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Le dernier mot : Clara Hughes

lundi, 06.08.2012 / 10 h 28 / Canadiens de Montréal - Magazine CANADIENS
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Maintenant que les Jeux de Vancouver font partie du passé, la légendaire patineuse de vitesse canadienne Clara Hughes tire sa révérence pour de bon. Toutefois, cela n’a pas ralenti la sextuple médaillée olympique pour autant. Seule Canadienne à avoir remporté une médaille aux Jeux d’été et aux Jeux d’hiver, Hughes est devenue un icône national et elle incarne bien l’esprit olympique. Nous avons rencontré cette marchande de vitesse, avant qu’elle passe par Ottawa pour y recevoir l’Ordre du Canada, afin de découvrir comment sa passion pour la glace et le Québec a un effet sur ses allégeances dans la LNH.

Tu sembles plus occupée que jamais. Est-ce que tu ne devrais pas pratiquer la pétanque ou le golf maintenant que tu es à la retraite?
Clara Hughes :
(rires) Je dois avouer que je ne joue pas au golf, mais j’aime faire du vélo et courir alors je trouve du temps chaque jour pour sortir et être active. J’ai eu le temps de visiter le pays ces derniers temps pour partager l’esprit olympique et remercier les gens pour l’appui incroyable que nous avons reçu.

Qu’est-ce qui t’a amenée au Québec de Winnipeg? Avoue que la poutine a un attrait irrésistible, non?
CH :
(rires) Non, pas du tout! Je m’entrainais à Bromont comme cycliste et je suis tombée en amour avec la région. Mon mari et moi avons immédiatement été branchés dans la riche culture du Québec. C’est un endroit qui sera notre chez nous pendant bien longtemps.

Comment te débrouilles-tu en français?
CH :
J’ai beaucoup de voisins qui ne parlent que français et il faut croire qu’ils me servent de professeurs (rires). J’ai vraiment travaillé à m’améliorer et j’ai réalisé qu’au Québec, la meilleure façon de démontrer son respect pour les gens est d’essayer de parler français, même si tu ne maîtrises pas la langue à la perfection.

Hughes a reçu toute une ovation de la part des partisans du Centre Bell après avoir remporté le bronze au 5 000 mètres aux Jeux de Vancouver.

En raison de ton origine, on peut croire que tu as été une partisane des Jets?
CH :
Oh oui, j’étais une grande partisane des Jets plus jeune et j’espère toujours que Winnipeg aura son équipe de hockey bientôt!

Est-ce qu’on peut aussi croire que la deuxième équipe dans ton cœur était les Canadiens?
CH :
Je n’ai pas assisté à beaucoup de matchs, mais j’ai quand même vu les Canadiens quelques fois depuis mon arrivée au Québec et c’est vraiment incroyable. Montréal est le centre de l’univers du hockey et j’aime vivre l’expérience d’un match au Centre Bell.

Quand tu étais présente pour le match en mars contre les Bruins et que tu as marché au centre de la patinoire, ce devait être spécial d’entendre son nom scandé par 21 273 personnes à la fois.
CH :
J’étais renversée. Je savais que ce serait spécial, mais quand la foule applaudissait et criait de plus en plus, ça m’a ramené aux Jeux olympiques et à ma course du 5000 m. C’est tellement une longue épreuve et la foule devenait de plus en plus intense dans ses encouragements à mesure que la course se déroulait. C’était comme ça pour moi au match des Canadiens.

Disons que tu as à te mesurer à Brian Gionta sur la patinoire du Centre Bell. On sait que ‘Gio’ se débrouille bien au chapitre de la vitesse alors que ta réputation n’est plus à faire. Qui remporterait une course d’un tour de glace?
CH :
(rires) Il gagnerait probablement le départ, mais si la course s’étirait sur plus de 30 secondes, je crois que je pourrais le rattraper et le battre. J’ai besoin de longues distances et il faudrait s’assurer de devoir tourner à gauche!

Tu es une athlète d’élite en cyclisme et en patinage de vitesse. Peut-on croire que tes choix de sport étaient motivés par une quelconque passion pour les pantalons Spandex?
CH :
(rires) Certainement pas!!! Plus jeune, je n’aurais jamais été attirée par l’un ou l’autre de ces sports, mais à l’adolescence, j’ai vu les Jeux olympiques et j’ai été inspirée par le mouvement du patinage de vitesse et par Gaétan Boucher.

Après les Jeux de Turin, tu as versé le montant boni que tu as reçu pour ta médaille à l’organisme Right to Play. Quelle importance donnes-tu à ton implication auprès d’un programme comme celui-là?
CH :
Pour moi, c’était une énorme inspiration comme athlète de rester branchée dans ce que je crois être la véritable valeur du sport, soit de motiver les jeunes, de leur donner quelque chose de positif et de bâtir leur estime de soi. J’ai voyagé partout dans le monde avec Right to Play pour constater le pouvoir du sport.

Hughes a troqué sa combinaison de patinage de vitesse pour le spandex du cyclisme aux Jeux d'été de 2012 à Londres.

Nous savons que les médailles sont comme des enfants et qu’on ne devrait pas avoir de favoris, mais laquelle de tes médailles t’a procuré le plus de satisfaction?
CH :
C’est la médaille de bronze que je viens de remporter. J’ai gagné l’or il y a quatre ans et j’ai remporté une autre médaille en cyclisme, mais pour moi cette récente médaille représente la course parfaite. Ce fut ma meilleure prestation mentale et physique comme athlète. Pour moi, une médaille n’a pas de couleur autre que la couleur de l’excellence.

Qu’est-ce que cela signifiait pour toi de disputer les Jeux de 2010 chez nous au Canada?
CH :
C’était l’expérience d’une vie. C’est une grande partie de ce qui m’a permis de me présenter à la ligne de départ prête mentalement et physiquement. Je me sentais comme si j’avais des ailes sous les pieds. Je n’oublierai jamais ces 17 jours de toute ma vie.

Suivez Clara en ligne et aidez-la à supporter les jeunes athlètes à travers le pays sur son site Internet, www.clara-hughes.com.

Cet article, écrit par Shauna Denis, est publié dans le numéro 24.5 du magazine CANADIENS.