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Souvenirs des Mondiaux juniors : Clément Jodoin

jeudi, 19.12.2013 / 9 h 00 / Canadiens de Montréal - Nouvelles
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Souvenirs des Mondiaux juniors : Cl\u00E9ment Jodoin
Au cours de sa longue carri\u00E8re d\u2019entra\u00EEneur au niveau junior, Cl\u00E9ment Jodoin a rafl\u00E9 plusieurs honneurs au passage. Aider le Canada \u00E0 remporter le Championnat du monde junior \u00E9tait donc un tout nouveau d\u00E9fi pour lui lorsque l\u2019opportunit\u00E9 s\u2019est pr\u00E9sent\u00E9e.

MONTRÉAL – Au cours de sa longue carrière d’entraîneur au niveau junior, Clément Jodoin a raflé plusieurs honneurs au passage. Aider le Canada à remporter le Championnat du monde junior était donc un tout nouveau défi pour lui lorsque l’opportunité s’est présentée.

Suite à des passages fructueux dans la Ligue américaine, dans la Ligue nationale et dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, l’entraîneur originaire de Saint-Césaire s’est forgé une excellente réputation dans le monde du hockey. Mais Jodoin, qui était revenu dans la LHJMQ à Lewiston au milieu des années 2000, désirait repousser les frontières de son emploi en se joignant au programme national. Par contre, les dirigeants de l’équipe canadienne avaient d’autres plans pour lui.

Clément Jodoin a remporté trois médailles d'or consécutives avec l'équipe canadienne au Championnat du monde de hockey junior.

« Mon intention initiale était de diriger la formation des moins de 18 ans. Blair Mackasey, qui était le directeur du personnel des joueurs de Hockey Canada à l’époque, m’a dit que je devrais plutôt me joindre au personnel d’entraîneurs de l’équipe qui irait au Championnat du monde de hockey junior de 2006», admet l’ancien entraîneur-chef des MAINEiacs et actuel entraîneur adjoint du Tricolore. « J’ai postulé et j’ai fini par être impliqué avec les moins de 20 ans durant trois années. »

Dès ses premiers instants parmi le groupe qui appuyait l’entraîneur-chef Brent Sutter, Jodoin a rapidement constaté qu’Hockey Canada s’occupait d’absolument de tout pour lui permettre de penser au hockey 24 heures sur 24. Transport, téléphone, hébergement; aucun détail n’était négligé. N’ayant pas à se préoccuper des éléments extérieurs, il pouvait donc se concentrer à choisir les meilleurs éléments qui représenteraient le Canada à Vancouver. Puisque le pays regorge de jeunes hockeyeurs talentueux, tout était mis en place pour dénicher la crème de la crème.

« Durant le processus de sélection, nous divisions les joueurs en deux groupes et ces deux groupes étaient séparés en tout temps », explique Jodoin. « Ils ne mangeaient pas ensemble, ils voyageaient dans deux autobus différents, un rideau divisait le couloir entre les deux vestiaires dans le but de bâtir l’esprit de compétition. Nous voulions qu’ils soient concentrés à 100 % à faire l’équipe.

« Retrancher les joueurs était déchirant parce que faire l’équipe canadienne est un de leurs grands rêves », admet-il. « Ils pleurent parce qu’ils savent que participer au Championnat du monde de hockey junior est une vitrine incroyable pour eux. »

Les décisions prises ont été les bonnes puisque le Canada a conclu le tournoi avec une fiche parfaite. L’équipe hôtesse n’a subi aucune défaite en six rencontres, se permettant même un jeu blanc en grande finale aux dépens des Russes et à un certain Evgeni Malkin pour remporter l’or devant ses partisans. Malgré toute l’attention dirigée vers eux, les jeunes canadiens n’ont jamais quitté des yeux leur objectif.

« Ce n’était pas difficile de garder les joueurs concentrés lorsque le tournoi était présenté au pays. Nous étions dans notre bulle », raconte Jodoin. « Lorsque nous nous sommes rendus à l’amphithéâtre avant la grande finale, aucun mot n’a été dit par personne jusqu’à quelques instants avant le début du match. Une magie s’est installée, c’est comme si nous étions dans un conte de fée. »

Plus que satisfait du travail accompli par Jodoin, les dirigeants de l’équipe canadienne n’ont pas hésité à de nouveau faire appel à ses services l’année suivante alors que le tournoi s’est déplacé en Suède. Étant maintenant dans un environnement complètement différent, tout avait été déployé pour faciliter la transition des joueurs pour qui plusieurs d’entre eux, participaient pour la première fois à un tournoi à l’extérieur de leur pays.

« Lorsque nous étions arrivés sur place, nous avons pris le contrôle de l’hôtel. Le premier étage était pour tout le monde, c’est là qu’étaient organisés les repas, les salles de repos avec des ordinateurs, des téléphones et des télévisions avec des postes canadiens », raconte Jodoin, qui travaillait cette fois sous les ordres de Craig Hartsburg. « Nous avions aussi notre propre cuisinier qui nous préparait des mets canadiens. Peu importe où nous étions, il allait acheter les ingrédients nécessaires pour nous préparer des plats de chez nous. »

À l’exception d’une défaite face à la Suède en match préparatoire, Équipe Canada junior, menée par Carey Price et Jonathan Toews, a pris les bouchées doubles et a réussi à compléter le tournoi avec une fiche immaculée, terminant au sommet du podium, devançant de nouveau la Russie.

Cette conquête ne serait toutefois jamais survenue si ces deux futures vedettes de la LNH n’avaient pas pris les choses en mains en demi-finale. Faisant face aux Américains dans une rencontre qui s’est rendue jusqu’aux tirs de barrage, Toews a trouvé le fond du filet à trois reprises en fusillade et Price a réussi à fermer la porte pour permettre aux Canadiens de poursuivre leur chemin. Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, personne n’était nerveux sur le banc du Canada malgré cette situation sans lendemain.

« À un certain moment, tu n’as plus de nerfs », exprime Jodoin lorsqu’il se souvient de ce duel. « À force d’être toujours sur l’adrénaline, tu réalises que ça ne donne rien de toujours être sur les nerfs et qu’on doit vivre normalement. »

Jamais deux sans trois, Jodoin a accepté de se joindre une autre fois à l’aventure en 2008. Avec une nouvelle cuvée de futures vedettes comme Steven Stamkos, Claude Giroux, John Tavares, Drew Doughty et P.K. Subban, le Canada allait tenter de défendre son titre en République tchèque.

Subissant sa première défaite en ronde préliminaire depuis 2002 alors que le tournoi était également présenté à Pardubice, l’Unifolié ne s’est pas laissé abattre de son revers face à la Suède et a poursuivi son parcours jusqu’en finale. Affrontant une fois de plus les Suédois dans un match serré qui a nécessité la prolongation, Matt Halischuk a semé l’émoi du côté canadien lorsqu’il a déjoué Jhonas Enroth pour procurer une quatrième médaille d’or d’affilée à son pays.

« J’ai toujours voulu prendre part à une situation de la sorte », confesse Jodoin, qui s’était joint à l’Océanic de Rimouski cette année-là. « C’est un rêve que je caressais depuis longtemps et en plus de ça, je l’ai réalisé. Diriger un match final qui se décide en supplémentaire, j’ai toujours rêvé d’être de ces moments forts-là. »

Pouvant en plus célébrer ces beaux moments avec sa famille, Jodoin a eu beaucoup de plaisir à chacune de ses expériences avec les meilleurs juniors au pays. Marqué par la facilité de bâtir l’esprit d’équipe en si peu de temps, il se sentait comme un nouvel homme lorsqu’il revenait au bercail suite à ses passages avec l’équipe nationale.

« Aller au Championnat du monde junior était comme si je retournais à l’université durant une courte période de temps », fait allusion Jodoin. « J’allais y apprendre des nouvelles choses que je pouvais appliquer dans le futur. Ça n’a pas de prix. »

Hugo Fontaine écrit pour canadiens.com.

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