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Ma Coupe Canada : Jean Perron

mardi, 28.08.2012 / 10 h 05 / Canadiens de Montréal - Coupe Canada 1987
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Ma Coupe Canada : Jean Perron

MONTRÉAL – Aux premières loges derrière le banc de l’équipe canadienne, l’ancien entraîneur-chef du Tricolore Jean Perron se remémore son expérience à la Coupe Canada de 1987.

Après avoir remporté la coupe Stanley l’année précédente, dirigé l’équipe d’étoiles de la LNH à Rendez-vous ’87 et guidé les Canadiens jusqu’en finale de conférence au printemps de la même année, Perron a été invité par Hockey Canada à se joindre au personnel d’entraîneurs mené par Mike Keenan.

Diriger certaines des plus grandes vedettes de l’histoire de la LNH pouvait être un mandat important, mais l’entraîneur originaire de Saint-Isidore d’Auckland ne s’en est pas laissé impressionner.

Jean Perron a été un des adjoints à Mike Keenan derrière le banc de l'équipe canadienne lors de la Coupe Canada de 1987.

« Je n’étais pas du tout intimidé par le défi de diriger autant de gros noms à la Coupe Canada puisque j’avais dirigé les meilleurs à Rendez-vous ’87 », explique Perron. « C’est là que j’avais eu ma première expérience avec Wayne Gretzky, Mark Messier, Mario Lemieux et Raymond Bourque. Mais je vais être honnête, j’étais intimidé à Québec lorsque je les avais côtoyés la première fois. Mais ils étaient tous des gars terre-à-terre. »

Avec autant de vedettes à leur disposition, les dirigeants et les entraîneurs ont donc organisé un camp de sélection pour déterminer quels joueurs représenteraient l’unifolié. Tout ce beau monde s’est dirigé vers Banff, en Alberta, pour prendre part à un camp d’une semaine avant de s’envoler vers Terre-Neuve à quelques jours du début de la compétition pour y disputer un match hors-concours. C’est d’ailleurs dans les Maritimes qu’a eu lieu un premier événement qui a rassemblé les troupes avant que ne s’amorcent les hostilités.

« Vers la fin d’une séance d’entraînement, Sylvain Turgeon s’était fait dire par Ron Hextall de baisser un peu ses lancers parce qu’il visait trop près de la tête », explique Perron au sujet de l’ancien porte-couleurs des Whalers et du Tricolore.

« Sylvain a eu l’audace de faire un autre lancer près des oreilles du gardien. Furieux, Hextall est parti à sa poursuite et lui a brisé un poignet avec un coup de bâton. En fin de compte, Turgeon n’a évidemment pas fait l’équipe. »

Si retrancher un joueur comme Turgeon semblait facile, d’autres décisions prises par les dirigeants ont été plus déchirantes. Ils ne pouvaient garder tous ces patineurs et certains d’entre eux voulaient à tout prix représenter leur pays. C’était le cas d’un centre âgé de 22 ans à l’époque qui au fil des années a remporté trois coupes Stanley, a fait son entrée au Temple de la renommée et a assemblé l’équipe qui a remporté l’or aux Jeux olympiques de Vancouver.

« Lorsque nous avions coupé Steve Yzerman, il pleurait comme un bébé », confie Perron lorsqu’il se rappelle d’une des dernières coupures qu’ils ont dû effectuer. « C’est pour cette raison qu’Yzerman ne refusera jamais un poste avec l’équipe nationale de nos jours. Ça lui tient vraiment à cœur.

« Nous avions retranché d’excellents joueurs parce que nous voulions avoir une équipe complète avec différents styles», souligne-t-il. « Nous avions gardé des gars comme Rick Tocchet, Brent Sutter et Claude Lemieux; des gars imposants physiquement et qui défonçaient les bandes. Plusieurs se posaient la question pourquoi nous avions gardé ces gars-là. Nous avions deux excellents premiers trios, mais nous avions besoin de deux autres trios qui viendraient les complémenter. »

Accueillie en héros nationaux partout où elle passait, l’équipe canadienne n’a pas eu trop de difficultés lors du tournoi à la ronde, présentant une fiche de trois victoires et deux matchs nuls au terme des cinq premiers matchs. Toutefois, ce n’était pas l’harmonie totale au sein de la formation. Bien que ses joueurs dominaient leurs adversaires, Mike Keenan poussait continuellement sa troupe. Peut-être un peu trop aux yeux de certains.

Keenan méritant pleinement son surnom de « Iron Mike » pour une raison, les vétérans commençaient à en avoir assez de se faire rabaisser par leur entraîneur-chef. Ils ont donc décidé de passer à l’action.

« À un certain point, les gars n’avaient pas aimé les agissements de Mike. Les joueurs se sont rebellés contre lui et les directeurs généraux de l’équipe, Serge Savard et Bobby Clarke, ont dû s’en mêler », atteste Perron qui soutient qu’avec Keenan, il y a juste une ligne et c’est la ligne droite. « Clarke (qui était le patron de Keenan à Philadelphie) lui a dit de regarder les entraînements à partir des gradins durant deux jours pour empêcher que les joueurs se révoltent davantage.

« Keenan avait donc été éloigné de l’équipe durant quelques jours et c’est moi et John Muckler qui dirigions l’équipe pendant son absence », confirme-t-il. « On dirait qu’à partir de ce moment-là, l’esprit d’équipe s’est davantage forgé et Mike s’est adouci à son retour. »

Avec une formation qui avançait dorénavant dans une seule direction, le Canada a disposé de la Tchécoslovaquie en demi-finale et a obtenu du coup un rendez-vous en finale avec ses grands rivaux de l’U.R.S.S. Une série deux de trois allait déterminer l’équipe championne.

Tirant de l’arrière par trois buts lors du premier duel, Keenan, Perron et le reste des entraîneurs ont convenu qu’il fallait apporter quelques changements s’ils désiraient revenir dans le coup. L’un d’eux allait proposer de réunir deux des plus grands joueurs de l’histoire sur le même trio.

Après avoir étudié le gardien soviétique Sergei Mylnikov, Perron savait que ce serait un jeu d'enfant pour Mario Lemieux de marquer le but de la victoire en finale.

« Nous avions remarqué vers la fin de la ronde préliminaire que Mario Lemieux n’était pas trop à l’aise aux côtés de Mark Messier », s’est souvenu Perron, expliquant que Lemieux avait de la difficulté en évoluant à l’aile. « Keenan a peut-être beaucoup de défauts, mais lorsqu’il est derrière un banc, il n’y a pas grand-chose qui lui échappe.

« Lors de la deuxième période du premier match de la finale face aux Soviétiques, il a décidé de jumeler Wayne Gretzky à Lemieux », divulgue-t-il. « À partir de ce moment-là, les Soviétiques ont été complètement débalancés et ne pouvaient plus les arrêter. »

Les Canadiens ont peut-être échappé le premier match en prolongation, mais le duo Gretzky-Lemieux n’avait pas fini d’en mettre plein la vue. Perron était renversé par le talent de ces deux individus, qui ont d’ailleurs permis à leur équipe de remporter la deuxième rencontre et de pousser la finale à la limite.

Tirant de l’arrière 3 à 0 tôt dans le match ultime, le Canada a comblé le déficit en cours de deuxième période et alors que l’égalité de 5 à 5 persistait toujours en toute fin de troisième période, le duo d’enfer a pris les choses en mains et a amorcé une montée à trois contre un vers le gardien adverse.

« Quand j’ai vu Gretzky passer la rondelle à Lemieux, on savait tout de suite qu’il allait marquer », avoue Perron en se remémorant l’un des plus célèbres buts de l’histoire du hockey. « Pour nous, le gardien soviet, Sergei Mylnikov, était loin d’être redoutable. Nous l’avions beaucoup étudié. C’était donc un jeu d’enfant pour Mario de marquer dans le haut du filet.»

Mission accomplie. « La Merveille » et « Le Magnifique » ont complété les trois rencontres de la finale avec une renversante récolte de cinq buts et 11 mentions d’aide. Tous les membres de l’équipe pouvaient maintenant respirer après avoir surmonté plusieurs embûches jusqu’à cette finale endiablée. Pour sa part, Perron remportait les grands honneurs à un haut niveau pour une troisième fois en l’espace de quelques mois.

« Ça a été un tournoi âprement disputé », de conclure Perron. « C’était un festival offensif à chaque match. Je classerais cette expérience juste derrière la coupe Stanley de 1986. »

Hugo Fontaine écrit pour canadiens.com.

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