Première journée au boulot

mercredi, 02.05.2012 / 17 h 00 / Canadiens de Montréal - Nouvelles
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Premi\u00E8re journ\u00E9e au boulot

BROSSARD – Geoff Molson a trouvé son homme.

C’est dans une salle comptant des dizaines de journalistes, caméramans et photographes que le propriétaire du Tricolore a présenté son nouveau directeur général.

«Nous procédons à la première étape dans la création d’une culture gagnante », a lancé d’entrée de jeu Geoff Molson, alors qu’il présentait son nouvel homme de confiance, Marc Bergevin, dont l’embauche a nécessité plus d’un mois d’entrevue. «Nous cherchions quelqu’un possédant de fortes qualités de leadership, de communication et surtout désirant gagner. Nous avons trouvé cette personne, Marc Bergevin.»

Déclics d’appareils photo.

Conférence de presse

«C’est ma première journée», a rappelé le nouveau directeur général des Canadiens, qui ne s’est toutefois pas défilé devant aucune question, lorsque bombardé par la mer de journalistes présents.

«J’ai joué mon hockey mineur avec les Hurricanes de Ville-Émard. J’ai été voir des parades de la coupe Stanley sur la rue Ste-Catherine quand j’étais jeune », a admis Bergevin qui a quitté le Québec à l’âge de 19 ans pour poursuivre sa carrière professionnelle aux États-Unis. «Les Canadiens de Montréal, ce sont les Canadiens de Montréal. C’est certain que je suis émotif. J’ai quitté en 1984, mais le Tricolore, c’est moi. J’avais une petite « puck » de hockey des Canadiens. Je suis fier et ému.»

Loin de Montréal, Bergevin a roulé sa bosse, disputant un total de 1 191 matchs dans la LNH, cumulant du même coup 20 saisons d’expérience, réparties sur huit équipes différentes.

«Peut-être que j’oublie des équipes. Je ne sais pas. Mes valises étaient toujours une équipe en arrière », a lancé Bergevin à la blague. «Durant toutes ces années, j’ai appris des choses, bonnes comme mauvaises. Les expériences de vie, c’est quand tu es dedans que tu les vis le plus. Je suis content d’être ici à Montréal pour continuer à bâtir une organisation qui va poursuivre la tradition qu’il y a eu ici pendant des années.»

Pendant que plusieurs parlent de reconstruction lorsqu’il est question de l’avenir du Tricolore, le nouveau directeur général croit que la plupart des briques sont là et qu’il ne suffit que de les agencer correctement, tout en en remplaçant certaines.

«Il y a vraiment un bon noyau de joueurs ici. Si on rebâtit quelque chose, on repart de zéro. Ici, je crois que nous avons de bons morceaux en place. C’est certain que de finir au dernier rang, ça démontre qu’il y a du travail à faire, mais les fondations sont là», a expliqué Bergevin, ajoutant du même coup que les contrats de joueurs comme P.K. Subban ou encore Carey Price seront à l’ordre du jour plus tôt que tard. «Quand je parle de fondations, je parle notamment de Carey Price. À 25 ans, il est un des meilleurs gardiens de la LNH. Si tu as un gardien comme Carey Price, tu as une longueur d’avance.»

Lorsqu’il est question du reste de sa liste d’épicerie pour la création d’une équipe gagnante, Bergevin s’attirerait des félicitations de beaucoup de nutritionnistes en affirmant que la variété est la clé du succès.

«Pour connaître du succès dans la LNH, tu as besoin d’un mélange de joueurs, tu ne peux pas seulement avoir un seul type de joueur. Quand je jouais, je n’étais pas le meilleur, mais j’apportais quelque chose à la table. Je crois que tout le monde doit apporter quelque chose à la table», a renchéri l’ancien défenseur qui a passé les sept dernières années dans les bureaux des Blackhawks de Chicago, passant de dépisteur à adjoint au directeur général. « La mentalité d’équipe doit passer d’abord. Tu peux avoir du talent à revendre, mais si tu ne mets pas l’équipe au devant, tu ne gagneras pas. C’est une chose que je n’accepterai pas. Il faut mettre l’équipe au devant.»

Quelques heures après son entrée en poste, Marc Bergevin assure qu’il ne fera pas table rase lorsqu’il est question du personnel hockey. Larry Carrière demeurera en poste à titre d’adjoint et Trevor Timmins sera à la table lors du repêchage les 22 et 23 juin, à Pittsburgh. Le seul mouvement perceptible immédiatement est celui impliquant Randy Cunneyworth.

«J’ai parlé avec Randy et je lui ai expliqué que ma vision était de le remettre à sa position d’entraîneur adjoint et de laisser au prochain entraîneur-chef le soin de décider des adjoints qu’il mettra en place », a assuré Bergevin.

Bien sûr, le point de presse du nouveau directeur général des Canadiens n’aurait pas été complet sans une question touchant la langue de Molière et la présence de joueurs francophones au sein de l’organisation.

«Ça ne fait aucun doute que c’est important pour moi. Les joueurs du Québec sont dans notre cour », s’est exprimé le natif de Pointe St-Charles qui n’a pas caché son désir d’affecter plus de dépisteurs au niveau de la LHJMQ. «Ma vision est de mettre le personnel nécessaire en place pour s’assurer que des gars du Québec ne nous passent pas sous le nez. Il y a de bons Québécois dans la LNH et on va faire tout en notre possible pour ne pas les rater.»

C’est donc sans détour que Bergevin s’est présenté à la presse montréalaise, ce qui représente bien qui il est, de son propre aveu.

«Je sais ce que j’ai à faire, je l’ai vécu et je vais m’entourer de gens qui vont m’aider à prendre de bonnes décisions. Je pense que d’être fin et honnête est la meilleure façon de travailler. Je parle du cœur, je dis ce que je pense et on va y aller à partir de là», a expliqué celui qui installera dès que possible ses pénates dans la métropole. «Je suis moi-même. Ce que vous voyez, c’est ce que vous avez. Mon travail ici est de rendre cette équipe meilleure chaque jour et c’est ce que je vais faire à partir de maintenant. »

Vincent Cauchy écrit pour canadiens.com.

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