai apprise de mon expérience au hockey est que les personnes qui y sont impliquées sont les plus gentilles qui existent. En partant des parents jusqu’aux joueurs et même aux partisans, c’est quelque chose d’incroyable lorsque vous en faites partie.

Bien que tu aies passé la majorité de ton temps à t’entraîner dans le « donjon » de ton père à l’époque, trouvais-tu le temps de t’améliorer sur une patinoire ?
BH :
Je rêvais de devenir joueur de hockey, mais d’où je venais en comparaison avec les patinoires de hockey et le fait que je venais d’une famille de 12, c’était plus facile de me lancer une paire de bottes de lutte et d’aller dans le sous-sol, plutôt que de m’emmener à la patinoire et de m’acheter tout l’équipement. Ça n’allait pas arriver dans ma famille. J’aurais aimé devenir joueur de hockey et j’aurais aimé grandir dans un environnement avec des parents qui m’auraient emmené aux pratiques de hockey. Les parents de hockeyeurs sont des personnes dédiées; vous devez avoir des parents très spéciaux pour faire ça pour vous. Les miens étaient les meilleurs, mais ils ont simplement eu tellement d’enfants ! (rires)

Étais-tu aussi « l’Excellence de l’exécution » sur la glace également ?
BH :
Non. Si vous m’aviez vu patiner, vous m’auriez dit d’aller chercher mes bottes de lutte !

Lorsqu’il est question des joueurs de hockey, qui considères-tu comme le meilleur actuellement, le meilleur auparavant et le meilleur à jamais ?
BH :
Je crois toujours que Wayne Gretzky était le meilleur, mais Sidney Crosby accomplit tellement de choses extraordinaires. Parfois lorsque je le regarde jouer, je me dis : « Je ne sais pas si Gretzky pouvait faire ça ». Je vais rester avec Gretzky, mais Sidney le suit de très près.

Parlant des « meilleurs », d’après toi, quel a été le meilleur combat de ta carrière?
BH :
Probablement celui que j’ai eu face au British Bulldog au Stade Wembley à Summerslam en 1992, simplement à cause de l’époque, de l’expérience et de la foule. Deux gentils s’affrontaient, ce qui est plutôt rare. Si vous regardiez ce combat aujourd’hui, vous verriez que chacun des 82 000 spectateurs était rivé à chacun de nos mouvements, du début à la fin. C’était dramatique et les partisans étaient plongés dans l’action. Lorsque je regarde ce combat de nos jours, je regarde ces partisans et je me dis qu’il n’en existe plus comme eux de nos jours. Ça représente tout ce qui est bon dans la lutte professionnelle. Toutes ces choses que des films comme Le Lutteur n’ont pas réussi à capter, c’est la réflexion opposée. Selon moi, c’est là que la lutte est à son meilleur. Je me souviens qu’une fois alors que j’étais dans un bar sportif de Cleveland avec des journalistes sportifs et nous discutions de la lutte professionnelle. J’ai alors demandé au barman de syntoniser Summerslam à la télévision. Je ne me souviens pas qui était à l’œuvre, mais c’était un chef-d’œuvre comme combat de lutte. J’ai pris part à quelques combats que je crois être des chefs-d’œuvre dans un sens. Comme celui face à Steve Austin à Wrestlemania 13, c’était comme un combat du UFC. Nous changions de rôle et de type de combat continuellement. Il était si obscène et j’étais tellement vicieux. C’était réalisé à la perfection et on en parle encore aujourd’hui. Ce combat est un de mes très, très bons moments. Même le « Iron Man match » que j’ai eu face à Shawn Michaels a été l’un des combats les plus difficiles auquel j’ai participé. Je ne sais pas si quelqu’un pourra faire mieux. Shawn Michaels était un excellent lutteur cette soirée-là et je crois que sur plusieurs aspects, nous avons présenté le meilleur combat de tous les temps.

© World Wrestling Entertainment, Inc.

Qui a été l’adversaire le plus difficile que tu aies eu à affronter?
BH :
Probablement l’Undertaker. C’est difficile à dire. Peut-être André le Géant. J’ai déjà affronté André en Italie une fois. Je ne l’ai pas battu, mais j’ai résisté honorablement! (rires) Je me souviens qu’il s’est mis debout sur mon ventre, il a posé un pied sur moi alors que j’étais allongé sur le tapis. Je me souviens de l’avoir vu sur la corde du haut sachant très bien ce qui suivrait puisque je l’ai déjà vu faire sur des millions d’autres lutteurs. J’ai alors pris une bonne respiration pour endurer la douleur et lui montrer à quel point j’étais un dur. On aurait cru qu’un éléphant s’était assis sur moi, je n’en revenais pas. Il a été sur mon ventre durant deux secondes et je me disais que s’il ne s’enlevait pas immédiatement, j’allais mourir. En réalité, il était un grand athlète, un grand lutteur et un vrai professionnel. Il est l’un des plus grands lutteurs de l’histoire.

Tu t’es créé un compte sur Twitter il y a quelque temps. Quel a été l’échange le plus mémorable que tu aies eu jusqu’à présent?
BH :
Les partisans me parlent tout le temps, sur la rue ou sur Twitter. J’ai remarqué que beaucoup des jeunes qui m’admiraient dans leur jeunesse sont devenus des bonnes personnes. Ils m’arrêtent et me disent qu’ils étaient les plus grands admirateurs de Bret Hart à l’époque et ils sont maintenant docteurs ou avocats. Ils semblent être des personnes productives. Lorsque je vais à des séances d’autographes ou à des événements de lutte et que j’en rencontre, ils sont toujours très polis et patients. Mes admirateurs sont différents. Des organisateurs m’ont souvent dit qu’ils pouvaient contrôler mes foules contrairement à d’autres qui s’étaient présentées au même endroit quelques mois auparavant. J’aime les rencontrer et ils me racontent à quel point j’ai changé leurs vies et que j’ai comblé l’absence de leur père ou que je les ai aidés à surpasser une maladie. C’est toujours réconfortant, je n’ai jamais négligé un de mes admirateurs qui m’encourageait ou qui appréciait ce que je faisais. Je me souviens avoir rencontré des militaires qui m’ont confié que la façon que je représentais le drapeau canadien inspirait beaucoup les troupes. Je suis content d’avoir été une influence positive pour les jeunes. Je suis reconnaissant envers la WWE de m’avoir donné la chance de devenir un héros de la lutte.

La montée de l’Internet au milieu des années 1990 a eu tout un impact sur la lutte, dévoilant au grand jour certaines histoires, rumeurs et situations réelles se cachant derrière ce que les partisans voient à la télévision. Si ce qu’on appelle maintenant du « divertissement sportif » pouvait revenir à ce qu’il était auparavant, crois-tu que ce serait mieux?
BH :
J’adore comment c’était avant. Si je pouvais retourner dans le temps et figer une certaine période, je retournerais à ce que c’était en 1997 quand j’étais à Montréal. J’aimerais changer ce qui s’est passé durant le Screw Job, mais c’était une époque amusante. Être un héros au Canada et un méchant aux États-Unis, c’était une situation délicate. C’était unique d’être acclamé à Halifax un soir par des partisans canadiens passionnés et le lendemain, d’être à San Antonio où c’était complètement l’opposé. Ils voulaient me pendre et me tuer. C’était comme un yoyo entre les deux pays. C’était une période unique et je ne suis pas certain qu’on devrait la reproduire. Lorsque je regarde les personnages de l’époque, si vous aimiez Steve Austin et tout ce qu’il a fait avec Vince McMahon après mon départ, c’était bien. Mais c’est à ses tout débuts que Steve était le plus cool et le plus méchant. Il est devenu un antihéros, ce qui était parfait pour lui et j’ai toujours été fier de lui. Je suis un grand admirateur de Steve. Lorsque je repense à cette époque, l’Undertaker, Shawn Michaels, mon frère Owen et même le Bulldog, nous étions tous à notre apogée. C’était une période magique. Lorsque je regarde le Hart Foundation de cette époque avec Brian Pillman, Jim « The Anvil » Neidhart, nous avions tous grandi à Calgary, nous avions amorcé nos carrières là avant de devenir de grandes vedettes aux États-Unis. Les partisans de Calgary nous avaient suivis pendant de nombreuses années et nous étions maintenant les têtes d’affiche et ils nous ont appuyés, tout comme le reste du pays. D’une manière, cela a redonné vie à la famille Hart. Mon père avait pu devenir le patriarche et la légende de la lutte qu’il était. Je me souviens d’un événement à la télé à la carte qui avait lieu à Calgary, je me rappelle que tout le monde était heureux ce soir-là. C’est difficile de croire que cinq mois plus tard, le monde de la lutte serait frappé par le Screw Job à Montréal et que des temps sombres surviendraient. Lorsque j’y pense aujourd’hui, les choses se sont arrangées avec la WWE mais je changerais beaucoup de choses.

Les rythmes électrisants de guitare de ta musique de présentation sont légendaires. À l’exception de la tienne, quelles autres musiques de lutte sont tes favorites?
BH :
Je me souviens du gong dans la musique de l’Undertaker, ça me rappelle de bons souvenirs. J’ai toujours apprécié l’Undertaker, nous étions proches. Steve Austin en avait une bonne d’une manière. Je ne sais pas si c’était de la musique, mais son intro avec le bruit de fracassements de verre était bonne. Et pour des raisons sentimentales, j’aimerais entendre celle de mon frère Owen. Il en a toujours eu une amusante.

Est-ce que le rose et le noir font toujours partie de ta garde-robe?
BH :
C’est drôle parce que le rose a longtemps été la cible de préjugés et plusieurs spectateurs pensaient que cette couleur signifiait quelque chose en particulier. Mais le rose est simplement une bonne couleur. Lorsque j’y pense, elle a joué pour beaucoup dans mes succès. Plusieurs ont dû se demander pourquoi je portais du rose, mais la seule raison était pour rendre les gens furieux. Je me souviens que la première fois où moi et The Anvil en portions, nous pensions que ce n’était pas une bonne idée et que nous avions l’air drôle dans ces couleurs. Durant un épisode de Saturday Night Main Event, Vince McMahon a marché trois fois autour de nous et nous a dit : « Ne changez rien, c’est ce qu’il vous manquait. Vous aviez besoin de couleur. » Depuis ce moment, il a commencé à nous regarder d’une manière différente et nos carrières ont changé. Je ne dirai jamais que le rose était ma couleur favorite, mais j’ai toujours pensé que c’était ma couleur chanceuse.

Dernière question : qui avait la meilleure moustache à l’apogée de sa carrière : Hulk Hogan ou Lanny McDonald ?
BH :
(rires) Celle de Lanny était plus épaisse. Mais je crois qu’ils auraient tous les deux de la difficulté à avoir une barbe comme Jim « The Anvil » Neidhart. C’était à un autre niveau.

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Cet article, écrit par Hugo Fontaine, est publié dans le numéro 27.2 du magazine CANADIENS.