Souvenirs des Mondiaux juniors : Scott Mellanby

jeudi, 19.12.2013 / 9 h 00 / Canadiens de Montréal - Nouvelles
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Souvenirs des Mondiaux juniors : Scott Mellanby
De nos jours, les joueurs provenant des rangs coll\u00E9giaux am\u00E9ricains occupent une grande place dans le monde du hockey. Ce ne fut pas toujours le cas. Scott Mellanby l\u2019a appris \u00E0 ses d\u00E9pens lorsqu\u2019il tentait de se tailler une place au sein d\u2019\u00C9quipe Canada junior.

MONTRÉAL – De nos jours, les joueurs provenant des rangs collégiaux américains occupent une grande place dans le monde du hockey. Ce ne fut pas toujours le cas. Scott Mellanby l’a appris à ses dépens lorsqu’il tentait de se tailler une place au sein d’Équipe Canada junior.

Au cours des années 1980, les recruteurs ne portaient pas beaucoup attention aux prestations des hockeyeurs provenant des universités américaines. À l’époque, ceux qui évoluaient dans les rangs juniors étaient davantage privilégiés parce qu’ils étaient perçus comme n’ayant pas peur du jeu rude. Portant les couleurs des Badgers de l’Université du Wisconsin, Mellanby se faisait tout de même un nom grâce à sa touche autour du filet et parce qu’il n’avait pas froid aux yeux sur la surface glacée.

Mellanby a remporté la médaille d'argent avec l'équipe canadienne au Championnat du monde de hockey junior de 1986.

« Lorsque j’étais revenu à la maison durant le congé de Noël à la fin de l’année 1984, j’avais reçu un appel de Hockey Canada quelques jours après le début du tournoi parce que l’un de leurs joueurs s’était blessé », dévoile l’actuel directeur du personnel des joueurs du Tricolore. « Étant un joueur universitaire qui n’avait pas patiné depuis une semaine, j’avais dû refuser leur invitation. Ce n’est pas parce que je ne voulais pas y aller; mon agent croyait que ça aurait été une erreur parce que je n’avais pas sauté sur la glace depuis plusieurs jours. »

Mellanby a toutefois obtenu l’opportunité de se faire valoir à nouveau l’année suivante lorsqu’il fut invité à prendre part au camp de sélection de l’équipe canadienne. Malgré de bonnes statistiques, les autres joueurs présents n’étaient nullement impressionnés par l’attaquant d’origine montréalaise. À un point tel où il a dû lutter pour non seulement démontrer son savoir-faire au personnel d’entraîneurs, mais également à ses futurs coéquipiers qui le croyaient trop fragile pour ce calibre.

« Je crois que certains gars m’ont donné des coups durant les matchs intra-équipe parce que je provenais de l’université. J’étais un joueur robuste. Lorsqu’on me brassait, je répliquais », admet Mellanby qui faisait déjà plus de six pieds et faisait osciller la balance à plus de 200 livres à l’âge de 19 ans. « Je crois que j’ai gagné leur respect comme ça.

« À l’époque, il y avait un gros débat entre les joueurs universitaires et ceux du junior, c’était presque une bataille politique », renchérit-il. « Il n’y avait pas beaucoup de personnes au hockey junior qui appréciaient le travail des joueurs dans les rangs collégiaux américains. »

Ne reculant devant rien, Mellanby a poursuivi son chemin avec détermination et a forcé la main des dirigeants, méritant un billet pour Hamilton où était présentée l’édition 1986 du Championnat du monde de hockey junior. Dès le moment où il a reçu son nouveau chandail rouge et blanc, tous les préjugés qui existaient à son endroit et envers les autres universitaires ont été jetés aux oubliettes. Ils formaient dorénavant un groupe uni qui souhaitait remporter les grands honneurs devant leurs partisans.

Menée par Shayne Corson, Joe Murphy et Joe Nieuwendyk, l’équipe hôtesse a connu un début de tournoi fracassant en remportant ses cinq premières parties par un pointage combiné de 50 à 12. Mais des défaites consécutives aux mains de l’U.R.S.S. et de la Tchécoslovaquie l’ont reléguée au deuxième rang au classement final. Échapper l’or au profit de l’Union soviétique était doublement plus dur à accepter puisqu’à cette époque, la haine qui existait entre les deux pays était toujours bel et bien présente sur la patinoire.

« Lorsque nous les avons affrontés, notre stratégie était d’utiliser la foule et de les traverser sans arrêt. C’est ce que nous avons tenté, mais ça n’a pas fonctionné », expose Mellanby, qui a tout de même fait belle figure en inscrivant cinq buts et neuf points durant ces deux semaines. « Ils étaient coriaces à leur façon et ils se relevaient constamment. Ils ont vraiment démontré à quel point ils étaient solides comme groupe contre nous. Plus nous les frappions, plus ils résistaient. »

Dans une nation de hockey comme le Canada où seuls les grands honneurs semblent acceptés par les partisans, la déception était tout aussi présente du côté des joueurs. Pour cette poignée de jeunes adultes qui ont tout donné, ils n’avaient pas la sensation d’avoir gagné la médaille d’argent, mais plutôt d’avoir perdu l’or.

« Je dois être honnête, c’était très décourageant », confesse Mellanby. « C’est après la conclusion du tournoi que je l’ai vraiment réalisé et que j’ai senti que j’avais laissé tomber mon pays. Nous avions tous le sentiment que nous n’avions pas réussi à combler les attentes. C’était quelque chose de difficile à avaler pour un jeune joueur. »

Par contre, cette expérience inoubliable a permis au jeune Mellanby de bâtir des liens avec des individus qu’il a éventuellement côtoyés pendant de nombreuses années dans la LNH. Avec plus de 1 400 rencontres derrière la cravate dans le grand circuit où il était reconnu pour être un travailleur infatigable sur la glace, il a donc retrouvé à plus d’une reprise certains de ses coéquipiers de l’équipe canadienne.

« Nous avions beaucoup de gars sur cette équipe qui ont éventuellement eu de longues carrières comme Gary Roberts, Joe Nieuwendyk, Luc Robitaille et moi-même», partage-t-il. « En apprenant à vraiment connaître certains des joueurs avec qui j’ai joué ou affronté au cours de ma carrière, j’ai appris à les connaître en tant que personne.

« Je n’ai pas fait mon entrée au Temple de la renommée et je n’ai participé qu’à un seul Match des étoiles, je n’ai donc pas obtenu beaucoup d’opportunités de représenter mon pays », concède Mellanby. « Obtenir une chance de jouer pour le Canada est difficile. Le faire était important pour moi et dans mon cœur, c’était quelque chose que je désirais vraiment. »

Hugo Fontaine écrit pour canadiens.com.

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