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Les confessions d'un gladiateur

lundi, 29.10.2012 / 12 h 28 / Canadiens de Montréal - Nouvelles
canadiens.com

MONTRÉAL – Lorsque les athlètes s’éloignent des projecteurs au moment de leur retraite, ce n’est pas souvent de tout repos. Chris Nilan l’a appris à ses dépens et explique comment il a vécu et passé au travers de l’enfer dans le documentaire « The Last Gladiators » (v.f. : Le dernier gladiateur).

Il n’est jamais facile d’admettre d’avoir un problème. Après avoir été l’un des durs à cuire les plus populaires et les plus craints dans l’histoire des Canadiens et fait la loi avec ses poings dans la LNH pendant 12 saisons, Nilan s’est retrouvé du jour au lendemain à devoir s’adapter à la vie de simple citoyen. Ce genre de transition se fait rarement sans heurts et c’est à ce moment qu’il est graduellement devenu dépendant à l’alcool, aux anti-inflammatoires et aux drogues.

Extrait du film "The Last Gladiators"

Lorsqu’il a réalisé que les mauvaises choses qu’il avait faites avaient surpassé toutes les bonnes qu’il avait accomplies auparavant, un déclic s’est produit. Il a par contre été assez humble pour demander de l’aide et n’a pas eu peur de faire ses confidences devant la caméra. Son histoire était si poignante que le réalisateur Alex Gibney a décidé de faire de lui l’élément central de « The Last Gladiators »

« Je devais être honnête et me confier. Je ne pouvais pas me cacher de mon passé, je ne pouvais pas l’ensevelir et je ne pouvais pas le balayer en dessous d’un tapis », admet Nilan qui a accroché ses patins au terme de la saison 1991-1992. « Afin de passer au travers de ce processus, je devais le confronter et le comprendre avant de continuer d’avancer. Toute l’équipe de production m’a rendu la tâche facile, ils ont agi en professionnel et ça l’a aidé.

« Je suis passé d’une personne qui faisait partie du film à son élément principal », poursuit-il. « J’avais beaucoup de temps libre lorsque j’ai complété mes traitements et ce film m’a donné une opportunité de me tenir occupé. C’était une sorte d’extension de ma thérapie en admettant tout et en étant honnête au sujet de ma situation. »

De sa jeunesse dans un quartier de Boston, en passant par la conquête de la coupe Stanley en 1986 jusqu’à son tumultueux départ de Montréal, Nilan expose dans ce documentaire qu’il avait perdu la passion pour le hockey à un certain point lorsqu’il a été échangé aux Rangers de New York en 1988. Il a connu un certain regain en se joignant à son équipe d’enfance, les Bruins. Quelque temps après, suite à un séjour rocambolesque dans le Massachusetts, il était heureux de pouvoir terminer là où il avait commencé en effectuant un retour avec le Tricolore.

Ayant vécu autant de hauts que de bas sur la patinoire ainsi qu’à l’extérieur, l’Américain aujourd’hui âgé de 54 ans veut maintenant aider son prochain et prend tous les moyens pour y arriver. Spécifiant que sa participation à « The Last Gladiators » n’était pas destinée à eux, il croit toutefois que les actuels joueurs de la LNH bénéficieraient de visionner le documentaire.

Extrait du film "The Last Gladiators"

« Je crois que ce film serait bon pour les joueurs de la LNH pour qu’il puisse comprendre l’histoire et cette facette du sport que certains ne connaissent pas entièrement », reconnaît Nilan qui occupe le neuvième rang dans l’histoire du circuit avec 3 043 minutes de pénalité. « En tant qu’athlètes, c’est facile de négliger les pièges qui peuvent survenir au moment où vous vous en attendez le moins. Ça pourrait être un bon film pour eux pour comprendre cette partie. Mais il démontre aussi que peu importe ce qui arrive dans nos vies, que nous glissons ou que nous tombons par terre, nous avons la capacité de nous remettre sur pied et de continuer d’aller de l’avant.

« Beaucoup d’entre eux m’en ont parlé sur Twitter et en personne », précise-t-il. « Des gars comme Josh Gorges, Colby Armstrong et Brian Gionta ont eu de très bons mots. Monsieur Bergevin a également eu de très bons mots pour moi. J’ai eu beaucoup de réactions positives de la part de gars qui connaissent et comprennent ce rôle et qui ont été longtemps impliqués dans ce sport. C’est bien de les avoir dans mon coin. »

Venant de compléter une tournée promotionnelle au Canada qui l’a fait visiter sept villes en 12 jours, Nilan a pu rencontrer le public d’un océan à l’autre et a constaté que même s’il n’est plus sous les feux de la rampe depuis deux décennies, il a toujours un impact sur les gens et c’est ce qui le motive à continuer à aller de l’avant.

« La réaction du public a été très bonne en réalité. Pour être honnête, je suis surpris à quel point ce fut positif », assure Nilan. « Les gens ont été emballés par le film partout où je suis allé. Ils ont aimé l’aspect hockey et ils ont aimé les histoires personnelles de même que la mienne. »

Hugo Fontaine écrit pour canadiens.com.

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