Un observateur attentif

vendredi, 23.11.2012 / 8 h 00 / Canadiens de Montréal - Nouvelles
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Un observateur attentif

MONTRÉAL – Lorsqu’il est entré en poste en mai dernier, Marc Bergevin savait que le futur était prometteur pour le Tricolore avec plusieurs jeunes espoirs à la porte des professionnels. Les dernières semaines lui ont permis de le constater de ses propres yeux.

Plutôt que de rester assis confortablement à son bureau en attendant la fin du conflit dans la LNH, le nouveau directeur général des Canadiens a accumulé les milles aériens pour apprendre à mieux connaître les futurs représentants du bleu-blanc-rouge à Montréal. Il a porté une attention particulière sur ceux qui évoluent actuellement pour les Bulldogs de Hamilton où plusieurs nouveaux visages se sont greffés à la formation cette saison.

« Les dernières semaines m’ont permis d’aller voir nos jeunes espoirs qui sont arrivés dans l’organisation avant moi et que je ne connaissais pas », admet d’entrée de jeu Bergevin. « Le club de Hamilton l’année passée, je ne l’avais pas vu jouer à l’exception d’une fois à Rockford [le club-école des Blackhawks]. Je ne regardais pas les joueurs appartenant aux Canadiens, mais plutôt ceux de Chicago. Les derniers temps m’ont permis de me faire une meilleure opinion sur nos propres espoirs. »

Comme n’importe pour quelle équipe qui compte sur plusieurs nouveaux visages, la chimie ne se crée pas en criant ciseaux. Après un début de campagne satisfaisant, les choses se sont gâtées dernièrement pour les Bulldogs alors que la formation ontarienne a subi la défaite dans cinq de ses sept dernières sorties. Malgré cette glissade qui a eu comme effet qu’Hamilton se retrouve actuellement au 11e rang de son association, le grand patron ne croit pas qu’il faut paniquer face à cette situation et que la patience est de mise.

Marc Bergevin est fier du travail qu'a accompli Sylvain Lefebvre à Hamilton jusqu'à présent.

« Je m’attendais un peu aux difficultés que les Bulldogs ont connues jusqu’à maintenant et ça se peut que ça se poursuive encore un bout de temps. Je savais qu’en amorçant la saison avec neuf recrues, dont cinq en défensive, nous allions connaître des hauts et des bas », explique Bergevin. « Tu veux que ces joueurs-là progressent, tu ne veux pas les envoyer dans la ECHL s’ils sont capables de progresser. C’est le prix à payer pour développer tes jeunes. Ça prendra le temps que ça prendra.

« En partant, la Ligue américaine cette année est plus forte qu’à l’habitude parce beaucoup des meilleurs jeunes de la LNH se retrouvent là », poursuit-il. « Pour beaucoup de clubs, quatre ou cinq gars vont remonter dans la LNH quand le conflit sera réglé et ça va faire une différence. Probablement que nous nous ne bougerons pas beaucoup à ce chapitre. Ça deviendra plus égal comme compétition. En plus, [Cédrick] Desjardins a été blessé, même si [Robert] Mayer a fait du bon travail. »

Ces résultats n’ont également aucunement changé la perception de Bergevin sur son entraîneur-chef à Hamilton, Sylvain Lefebvre, à qui est revenue la tâche d’accueillir tous ces nouveaux venus chez les professionnels. Ce dernier en est également à sa première expérience à titre d’entraîneur-chef et la façon dont il a su composer avec autant de recrues et l’absence de quelques vétérans lui ont attiré des éloges à Montréal.

« Je suis fier du travail que Sylvain a fait jusqu’à présent. Son mandat est de faire progresser les jeunes et c’est ce qu’il fait. On se parle presque tous les jours et après chaque partie. C’est très important. Il est mes yeux à Hamilton. Je l’ai mis là parce que je crois en sa vision des joueurs de hockey. Quand il fait quelque chose ou qu’il adresse un problème, il me le dit et comme ça je suis au courant de ce qu’il fait. Sylvain est très fort sur la communication », précise Bergevin sur son ancien adversaire de longue date dans la LNH.

Comptant à eux deux un peu plus de 2 000 parties d’expérience à la ligne bleue dans la LNH, personne n’est mieux placé que Lefebvre et Bergevin pour comprendre les moments difficiles que certains des jeunes défenseurs vivent depuis le début de la saison. Les jeunes Greg Pateryn, Antoine Corbin, Jarred Tinordi, Nathan Beaulieu et Morgan Ellis affichent un différentiel combiné de moins-25 jusqu’à maintenant alors qu’ils tentent toujours de s’ajuster à la vitesse du jeu et à l’exécution de l’AHL.

Lors de ses voyages à Hamilton, Bergevin a été impressionné par un défenseur format géant en particulier.

Ayant déjà parcouru le même parcours par le passé, Bergevin n’est pas inquiété par le rendement de ses jeunes arrières. Il croit plutôt qu’ils passent par une étape d’apprentissage normale et que leur période d’adaptation sera plus longue que pour leurs autres coéquipiers.

« En tant qu’ancien défenseur, je suis passé par là aussi », témoigne Bergevin, qui a évolué durant 20 saisons dans la LNH. « Pour un défenseur, le développement est plus long. Les joueurs qui ont le plus de rapidité à s’adapter sont les ailiers. Ensuite, dans l’ordre, ce sont les joueurs de centre, les défenseurs et les gardiens. Si tu es un ailier et tu commets une erreur, il a encore beaucoup de glace à sa disposition pour se racheter. Même chose pour un centre.

« Mais quand un défenseur commet une erreur, ça peut devenir une chance de marquer pour l’adversaire. Quand il fait une mauvaise passe, tu le vois. La zone de protection est beaucoup plus petite. Je ne veux pas utiliser le mot pression, mais c’est pour ça que c’est plus long pour les joueurs de ces positions de se développer.

Sa plus belle surprise à la ligne bleue des Bulldogs depuis le début de la campagne?

« Tinordi m’a surpris », révèle-t-il à propos du défenseur format géant. « Je trouve que pour un gros bonhomme comme lui, il garde les choses simples sur la patinoire. Il est efficace. Je savais qu’il était bon, mais jusqu’à maintenant, son adaptation a été un peu plus rapide que ce à quoi je m’attendais. »

Après un arrêt de quelques jours dans son bureau du Centre Bell, Bergevin fera de nouveau ses bagages pour poursuivre son observation des Bulldogs. Lorsque les activités reprendront leur cours normal dans la LNH, il saura exactement à qui faire appel s’il a besoin de renforts à la ligne bleue.

Hugo Fontaine écrit pour canadiens.com.

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