Le pionnier

vendredi, 19.10.2007 / 10 h 05 / Canadiens de Montréal - Nouvelles
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Le pionnier
Maurice Richard est devenu le premier joueur dans l'histoire de la LNH à marquer 500 buts.
MONTRÉAL— Homme réservé et peu loquace, Maurice Richard connaissait la meilleure façon de s’exprimer : marquer des buts.

Il y a cinquante ans, le 19 octobre 1957, le « Rocket » est devenu le premier membre d’un club sélect, celui des marqueurs de 500 buts dans la LNH qui compte maintenant 38 autres membres.

Deux jours plus tôt, le « Rocket » avait préparé la table à ce but historique en marquant deux fois en plus de récolter deux passes dans une victoire éclatante des Canadiens au compte de 9-3 contre les Maple Leafs.

Avec 499 buts en poche, Richard a sauté sur la glace, ce samedi-là au Forum rempli à pleine capacité comme à l’accoutumé, pour disputer le 863e match de sa carrière afin d’affronter les Blackhawks de Chicago.

Avec le défenseur des Hawks Ian Cushenan au cachot pour avoir accrocher Richard à 14 :42 de la première période, le pilote des Canadiens Toe Blake a envoyé quatre futurs membres du Temple de la renommée, soit Jean Béliveau et Dickie Moore à l’avant ainsi que Doug Harvey et Bernard Geoffrion à la ligne bleue, afin d’aider le légendaire numéro 9 à accomplir l’exploit.

Quelque 70 secondes après le début de la punition, Richard a décoché sur réception la passe de Jean Béliveau et a déjoué Glenn Hall pour inscrire son 500e but, près de 15 ans après avoir enfilé son premier but en carrière le 8 novembre 1942.

« Je lui ai fait la passe qui lui a permis d’inscrire ce fameux but », s’est souvenu Béliveau qui a lui-même atteint le plateau des 500 buts en 1971. « Durant les sept années que j’ai évolué avec lui, il ne parlait pas beaucoup, il était très réservé, mais cette fois-là, il m’a sauté dans les bras.

« De faire partie de ce club sélect avec Maurice est un honneur, c’est le couronnement d’une carrière », a poursuivi Béliveau. « Les records sont faits pour être brisés, mais je suis certain qu’il était très fier de son exploit. »

Pour Béliveau, il ne s’agit d’une autre porte que le « Rocket » a ouverte pour tous les joueurs voulant enfiler le chandail du Tricolore.

« J’ai toujours affirmé que Maurice, en marquant 50 buts en 50 matchs en 1945, nous avait ouvert la voie, à nous les Canadiens-Français », a expliqué Béliveau. « Je n’avais que 13 ans à l’époque, mais déjà je savais que cela allait servir d’inspiration. Je crois que c’est encore le cas aujourd’hui ».

Ayant également admiré le « Rocket » durant son enfance, Moore était également fier d’avoir participé à cette page d’histoire.
« J’étais très heureux d’être sur la glace avec lui et d’obtenir une mention d’aide sur ce but historique », a expliqué Moore à propos du but inscrit dans un gain de 3-1 des Canadiens. « Marquer 500 buts dans la LNH demeure tout un exploit. Toutefois, dès la reprise du jeu, il n’avait qu’une idée en tête : marquer son 501e. »

Lorsqu’il a accroché ses patins au terme de la saison 1959-1960, Richard avait enfilé 544 buts en saison régulière et 82 autres en séries éliminatoires. Moore avait sa petite idée pourquoi le « Rocket » est parvenu à devenir le plus prolifique marqueur de l’histoire à l’époque.

« Je me souviendrai toujours ce que Maurice m’a dit un jour après que je lui ai fait remarquer qu’il aurait pu me passer la rondelle alors que j’étais libre », s’est rappelé Moore. « ‘Je joue pour les partisans. Je veux marquer pour eux car ils s’attendent à ce que je marque pour eux.’ Son explication m’a satisfait. »

Alexandre Harvey écrit pour canadiens.com