Au 81e ciel

mercredi, 04.01.2012 / 23 h 59 / Canadiens de Montréal - Nouvelles
canadiens.com
X
Partagez avec vos amis


Au 81e ciel

MONTRÉAL – Lars Eller semble avoir un faible pour la chanson « L’Oreille ».

Ayant pris le blâme pour le revers des Canadiens samedi dernier en Floride en tombée de rideau de l’année 2011, le jeune Danois a amorcé l’année 2012 en grandes pompes en connaissant le match de sa carrière mercredi contre les Jets.

Tandis que les 21 273 présents au Centre Bell ont été surpris d’entendre l’ancienne chanson de but des Canadiens lorsque Josh Gorges a fait scintiller la lumière rouge à 13:24 en première période, Eller a été impatient de l’entendre de nouveau, déliant les cordages 43 secondes plus tard pour faire vibrer l’amphithéâtre pour la première fois de la soirée, première de quatre fois.

« J’avais un bon sentiment lorsque j’ai marqué le premier but, mais je ne m’attendais pas à en marquer quatre », a indiqué Eller qui a du même coup enregistré son premier tour du chapeau chez les professionnels. « Nous avons connu un mauvais départ avec un but sur notre première présence, mais nous avons connu une bonne séquence par la suite. Je me sentais bien. Tout notre trio se sentait bien. »

Lars Eller remercie ses partisans

Se sentir bien? Nous l’espérons. Après avoir obtenu une mention d’aide en début de deuxième période sur le premier filet de Tomas Kaberle dans l’uniforme bleu-blanc-rouge, le rouleau compresseur surnommé Larry a poursuivi son travail de démolition de la défensive des Jets en troisième période.

Après avoir donné les devants 4 à 2 aux Canadiens à 2:41, Eller, quelques instants après que Michael Cammalleri ait donné un coussin de trois buts aux locaux à 3:03, a semé la frénésie dans la foule 28 secondes plus tard en complétant son tour du chapeau, provoquant du même coup une avalanche de casquettes sur la patinoire.

« Les partisans n'en n’ont pas eu pour leur argent pour la majeure partie de la saison », a poursuivi Eller, à propos de la fiche de six victoires en 19 matchs des Canadiens à domicile cette saison. « C’est une nouvelle année, un nouveau chapitre et j’espère que nous verrons d’autres soirées comme celle-ci. »

La soirée du numéro 81 des Canadiens était loin d’être terminée. Il avait réservé le meilleur pour la fin, s’assurant que ses partisans en aient, justement, pour leur argent en signant une véritable pièce d’anthologie que les meilleurs scénarios hollywoodiens n’auraient su écrire.

Accroché par le défenseur des Jets Ron Hainsey, Eller s’est vu octroyer un tir de punition. Alors qu’il aurait pu se contenter d’un simple tir vif du poignet, l’attaquant de 22 ans y est allé de sa plus belle manœuvre, un spin-o-rama, aux dépens de Chris Mason, qui venait d’être lancé dans la mêlée en remplacement d’Ondrej Pavelec.. Le résultat : son quatrième but de la soirée. La cerise sur le sundae, quoi.

« J’aurais probablement fait cette manœuvre de toute façon », a admis Eller, avant de confier qu’il n’avait pas inscrit quatre buts dans un match depuis l’âge de 10 ans. « J’ai vu beaucoup de gars lancer cette année et la plupart du temps, la rondelle n’est pas allée au fond du filet. Le match était dans la poche, il n’y avait rien à perdre alors le temps était bien choisi pour l’essayer. »

Cette soirée de rêve, Eller n’aurait pas pu la connaître sans ses compagnons de trio Andrei Kostitsyn et Travis Moen.

« Si tu regardes le troisième but ou la passe qui a mené au tir de punition, Andrei produit des choses sur la glace. Il est un joueur extraordinaire. J’étais simplement à la bonne place au bon moment. Il y a quelques fois où il fait tout le travail. La même chose pour Travis . Je me considère chanceux de jouer avec ces deux gars-là. Ils créent beaucoup d’espace pour moi », a clamé Eller qui, avec désormais 17 points à sa fiche, a égalé son total de l’an dernier dès son 37e match.

Avec cette soirée de quatre buts et cinq points, Eller a forcé tous les journalistes à plonger dans leurs livres d’histoire, ou se précipiter sur Google selon l’approche, pour tenter de trouver qui avait été le dernier joueur des Canadiens à inscrire quatre buts dans un même match à domicile. La réponse : Brian Bellows le 27 février 1993 contre les Sabres de Buffalo.

« Qui? », a demandé Eller, tout sourire, lui qui n’était âgé que de trois ans lorsque Bellows avait réalisé ce tour de force au Forum.

« C’est quelque chose », a poursuivi Eller, flottant toujours sur un nuage. « De réaliser ceci dans cet amphithéâtre en plus. Une soirée comme celle-là ne se représentera peut-être jamais. Je vais pleinement apprécier cette soirée.»

Sélectionné, sans grande surprise, à titre de première étoile de la rencontre, il a savouré ce moment jusqu’à la toute fin. Après avoir lancé trois rondelles dans les gradins comme il en est désormais la coutume pour le joueur du match, Eller est demeuré sur la glace quelques instants supplémentaires alors qu’il a invité les partisans, tous debout et l’acclamant à tout rompre, d’être encore plus bruyants, ce qu’ils ont fait.

« Je ressentais cette sensation incroyable », de conclure Eller. « Les mots me manquent. Ça va probablement jamais se reproduire. Tu veux en profiter autant que possible pendant que tu es là. C’est ce à quoi tu rêves de connaitre un match comme celui-là. »

Alexandre Harvey écrit pour canadiens.com.

VOIR AUSSI :
Sommaire
Faits saillants
Centrale du Championnat mondial de hockey junior