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Le dernier mot : Don King

mercredi, 27.06.2012 / 11 h 45 / Canadiens de Montréal - Magazine CANADIENS
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Le dernier mot : Don King

Il est difficile de penser à la boxe sans visualiser le promoteur aux airs poétiques Don King. Personnage coloré qui n’a jamais eu peur de la controverse pour arriver à ses fins, le légendaire promoteur en a fait la preuve à maintes reprises à l’occasion de certains des plus grands combats de l’histoire, dont le « Rumble in the Jungle » et le « Thrilla in Manilla ». Lorsque nous avons entendu dire que l’exubérant homme d’affaires de 80 ans serait au Centre Bell pour promouvoir le combat entre Jean Pascal et Tavoris Cloud, nous l’avons rencontré pour découvrir quel est le secret de ses succès. Inutile de dire que quelques questions ont fait du chemin…

Vous avez organisé d’importants combats partout sur la planète. Où classeriez- vous Montréal sur la scène de la boxe internationale?
DON KING :
Je crois que Montréal se trouve dans les très, très hauts échelons en raison de l’honneur, de l’intégrité et de l’engagement que cette ville dégage. Les gens ici veulent voir de bons combats, peu importe qui est sur la carte. Ça ne dérange pas qu’il y ait un gars local, le public ne veut pas de lui pour ça, mais parce qu’il est le meilleur. J’en ai eu la preuve il y a plusieurs années lorsque Roberto Duran et Sugar Ray Leonard se sont battus au Stade olympique et lorsque nous sommes revenus à l’occasion du combat Joachim Alcine-Daniel Santos au Stade Uniprix. Cette ville ne fait que le démontrer une fois après l’autre. Je suis très fier d’être à Montréal. J’aime les gens ici et je crois que cette ville doit être promue comme toutes les autres au Canada. Je voudrais donner à tout le monde ici une tape dans le dos et faisons de cet événement quelque chose de super sensationnel pour que nous puissions promouvoir Montréal et faire découvrir cette ville au monde entier. Faisons-le avec des gestes plutôt qu’avec des paroles.

Y a-t-il quelque chose de cette ville qui vous fait vouloir revenir à chaque fois?
DK :
Effectivement oui! C’est une ville si charmante, pour ne pas mentionner les belles fleurs que vous avez ici, ces jolies demoiselles. (rires) Vous avez des gens ici, des hommes qui se sont levés au tout début lorsqu’ils faisaient la traite de la fourrure le long du Saint-Laurent. Toutes ces choses ajoutent à l’attrait et à l’élégance de cette grande ville.

Ami de longue date du propriétaire des Alouettes, King croit que les Canadiens doivent s'inspirer d'eux et tout faire pour ramener la coupe Stanley à Montréal.

Vous avez été le plus grand promoteur de boxe au monde pendant plusieurs décennies. Selon vous, que pourrait faire la LNH pour augmenter son bassin de partisans?
DK :
La LNH doit adopter la mentalité qu’il ne faut jamais désespérer. La Ligue ne doit penser qu’à la victoire, elle ne peut rien concéder, elle ne peut pas baisser les bras et elle ne peut pas abandonner. Elle doit s’attaquer à tout pour faire avancer les choses, pour rendre les choses à sa façon. La même chose est arrivé à un de mes amis qui est comme un frère pour moi, Bob Wetenhall, qui possède les Alouettes de Montréal. Cet homme en a parcouru du chemin, mais il a remporté la coupe Grey à quelques reprises et il la remportera probalement encore cette année. Un peu comme les Canadiens. Ils doivent tout faire pour gagner de nouveau la coupe. Montréal est en ascension, rien ne peut l’arrêter. Mais si la LNH a besoin d’aide, n’oubliez pas de m’appeler. On est là pour gagner !

Sean Avery a déjà dit que la LNH devrait mettre en valeur ses joueurs comme des héros face aux méchants. À quel point les personnalités des boxeurs jouent un grand rôle lorsque vient le temps de promouvoir un combat de boxe?
DK :
Les personnalités jouent pour beaucoup. Jean Pascal a été très éloquent lors de la conférence de presse. C’est pour ça que j’avais déjà dit que je voudrais faire de lui une vedette du cinéma! Quand vous passez à travers le tonnerre, et le tonnerre vous secoue comme un tsunami, lorsque cette tempête s’assagira, je vais le dépoussiérer, le nettoyer, lui mettre une belle robe et lui faire jouer du Shakespeare ou quelque chose du genre. (rires)

Le combat entre Jean Pascal et Tavoris « Thunder » Cloud sera l’un des plus grands événements de boxe jamais organisés à Montréal. Pensez-vous que c’est l’équivalent pour Montréal du Zaïre lorsqu’il a présenté le « Rumble in the Jungle »?
DK :
Je placerais ce combat parmi les dix meilleurs dans l’histoire. S’ils peuvent imiter ce que Duran et Leonard ont fait ici il y a 20 ans, tout le monde à travers le monde en parlera. Ils doivent se battre aussi bien que Jean Pascal parle et aussi bien que « Thunder » Cloud éclate. J’ai hâte d’entendre Jean Pascal dire : « L’âge ne peut la flétrir, ni l’habitude épuiser l’infinie variété de ses appas. » C’est ce que Marc Antoine a dit à Cléopâtre le long du Nil dans la pièce Antoine et Cléopâtre de Shakespeare. C’est pour ça que je vais vouloir lui mettre une belle robe et lui faire jouer ce rôle. Parce que lorsque « Thunder » viendra ici, vous assisterez à une guerre.

King croit que le combat qui opposera Tavoris "Thunder" Cloud à Jean Pascal pourrait devenir l'un des meilleurs de l'histoire. (Tom Casino / Showtime)

Selon vous, beaucoup de choses ne surviennent « seulement qu’aux États-Unis ». Y a-t-il des choses que vous avez remarqué qui se passent « seulement au Canada »?
DK :
Vous savez, quand vous dites « seulement aux États-Unis », vous parlez de liberté, de justice et d’équité. Nous n’avons pas encore tout obtenu jusqu’à présent, mais nous nous battons pour y arriver. Vous pouvez aussi dire « seulement au Canada » parce que le Canada, comme vous le savez, était un passage échappatoire pour les esclaves auparavant. Un peu comme l’a fait Jackie Robinson à Montréal il y a plusieurs années. Lorsque vous dites « seulement au Canada », ces deux expressions sont symboliques d’une personne qui obtient une opportunité et qui a la volonté de se lever et de dire : « Je ne vais pas me laisser faire, donnez-moi la liberté. ».

Pour plus d’informations sur le combat opposant Jean Pascal à Tavoris Cloud présenté le 11 août 2012 au Centre Bell, dirigez-vous au evenko.ca. Pour découvrir les différents projets de Don, dirigez-vous au donking.com.

Cet article, écrit par Hugo Fontaine, est publié dans le numéro 26.5 du magazine CANADIENS.

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