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Magazine Canadiens

Le dernier mot: Viggo Mortensen

mardi, 08.12.2009 / 10 h 00 / Canadiens de Montréal - Magazine CANADIENS
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Le dernier mot: Viggo Mortensen
Viggo Mortensen avec Guy Lafleur le 4 décembre 2009
Même les vedettes de cinéma ne sont pas immunisées contre la passion pour le
bleu-blanc-rouge. Mieux connu dans son rôle d’Aragorn dans la trilogie du Seigneur des Anneaux, Viggo Mortensen, esprit universel des temps modernes, maîtrise les beaux-arts?: ceux de la scène, le chant, la peinture et encourager ses Canadiens. Nous avons discuté avec l’acteur en nomination pour l’Oscar du meilleur acteur en 2008 pendant une pause lors de sa tournée de promotion du nouveau film The Road, pour en apprendre plus sur la façon dont il est devenu un des plus grands partisans du Tricolore à Hollywood.
 
Comment un jeune né à New York et élevé en Argentine et au Danemark est-il devenu partisan du Tricolore?

Viggo Mortensen: J’ai grandi en regardant le soccer à la télé et j’aime toujours ce sport. Quand j’ai déménagé dans le nord de l’État de New York en 1970, nous n’avions pas Internet ni le câble. Je regardais les matchs des Canadiens à Radio-Canada et c’est ainsi que j’ai commencé à apprendre le français. Regarder Montréal jouer au début des années 1970 a été le moment où j’ai commencé à apprendre le hockey. Mon joueur favori a toujours été Guy Lafleur.

À quel point es-tu partisan des Canadiens?

V. M. : Je suis un très grand partisan, et ce, depuis le début des années 1970. Outre le fait que c’était tellement une bonne équipe, elle possédait un style hors du commun. Lafleur, Bob Gainey puis Guy Lapointe, Serge Savard, Larry Robinson, Yvan Cournoyer, Steve Shutt et tous les autres à la fin de cette décennie nous en offraient tellement sur la patinoire. On pouvait composer n’importe quelle formation de ces grandes légendes à n’importe quel moment et elle aurait gagné. Ce club profitait tellement de sa profondeur. Ce sont surtout les partisans qui m’ont subjugué. La façon qu’ils s’impliquaient me rappelait les partisans de mon club de soccer à San Lorenzo. Il existe un esprit et une tradition qui accompagne ce type d’histoire glorieuse. Je crois que c’est facile d’être accroc comme partisan puisque Montréal a connu tellement de succès, mais l’équipe est quand même soutenue par des partisans passionnés qui ne perdront pas leur fougue, peu importe ce qui se passe.


As-tu pratiqué le hockey plus jeune?

V.M. : Non, je suis certain qu’il y a quelqu’un quelque part qui pratique ce sport en Amérique du Sud, mais je n’ai jamais vraiment été exposé au hockey sur glace durant mon enfance. C’est à la fin de mon adolescence que j’ai rencontré et adopté ce sport comme partisan.

Tu n’es pas un partisan qui suit simplement les modes. Ne t’es-tu pas présenté sur le plateau de « Histoire de violence » à Toronto avec un chandail des Canadiens?


V. M. : (rires) Oui, je le portais tout le temps. Je me suis fait achaler au début parce que David Cronenberg et toute son équipe sont basés à Toronto et ils sont donc de très grands partisans des Leafs. Ils ont été corrects, mais je me suis assuré de le porter souvent sur le plateau.

Nous avons entendu parler d’une rumeur qu’Aragorn était aussi un partisan du Tricolore. As-tu vraiment porté un chandail des Canadiens sous ton armure durant le tournage de la trilogie du Seigneur des Anneaux? 


V. M. : Certainement et je l’ai mis assez souvent. Je cherche toujours si le chandail paraît à l’écran, mais je n’ai jamais pu le voir. Dans “The Road”, vous le verrez à quelques occasions. Il ressort parce que c’est un film très terne au chapitre des couleurs alors vous le verrez.


Est-ce que c’est une bénédiction ou une malédiction d’être surtout reconnu pour ton rôle dans cette trilogie épique?


V. M. : Je n’ai pas de problème avec cela. Je n’aurais pas eu l’occasion de travailler avec David Cronenberg si « Le Seigneur des Anneaux » n’avait pas été un succès. Même si David voulait que je joue dans « Une histoire de violence », je n’aurais pas eu la chance si je n’avais pas si bien fait dans la trilogie et je serai toujours reconnaissant pour cela. Sans compter que je n’aurais jamais pu narguer autant de partisans des Leafs à la fois sur le plateau et plus tard au Festival international du film de Toronto. (rires)


On dit que tu es un acteur très engagé dans tes rôles. Est-ce que tu apportais vraiment ton épée avec toi en dehors du plateau? 

V.M. : (rires) Cette histoire a été prise un peu hors contexte et a été très exagérée. Ce qui s’est vraiment produit c’est que j’ai signé mon contrat pour le Seigneur des Anneaux sur le tard – le tournage était déjà entamé – et j’ai eu le droit d’apporter mon épée à la maison et de m’entraîner chez moi. Je ne courais pas dans la forêt, comme j’ai pu le lire à certains endroits.

Explique comment tu as fait appel au Alex Kovalev en toi dans ta préparation pour le rôle du mafieux russe dans « Promesses de l’ombre »?


V. M. : (rires) J’ai fait appel à lui et à quelques autres aussi. C’était davantage son attitude très calme et son langage corporel que j’ai tenté de reproduire, mais c’était un personnage tellement complexe. Je suis allé passer du temps en Russie, apprenant en interagissant là-bas, mais j’aime la façon dont Kovalev se comporte.

Tu as obtenu ta première nomination aux Oscars pour ton rôle dans ce film. Quelle était l’importance de ce moment pour toi?


V. M. : C’était assez bizarre, un peu comme un grand cirque, mais c’était aussi un grand honneur. Tu ne peux jamais dire si ça se reproduira au cours de ta carrière. Je me suis dit que ce serait peut-être la dernière fois que je me rendais à cet endroit alors je voulais simplement avoir du plaisir. J’y ai amené ma nièce et c’était plaisant de voir tout ce qui se passait à travers ses yeux. J’ai trouvé étrange d’y voir autant de visages longs ou qui étaient dévastés de ne pas avoir gagné. La vie est trop courte pour cela.

Étant toi-même père, combien était-il plus facile de préparer ton rôle de père prêt à tout pour protéger ton fils dans « The Road »?


V. M. : Ce fut certainement utile. Il faut se rappeler à propos du film « The Road », que les gens connaissent le livre de Cormac McCarthy et il est très important pour eux alors tout le monde est plongé dans l’univers du film. C’était presque comme de jouer en direct. Il y a toujours une pression dans une situation comme celle-là, mais je me mets plus de pression sur moi-même que sur quiconque parce qu’en fin de compte, je veux savoir au fond de moi que j’ai mérité ma chance de jouer ce rôle. L’histoire dans « The Road » est aussi très dure sur le plan mental et émotif, plus encore que sur le plan physique. C’est une magnifique histoire, très émotive, et même quand nous tournions, c’était très émotif.

On raconte que tu parles couramment l’espagnol, le danois et l’anglais et que tu te débrouilles très bien en français, en suédois, en italien et en norvégien. Laquelle de ces langues est la meilleure pour draguer les femmes?


V. M. : (rires) Je n’en ai aucune idée! Je sais simplement qu’il est plus facile de communiquer avec les gens si tu peux parler plus d’une langue.

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Tu as utilisé ces langues à bon escient comme interprète pour te retrouver au fameux match de la demi-finale du tournoi olympique de hockey de 1980 entre les États-Unis et l’Union soviétique. Comment as-tu vécu d’être présent à ce match comme New Yorkais et comme partisan de hockey?

V. M. : C’était une expérience à la fois incroyable, surprenante, euphorique et magnifique. Je crois plus que toute autre chose que les gens étaient sous le choc. Les Américains, les Soviétiques, les spectateurs, tout le monde était assommé par le résultat à la fin du match.

Tu as grandi en Argentine alors il y a une forte probabilité que tu aies assisté à un match ou deux de soccer. Comment l’atmosphère à un match de soccer professionnel se compare-t-il à un match au Centre Bell?

V. M. : Vous savez, je n’ai jamais assisté à un match. Je n’ai jamais vu de match au Forum non plus. C’était toujours à la radio ou à la télévision. Quelques fois, mes billets d’avion étaient prêts, mais quelque chose se présentait à la dernière minute. L’an dernier on célébrait le centenaire du club de San Lorenzo, mon équipe de soccer en Argentine et je travaillais à cette période, mais j’ai réussi à me libérer pour aller voir un match. Peu importe, en décembre, je serai à Montréal pour le match du centenaire dans la mesure de ce qui est humainement possible.

Tu joues souvent le rôle du gars dur dans tes films. Si on te demandait quel est ton type de joueur favori sur la glace, irais-tu pour un batailleur, un travaillant ou un buteur?

V. M. : J’aime les gars qui luttent et qui n’abandonnent pas. Au hockey, comme au soccer, je suis amateur de joueurs qui mènent par l’exemple, qui ne se plaignent pas et qui ne parlent pas trop. Leur jeu parle pour eux. C’est pourquoi Andrei Markov est si bon à mes yeux.

Qui est ton joueur favori chez le Tricolore?

V. M. : Je suis plus loyal envers les anciens – les Lafleur, Dryden, Savard et autres membres du Temple de la renommée, mais je suis excité de voir que malgré les nombreux changements, Markov soit encore là. J’aime le style de Cammalleri, mais je crois que ce qui sera le plus intéressant cette saison sera de voir ce que feront les frères Kostitsyn et Carey.

Tu es peintre, musicien, photographe, acteur, poète et tu manipules bien l’épée. Est-ce qu’il y a quelque chose que tu n’essaieras pas au moins une fois?

V. M. : Je crois que je ne me laisserai jamais tenter par un saut en parachute. Je ne sais pas pourquoi quelqu’un voudrait sauter d’un avion en vol qui fonctionne bien. Je fais des randonnées de marche et j’aime monter à cheval, mais je n’aime pas trop les sports extrêmes comme la planche à roulettes, la planche à neige ou les autres choses du genre.

Tu as travaillé avec les Al Pacino, Michael Douglas, Sylvester Stallone, Denzel Washington et même Demi Moore et Sandra Bullock.  Avec qui as-tu le plus aimé travailler au fil des ans?

V. M. : C’est difficile de répondre parce que chaque personne est différente. Ce que j’apprécie chez les athlètes n’est pas différent de ce que j’aime chez d’autres acteurs. J’aime les gens qui sont à leur affaire et quand ils connaissent du succès, ils sont gracieux et ne traitent pas cela comme un acquis ou comme si cela allait durer éternellement. Beaucoup de gens sont chanceux et ils connaîtront une bonne saison ou seront choisis pour un grand rôle, mais c’est ce que tu en fais qui compte le plus.   

Qu’est-ce que l’avenir te réserve?

V. M. : Je n’ai pas encore accepté d’autre projet au cinéma et je ne suis pas pressé non plus. Je travaille encore à la promotion du film « The Road », et après je vais jouer dans une pièce en Espagne intitulée Purgatorio d’Ariel Dorfman. Je ne suis pas monté sur les planches en 20 ans. C’est une proposition qui fait peur et la seule façon d’apprendre est de sortir de sa zone de confort et de ne pas faire toujours les mêmes choses. Il y a une certaine nervosité qui s’empare de toi quelques minutes avant que le rideau se lève avec une réflexion du genre : « Pourquoi est-ce que j’ai accepté de faire ça? », mais une fois sur scène, si tu ne places pas de bouclier entre le public et toi et que l’auditoire connecte avec toi, c’est très spécial.

Suivez les projets de Viggo sur imdb.com, ou apprenez-en plus sur son dernier film « The Road », qui prend l’affiche le 25 novembre en visitant le http://www.theroad-movie.com.