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Magazine Canadiens

Le dernier mot : Pedro Martinez

mercredi, 31.08.2011 / 14 h 50 / Canadiens de Montréal - Magazine CANADIENS
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Le dernier mot : Pedro Martinez
Jeune joueur flamboyant à son arrivée à Montréal, il a quitté la ville en tant que légende qui allait devenir l’un des lanceurs les plus dominants de l’histoire du baseball. Seul artilleur des Expos à avoir remporté le trophée Cy-Young, Pedro Martinez a utilisé sa balle rapide pour terroriser les frappeurs adverses durant 18 saisons. N’ayant jamais eu la langue dans sa poche, nous nous sommes assis avec le futur membre du Temple de la renommée de 39 ans pour découvrir quelle place occupe Montréal dans son cœur.


Que ressens-tu lorsque tu reviens à Montréal ?

PEDRO MARTINEZ : C’est chez moi ici. C’est comme si je revenais à la maison. Je n’ai rien oublié de cette ville et c’est comme si je n’étais jamais parti.

Qu’est-ce qui te manque le plus de la métropole ?
PM : À quel point c’est un endroit paisible et qu’il est si bon de vivre à Montréal. Il est tellement facile de bien s’entendre avec les gens que l’on croise dans la rue. C’est un endroit tellement spécial.

Quels étaient tes endroits de prédilections à Montréal à l’époque ?
PM : Quelques restaurants c’est certain. Montréal en compte plusieurs excellents. Je me fais toujours un devoir d’aller au Piment Rouge, leur poulet Général Tao est incroyable. Pour un bon steak je vais chez Moishes et pour de l’italien, j’arrête à La Campagnola. À chacune de mes visites, bien manger n’est jamais un problème. (rires)

Es-tu devenu un partisan de hockey lors de ton passage à Montréal ?
PM : Je suis un partisan des Canadiens depuis longtemps et le fait qu’ils gagnent toujours
lorsque j’assiste à un match en personne aide beaucoup !

Encore aujourd'hui, Pedro se souvient des performances d'antan de José Théodore
De quel joueur te souviens-tu le plus des matchs auxquels tu étais présent ?
PM : Je me souviens du gardien… José Théodore. Il était bon et donnait une chance à son équipe de gagner à chaque soir.

Tu as pris le temps de saluer les partisans des Expos lorsque le départ de l’équipe a été annoncé. Qu’est-ce que cet événement signifiait pour toi personnellement?
P.M. :
J’étais très triste lorsque c’est devenu officiel. Pour être très honnête, l’une des raisons pour lesquelles je suis revenu dans la Ligue nationale en 2005 est que je voulais avoir la chance de jouer au Stade olympique. Je n’en ai malheureusement jamais eu l’occasion. J’étais tellement triste que je suis presque revenu sur ma décision de retourner dans la Nationale après cela.

Penses-tu qu’un stade extérieur au centre-ville aurait fait une différence pour les
Expos? Aurait-il pu sauver l’équipe?
PM :
Je crois sincèrement que oui. Les partisans d’ici sont tellement passionnés et sont des connaisseurs. De plus, nous étions si confortables ici qu’aucun d’entre nous ne voulait partir. Selon moi, non seulement cela aurait pu fonctionner ici, mais cela pourrait encore marcher aujourd’hui. Si nous avions pu faire ce que les Canadiens ont fait du côté de la promotion du hockey et du support envers l’équipe, tout aurait été possible. Nous aurions eu notre stade au centre-ville et les partisans auraient toujours leurs Expos, ou leurs « Amours » comme ils nous appelaient.

Tu as remporté la Série mondiale avec les Red Sox en 2004, mais quelle a été la meilleure équipe dont tu as fait partie : celle-là ou les Expos de 1994?
PM :
Ce sont deux très bonnes équipes. Nous avions une fiche de 74-40 à Montréal avant la grève, qui peut l’oublier ? Ce que je peux vous dire sans hésitation est que notre édition des Expos aurait probablement remporté deux, trois ou peut-être même quatre Séries mondiales d’affilées. Nous étions bons à ce point-là et nous savions que nous pouvions battre n’importe qui.

Gardes-tu contact avec certains de tes anciens coéquipiers chez les Expos?
PM
: Je suis encore proche de plusieurs d’entre eux : Vladdy Guerrero, Oogie (Ugueth) Urbina, Jose Paniagua, Moises Alou et quelques autres. Je vois aussi Marquis Grissom et Cliff Floyd souvent.

Deux icônes de l'histoire du baseball à Montréal: Pedro Martinez et Felipe Alou.
Est-ce que Felipe Alou a été le meilleur gérant pour lequel tu as joué?
PM :
Oui, de loin. Il est un grand homme et il est la personne qui a eu le plus grand impact sur moi. Non seulement comme joueur, mais surtout comme être humain. Il était le meilleur de sa profession et le baseball s’ennuie de Felipe c’est certain.

Le bruit le plus agaçant du Stade olympique : le claquement des sièges vides ou le son cacophonique des trompettes ?
PM :
(rires) Les sièges. C’était affreux. Ça nous rappelait que les gradins étaient vides.


Existe-t-il une meilleure mascotte que Youppi!?
PM :
C’est une question difficile. Youppi! et moi sommes très proches, mais je dois y aller avec le Phillie Phanatic. Par contre, il ne sera jamais aussi gentil que Youppi!

Des rumeurs avançaient que tu penserais effectuer un retour au jeu. Est-ce vrai?
PM :
Je penche davantage vers la retraite. Je commence à apprécier de plus en plus le fait d’être à la maison. Avoir la chance de voir ma famille réunie accentue mon désir de demeurer chez moi.

Les partisans des Yankees ont toujours réservé des accueils "chaleureux" à Pedro
Apprécies-tu la vie de retraité? As-tu des projets importants de prévus pour tes vieux jours?
PM :
Je pense que oui. (rires) Mon premier objectif est de partir pour de longues vacances avec toute ma famille. Ce qui pourrait compliquer les choses est que nous vivons tous loin des autres. Je devrai tenter de tous les rassembler avant tout.

Ton nom sera bientôt sur le bulletin de vote du Temple de la renommée. Si l’on t’offrait le choix, quelle casquette préfèrerais-tu porter lors de ton entrée à Cooperstown?
PM :
J’y pensais justement récemment et je serais tout aussi heureux d’y entrer en tant que membre des Red Sox que des Expos. Ce serait important pour moi et pour les partisans montréalais puisqu’ils ont tant perdu. Mais c’est le baseball majeur qui décidera et je suis pas mal certain que ce sera avec une casquette de Boston.

À quel point la rivalité Yankees/Red Sox est-elle intense ?
PM :
Les journalistes empiraient les choses, mais l’intensité lors de nos duels était si élevée que cela a atteint un tout autre niveau. On dirait que nous nous détestions vraiment, n’est-ce pas?

Les Yankees sont-ils toujours « Ton Papa »?
PM :
À vous de me le dire! Tout ce que je sais c’est que je suis le seul lanceur à avoir retiré 17 frappeurs des Yankees sur des prises au Yankee Stadium. Ils auraient dû écrire le mot « Daddy » à quelque part dans le stade en mon honneur avant de le démolir.

Comment te sentais-tu lorsque tu t’es emparé de la tête chauve de Don Zimmer avec tes mains nues au cours des séries de championnats de 2004 ?
PM :
Je peux en rire maintenant, mais c’était une erreur. Une erreur de sa part pour s’être rué vers moi comme il l’a fait et je n’ai fait que me défendre. Si je pouvais remonter dans le temps, j’aurais couru sur le terrain pour qu’il me prenne en chasse. Alors ça, ça aurait été très drôle.

Bien qu'il en rit maintenant, Pedro aurait fait les choses différemment lorsque Don Zimmer l'a assailli.
Pour quel lanceur actuel Pedro Martinez paierait pour le voir à l’œuvre?
PM :
Roy Halladay. Sans hésitation. Il est celui que vous voulez voir lancer à chacune de ses sorties.

D’après toi, qui remportera la Série mondiale?
PM :
Avec tout le talent qu’ils ont, je me dois de choisir les Phillies et les Red Sox et pas parce que j’ai évolué pour ces deux équipes. (rires) Mais gardez un œil sur Milwaukee, ils pourraient en surprendre plus d’un.

Qu’as-tu ressenti lorsque ton portrait est venu rejoindre un club sélect de peintures de joueurs de baseball du National Portrait Gallery au Smithsonian Institution?
PM :
C’était un moment très spécial et cela m’a beaucoup touché. Je me suis mis à penser à mon père et je suis certain qu’il m’observait d’en haut et qu’il souriait.

Quel était ton véritable poids lorsque tu es passé des Dodgers aux Expos en 1993 ?
PM
: Je n’étais pas lourd. Jetez un coup d’oeil aux photos ! (rires)

T’ennuies-tu des bouclettes que tu avais sur la tête lors de tes premières années à Montréal?
PM
: Je n’ai pas à m’en ennuyer. Je pourrais les refaire si j’en avais envie. J’ai encore mon afro, ne vous inquiétez pas pour ça. (rires)

Pour un aperçu complet des statistiques qu’a compilées Pedro au cours de sa légendaire carrière, dirigez-vous au mlb.com/team/player.jsp?player_id=118377, ou visitez le fr.wikipedia.org/wiki/Pedro_Martinez pour lire sa biographie.


Cet article, écrit par Manny Almela, est publié dans le numéro 25.6 du magazine CANADIENS.


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