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Magazine Canadiens

Le dernier mot : Milos Raonic

mardi, 05.03.2013 / 16 h 23 / Canadiens de Montréal - Magazine CANADIENS
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Le dernier mot : Milos Raonic

Le Canada est reconnu pour plusieurs choses, mais pour être une pépinière du côté du tennis, il faudra repasser. Tout cela semble avoir changé depuis l’éclosion de Milos Raonic sur la scène internationale. Né en Yougoslavie avant d’avoir donné ses premiers coups de raquette près du domicile familial en banlieue de Toronto, Raonic ne cesse de faire tourner les têtes grâce à son service dévastateur et à ses amortis précis. Nous avons rencontré l’as de 22 ans pour découvrir comment l’une des futures vedettes du tennis peut provenir d’un pays où le hockey est roi et maître.

Tu as fait un bond incroyable dans le classement au cours des trois dernières années, passant du 373e rang mondial au Top 15. Te pinces-tu parfois pour réaliser tout ce qui t’arrive maintenant ?
MILOS RAONIC :
Je ne me pince pas parce que je ne veux pas que ça arrête! (rires) Mais en même temps, je pense à cela et je comprends ce que j’ai dû faire pour arriver ici. Je suis très analytique à ce sujet pour ainsi rester dans la bonne direction. Je suis confortable où je suis et je suis heureux avec où j’en suis, mais je ne suis pas satisfait. Je sens que je peux en faire encore plus. Je ne dirai pas que je suis médiocre, mais je pense que je peux en faire davantage.

Ton père a un doctorat et ta mère possède une maîtrise, nous assumons que l’éducation est importante dans ta famille. Est-ce que cela a été difficile de les convaincre lorsque tu leur as annoncé que tu renonçais d’aller à l’université pour devenir joueur de tennis professionnel?
MR :
Je n’avais pas à les convaincre parce qu’ils m’avaient dit que c’était ma décision. Ce qui s’est passé est que je devais continuer mes cours universitaires jusqu’au moment où j’atteindrais le Top 100, ce que j’ai réussi en 2011. J’ai dû mettre mes études de côté puisque je commençais à être très occupé. Mais mon père continuait de remplir des demandes d’admission dans plusieurs universités canadiennes afin que je demeure éligible en tout temps et pour le rassurer un peu. Je sais que mes parents ne me l’ont jamais démontré, mais ils ont sûrement eu quelques nuits blanches à cause de ça.

À chaque fois qu'il revient à Montréal, Milos se fait un devoir d'aller chez Schwartz's.

Tu es souvent venu à Montréal au fil des années lors de tes passages au Centre national d’entraînement de Tennis Canada. Quelle est la première chose que tu fais dès que tu reviens en ville ?
MR :
Je vais chez Schwartz’s. Lorsque j’étais à Montréal il y a quelques mois à l’occasion de la Coupe Davis, je suis arrivé en ville le dimanche et je suis allé chez Schwartz’s dimanche, lundi, mardi et mercredi. (rires) Je peux aller manger là souvent et probablement un peu trop.

Nous avons vu sur Twitter que tu étais allé voir un spectacle d’Arcade Fire en plus d’être souvent passé chez Schwartz’s. Es-tu sûr que tu n’es pas Montréalais ?
MR :
(rires) Je dois beaucoup à Montréal, mais je demeure un gars de Toronto.

Tu n’es pas un partisan des Leafs, n’est-ce pas ?
MR :
(rires) J’encourage les Leafs.

Ta famille a quitté la Yougoslavie lorsque tu étais très jeune pour s’installer en banlieue de Toronto. Jouais-tu au hockey dans ta jeunesse ?
MR :
Je jouais au hockey dans la rue très souvent parce que nous vivions dans une communauté emmurée, les rues étaient plutôt tranquilles. Mais je n’ai jamais joué sur la glace et je n’essaierai pas maintenant parce que je ne veux pas risquer une blessure.

Bien qu'il ne soit pas un grand partisan de hockey, Milos admet appuyer les Leafs de sa ville natale.

Si tu pouvais jouer en double avec un joueur de la LNH, qui sélectionnerais-tu ?
MR :
Wayne Gretzky. Nous sommes devenus de bons amis depuis quelque temps et j’ai été privilégié de pouvoir souper avec lui plus tôt cette année. Nous sommes toujours en contact. Sa plus jeune fille adore le tennis et il l’apprécie aussi. Je l’ai souvent questionné à propos de plusieurs choses, il a toujours été là pour moi lorsque je devais lui parler de sujets concernant le sport en général. Ou peut-être P.K. Subban puisqu’il vient aussi de Toronto.

Évoluant dans un sport individuel, tu n’as pas nécessairement d’entourage avec lequel passer tes temps libres. Vois-tu souvent tes adversaires à l’extérieur du terrain? Qui est ton meilleur ami sur le circuit?
MR :
Nous soupons et passons beaucoup de temps ensemble. Un joueur avec lequel je ’entends très bien et avec qui je vais souvent manger est Feliciano Lopez. Il est pas mal plus vieux que moi, mais il est très gentil. Il est très ouvert et c’est très facile de lui parler, ce qui est très important pour moi. Je m’entends très bien avec les joueurs espagnols en raison de mon entraîneur et puisque je m’entraîne en Espagne. Je m’entends aussi avec les ex-Yougoslaves de même qu’avec les Croates et les Serbes en raison de ma langue. Et naturellement avec Daniel Nestor, mais il est beaucoup plus âgé que moi. Nous avons des points d’intérêts différents. (rires)

Milos aimerait bien un jour avoir comme partenaire de double Wayne Gretzky.

À quel point la pression de représenter son pays aux Jeux olympiques se compare à celle de participer à un des tournois du Grand Chelem ?
MR :
C’est un peu différent parce qu’aux Olympiques, tout le Canada te regarde et il y a tellement d’autres sports au programme. Lorsque le tennis est à l’antenne, c’est sur les télévisions de tout le monde. Lors des tournois du Grand Chelem, c’est davantage les fanatiques du tennis qui regardent. C’est un différent type de pression parce que comme enfant, ton rêve est de remporter un de ces tournois. Ce serait un honneur de remporter l’or aux Olympiques, mais le titre que je voudrais le plus remporter est celui de Wimbledon.

Étais-tu frustré que seulement trois jours après que toi et Jo-Wilfried Tsonga eurent établi le record du match en simple le plus long de l’histoire des Olympiques, Roger Federer et Juan Martin Del Potro ont abaissé votre marque?
MR :
Non parce que j’étais du mauvais côté de cette marque! (rires) Si je l’avais emporté, j’aurais été un peu déçu. Maintenant, je n’aurai plus à me soucier de battre mon propre record et de tenter de remporter la victoire. J’étais soulagé.

Quel joueur étais-tu le plus terrifié d’affronter dans un match? Penses-tu à cela avant de mettre le pied sur le terrain ?
MR
: Pas vraiment. J’aimerais un jour réaliser tout ce que [Roger] Federer a accompli, mais je veux aussi un jour devenir le meilleur joueur au monde. Lorsque je l’ai affronté, il était à l’autre extrémité et il essayait de m’empêcher d’atteindre mon objectif.

D’après toi, qui est le plus grand joueur de tennis de tous les temps?
MR :
J’aimerais dire Pete Sampras parce qu’il est mon idole, mais je dois répondre Federer.

Est-ce que le tennis canadien obtient le crédit qu’il mérite?
MR :
Il est dans la bonne voie, mais il a encore beaucoup de chemin à faire. J’espère être un gros facteur dans sa lancée.

Que dois-tu faire pour accélérer la croissance de ton sport ici?
MR :
Il y a beaucoup de talent et d’habiletés au Canada, mais ça revient toujours au hockey. C’est pour ça que j’essaie d’avoir un gros impact pour démontrer aux jeunes qu’ils peuvent connaître du succès au tennis ici. Peut-être pas autant et d’une manière aussi régulière qu’au hockey, mais il y a tellement de belles histoires de succès au tennis et vous y arriver lorsque vous êtes Canadien. Je veux que ce message se répande et c’est pour ça que les événements où je représente le Canada sont si spéciaux.

Ton service est l’un des plus dévastateurs de tout le circuit. Quel est ton secret ?
MR :
Beaucoup de pratique. Lorsque j’étais plus jeune, j’allais m’entraîner avec mon père à 5h30 du matin. Il n’y avait pas beaucoup d’enfants qui voulaient s’entraîner à cette heure avant d’aller à l’école. Tout ce que je pouvais faire était de servir. Mon père ne savait pas jouer au tennis, alors je prenais un seau rempli de balles et j’effectuais des services.

À quel point les gens te lancent la fameuse phrase de l’émission Seinfeld : « Another game for Milos » ?
MR :
Je l’entends assez souvent dans les estrades lors de mes matchs. Souvent! Surtout lors d’événements nationaux. C’est assez drôle. Je ne suis cependant pas très confortable lorsqu’on me demande de le dire parce que je ne suis pas sûr d’imiter le bon accent. Je ris lorsque j’entends d’autres personnes le crier.

Tu as décroché une entente de commandite avec la réputée compagnie Lacoste. Aide-nous une fois pour toutes, est-ce un alligator ou un crocodile sur leurs produits?
MR :
C’est un crocodile!

Pour demeurer à l’affût des progrès de Milos sur la scène mondiale, dirigez-vous vers son site Web officiel au www.milosraonicofficial.com. Vous pouvez aussi le suivre en temps réel sur Twitter (@milosraonic).

Cet article, écrit par Hugo Fontaine, est publié dans le numéro 27.1 du magazine CANADIENS.