Dryden parmi les immortels

lundi, 29.01.2007 / 24 h 00 / Canadiens de Montréal - Nouvelles
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Dryden parmi les immortels
Son numéro 29 désormais suspendu dans les hauteurs du Centre Bell

Ken Dryden est félicité par les deux gardiens de l'édition actuelle des Canadiens Cristobal Huet et David Aebischer.

MONTRÉAL - Comme il l'a fait si souvent lorsqu'il protégeait la cage des Canadiens, Ken Dryden a de nouveau gardé ses partisans sur le bout de leur siège.

Avant le gain de 3-1 du Tricolore contre les Sénateurs, le gardien format géant à la pose légendaire a reçu l'ultime honneur qu'un joueur peut recevoir en voyant son fameux numéro 29 hissé dans les hauteurs du Centre Bell.

Pour l'occasion, Dryden était accompagné de son frère aîné Dave, de sa conjointe Lynda, de ses deux enfants Michael et Sarah de même que sa petite-fille âgée d'à peine trois semaines, Khaya, qui portait le même chandail tricoté à la main que ses enfants ont portée lors de leur première présence au Forum.

La cérémonie a battu son plein lorsque Dryden est apparu sur l'écran géant alors qu'il était dans le vestiaire des Canadiens, portant son masque tricolore légendaire avec son classique bâton Sher-Wood.

« Lorsque j'ai fait mon entrée sur la glace alors que l'amphithéâtre était plongé dans la pénombre, je ne pouvais pas voir les quelque 21 000 spectateurs, mais je pouvais certainement les entendre. Je ne savais pas réellement quoi faire.  Il était important pour moi de trouver les mots justes pour dire ce que je ressentais. »

Fidèle à son habitude, c'est ce qu'il a fait.

« C'était ma dernière chance de dire merci », a avoué Dryden. « Depuis plus de 35 ans, on me dit merci. Je reçois encore de bons mots, des encouragements et j'ai maintenant une bannière avec mon numéro qui me permettra de m'en souvenir pour le restant de mes jours. Merci, vous m'avez donné un cadeau qui durera toute la vie.»

Un autre grand gardien était présent pour témoigner de la fructueuse carrière de Dryden.
Malgré avoir été des rivaux dans le cadre de l'une des plus intenses rivalités que le hockey ait connu, Dryden et le gardien soviétique Vladislav Tretiak ont toujours eu un respect mutuel l'un envers l'autre, respect qui est encore bien présent aujourd'hui.

« Je suis très heureux qu'il ait pensé à moi », a confié le légendaire numéro 20 de l'ex-U.R.S.S. « Dès qu'on m'a appelé, je n'ai pas hésité une seule seconde, même si cela représentait de faire le long voyage de Moscou à Montréal. Ken a été un très, très grand gardien de but et je suis très heureux d'être ici pour vivre cette journée mémorable. »

 Leurs batailles épiques, incluant leur premier face à face en 1969, la Série du siècle en 1972 et la désormais célèbre rencontre du 31 décembre 1975, n'ont eu comme effet de rapprocher les deux cerbères.

Crème de la crème 
Ken Dryden et Jacques Plante sont les deux seuls gardiens de l'histoire à avoir remporté six coupes Stanley.
  Saisons Coupes Stanley
Ken Dryden 8
Jacques Plante 18
Grant Fuhr 19
Charlie Hodge 14
Turk Broda 14

« Avec le recul, vous devez vous compter chanceux d'avoir eu des adversaires aussi redoutables », a indiqué Dryden en faisant référence à Tretiak ainsi qu'aux batailles mémorables entre les Canadiens et les Bruins. « C'est de passer aux travers les rencontres les plus difficiles qui est le plus gratifiant et ce sont ces rencontres dont vous vous souvenez le plus. »
« Ali avait besoin de Frazier. Frazier avait besoin d'Ali. Les Yankees ont besoin des Red Sox comme les Red Sox ont besoin des Yankees », a renchéri Dryden. « Pour nous, c'était les Bruins. De saisir l'occasion de battre un rival est ce qui rend la victoire d'autant plus spéciale. »

C'est d'ailleurs contre cette formation, lors du printemps 1971, que Dryden a attiré les projecteurs vers lui pour la première fois. Son pilote à l'époque, Al MacNeil, l'avait lancé dans la mêlée en première ronde contre Boston qui avait terminé au premier rang du classement général.

« Un entraîneur recrue et un gardien recrue, une proposition terrifiante, vous direz sans doute et avec raison », a affirmé MacNeil. «Ce n'était pas un gardien ordinaire, c'était Ken Dryden.  Nous avons battu les favoris les Bruins, puis les North Stars et enfin les Blackhawks en sept matchs pour remporter la coupe Stanley. Ce n'était que le début pour Ken. »

Dryden a remporté cinq autres coupes Stanley en sept saisons. Seul Jacques Plante, le seul autre gardien de l'organisation dont le numéro est suspendu dans les hauteurs du Centre Bell, peut se vanter d'avoir gagné le précieux trophée en autant d'occasions dans l'histoire de la LNH à cette position.

« Guy Lafleur avait les cheveux au vent, Jean Béliveau était si imposant, Maurice « Rocket » Richard était tout en puissance et moi, j'ai fait ma marque en regardant l'action, en me reposant sur mon bâton, en ne faisant pas grand-chose », a lancé Dryden, tout sourire.  « Mais, c'était les années 1970 et nous avons gagné notre lot de coupes Stanley. »

À voir la réaction des gens au Centre Bell, il a représenté et représente encore aujourd'hui beaucoup plus que ça.

Alexandre Harvey écrit pour canadiens.com

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