Ma Coupe Canada : Serge Savard

samedi, 08.09.2012 / 21 h 00 / Canadiens de Montréal - Coupe Canada 1987
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Ma Coupe Canada : Serge Savard

MONTRÉAL – Après avoir représenté le Canada à deux reprises durant sa carrière de joueur, Serge Savard a de nouveau répondu à l’appel de son pays en 1987 en acceptant un rôle différent, mais non moins important.

Quatre ans après avoir accroché ses patins, « le Sénateur » continuait de faire sa marque dans le monde du hockey en tant que directeur général hors pair. C’est donc sans surprise que les dirigeants de Hockey Canada l’ont approché pour bâtir la formation canadienne en vue de la Coupe Canada.

Savard (troisième à partir de la gauche) était l'un des quatre directeurs généraux de l'équipe canadienne.

« Après avoir remporté la coupe Stanley en 1986, on m’avait demandé d’être le directeur général des étoiles à Rendez-vous ’87 et par la suite, on m’avait demandé de me joindre à l’équipe de direction de l’équipe canadienne pour la Coupe Canada », raconte Savard qui était accompagné de Bobby Clarke, Glen Sather et Phil Esposito pour l’occasion. « Dans les deux cas, j’avais emmené avec moi mon entraîneur à Montréal, Jean Perron. »

Contrairement à l’époque où il était une des têtes d’affiche de l’unifolié, Savard se retrouvait maintenant avec la lourde tâche de former une équipe avec plus d’un gros nom à sa disposition.

« C’est sûr que c’était un gros changement comparativement à lorsque j’avais participé à plusieurs événements internationaux au cours de ma carrière de joueur », mentionne Savard qui avait déjà pris part à la Série du siècle de 1972 de même qu’à la Coupe Canada de 1976. « Former une équipe avec plusieurs vedettes était différent, mais c’était très agréable.

« Assembler une équipe avec autant de bons joueurs n’est pas si difficile », témoigne-t-il. « On connaissait la valeur de nos joueurs. J’avais invité plusieurs joueurs au camp que d’autres n’auraient pas choisi. Rick Green était un de ceux-là. Je jugeais qu’il était le meilleur défenseur défensif de la LNH. »

Malheureusement pour Savard, Green n’a pas réussi à se tailler une place au sein de la brigade défensive canadienne qui comptait notamment Raymond Bourque, Paul Coffey et Larry Murphy. Une autre difficile décision l’attendait lorsqu’un certain gardien qui lui a permis de remporter la coupe Stanley la saison précédente était en lice pour l’un des trois postes devant le filet du Canada.

« Devoir retrancher Patrick Roy avait été déchirant pour moi parce que d’après moi, il aurait dû être sur l’équipe », confesse Savard au sujet du lauréat du trophée Conn-Smythe en 1986. « Je suis passé très près de quitter mon poste comme directeur général de l’équipe suite à cette décision.

« De toute façon, Patrick n’aurait pas été le gardien numéro un », rectifie-t-il. « Bobby Clarke et Mike Keenan ont décidé de plutôt garder Ron Hextall et Kelly Hrudey pour seconder Grant Fuhr. »

Cet incident n’a pas été le seul qui est venu marquer le parcours de l’équipe canadienne. Oui, tout fonctionnait sur la glace, mais avec plusieurs fortes personnalités au sein de l’équipe, principalement au niveau des entraîneurs et des dirigeants, certaines divergences d’opinions pouvaient survenir. Spécifiquement lorsque le Canada affronta l’U.R.S.S. en grande finale et que la victoire était la seule option envisageable.

« Au cours du premier match de la finale, j’avais mentionné à Mike Keenan qu’il devrait faire vérifier les bâtons des joueurs russes parce qu’ils étaient tous illégaux », assure Savard qui avait longuement étudié l’adversaire en prélude à la finale. « Il avait été convenu avant la finale que nous allions utiliser les règlements de la LNH, ce qui s’appliquait également aux courbes des bâtons. Keenan a refusé de faire ce que je lui ai dit parce qu’il trouvait que ce n’était pas correct. »

Nous ne saurons jamais si cette décision aurait pu changer le cours de l’histoire, mais les deux formations se sont partagé les honneurs des deux premières rencontres par des pointages identiques de 6 à 5. La table était donc mise pour une ultime rencontre servant à déterminer les grands champions.

Souhaitant la victoire à tout prix tout comme lorsqu’il était joueur, Savard ressentait la pression de gagner. Le Canada faisait face à une machine de hockey formidable et les deux équipes se livraient toute une bataille sur la patinoire. Avec une égalité de 5 à 5 au début du troisième vingt, tout était possible.

« C’était tellement serré comme match que ça aurait pu aller d’un bord comme de l’autre. Nous avions des défenseurs comme Paul Coffey qui marquaient beaucoup de buts, mais qui prenaient beaucoup de chances sur la patinoire et qui auraient pu nous nuire », précise l’ancien défenseur et membre du Temple de la renommée.

« Quand j’ai vu Gretzky et Lemieux se diriger en 2 contre 1 sur la patinoire, je n’avais pas le temps de penser que le match pouvait se terminer là » confie Savard en riant lorsqu’il se remémore du but qui a fait lever les Canadiens d’un océan à l’autre il y a 25 ans. « C’est le grand talent de Mario qui a déterminé l’issue du match. Tu avais les deux meilleurs joueurs de hockey au monde réunis sur la glace, il fallait que ça se termine de cette façon. »

Hugo Fontaine écrit pour canadiens.com.

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