Duff a l'étoffe pour le Temple de la renommée

mercredi, 05.07.2006 / 24 h 00 / Canadiens de Montréal - Nouvelles
L'ancien attaquant des Canadiens est élu après une attente de 34 ans

Dick Duff était campé de John Ferguson lors de ses quatre conquêtes de la coupe Stanley dans l'uniforme des Canadiens.

MONTRÉAL -- Lorsque le Temple de la renommée du hockey a annoncé sa cuvée 2006, deux hommes qui ont porté l'uniforme bleu-blanc-rouge furent les deux seuls à être intronisés cette année. Patrick Roy, le gardien comptant le plus de victoires dans l'histoire de la LNH, fut élu dès sa première année d'éligibilité alors que son équipement n'était pas encore tout à fait sec du jour où il portait encore les jambières. Dick Duff, au contraire, a dà» patienter 34 ans avant de voir s'ouvrir devant lui les portes du réputé temple.

Duff, qui a évolué pendant près de six campagnes avec les Canadiens, a brillé dans les années 1950 et 1960. Bien que son nom n'est pas très familier pour les plus jeunes, l'attaquant de 5'7' et 166 livres a joué un rà´le vital avec les Canadiens lorsque ces derniers ont remporté la coupe Stanley à quatre reprises entre 1965 et 1969.

Né en 1936, le jeune Dickie Duff a appris à jouer au hockey de la bonne vieille méthode : à l'extérieur et sans grande intervention de la part des adultes. Étiqueté rapidement comme un joueur prometteur, Duff a emprunté un chemin bien connu des hockeyeurs issus des petites villes minières de l'Ontario.

Il a d'abord fait un séjour au collège St-Michael's avant de graduer avec les Maple Leafs en 1955-1956 où il marqua 18 buts dès sa première campagne dans la LNH. Avec deux bagues de la coupe Stanley avec les Leafs et un court séjour avec les Rangers, Duff s'est amené à Montréal en 1964-1965 alors que le directeur-gérant des Canadiens de l'époque, Sam Pollock, était à la recherche de joueur de caractère pour évoluer à l'aile gauche. La carrière de Duff a alors pris un second envol, connaissant deux campagnes de 20 buts en un peu moins de six saisons avec le Tricolore, dans une ère où atteindre un tel plateau propulsait un joueur parmi l'élite du circuit.

« L'organisation avait déjà beaucoup de leadership avec Sammy Pollock et Toe Blake. Blake vous faisait promettre de toujours de jouer à la hauteur de nos capacités », s'est souvenu Duff. « Il ne fallait qu'un ou deux mots de sa part pour savoir qu'un joueur n'était pas à la hauteur. »

« J'ai aimé Montréal. C'était une belle ville et les gens connaissaient très bien le hockey. Ils savaient qui pouvait jouer et ils appréciaient les joueurs qui donnaient un effort constant », a indiqué Duff. « Nous avons vraiment récolté les fruits de nos efforts. »

Jumelé au marchand de vitesse recrue Yvan Cournoyer et Jean Béliveau, Duff allait récupérer la rondelle dans les coins, travaillait d'arrache-pied le long des rampes et alimentait ses coéquipiers. Il démontrait ses talents de marqueur également de temps à autre.

Le temps des séries éliminatoires venu, Duff, comme toujours, redoublait d'efforts. La saison s'est terminée sur une note des plus positives ; Montréal remportant la coupe Stanley après un passage à vide de cinq ans.

Bien nantis au centre, les Canadiens au cours de la décennie 1960 alignaient, selon Duff, deux des meilleurs joueurs de tous les temps à cette position.

Duff a passé près de six saisons avec les Canadiens au cours de sa carrière qui s'échelonna sur 18 ans dans la LNH.

« Le Gros Bill, quel leader et quel homme incroyable. Il sait ce que je ressens à propos de lui », a avoué Duff avant de passer au Pocket Rocket. « Henri Richard était un homme de peu de mots, mais il avait le cœur d'un lion. Livre pour livre, il est peut-être le joueur le plus tenace que j'ai vu. Lorsqu'il prenait le disque dans le coin de la patinoire et qu'il fonçait au filet, il ne souciait aucunement de qui se trouvait devant lui, il allait tout simplement arriver à ses fins. »

Duff a également tenu de bons mots pour son ancien assistant-entraîneur Claude Ruel.

« Il a fait tout un travail avec les jeunes défenseurs et il n'en reçoit pas suffisamment de crédit. Ils les faisaient travailler constamment avec la rondelle, pratiquer le jeu de passe et amener la rondelle jusqu'au filet. Ils travaillent avec eux jusqu'à ce que ces exercices deviennent une seconde nature. »

Une paire de défenseurs qui lui ont rendu la vie plus facile lui vient rapidement en tête.

« Je n'avais qu'à patiner aussi vite que je le pouvais et tout ce que j'avais à faire était de mettre mon bâton sur la glace et J.C. Tremblay frappait toujours la lame de mon bâton. Je n'avais pas à regarder ma palette ou changer de direction », a expliqué Duff. « Jean-Guy Talbot était également indispensable pour cette équipe. Il était toujours d'agréable compagnie et trouvait toujours le moyen pour faire rire son entourage. Il était robuste et il était le même joueur sur la route qu'à domicile. Vous avez besoin de ce genre de joueurs dans votre formation. »

Comme il l'a fait tout au long de sa carrière, Duff passait en quatrième vitesse lors des éliminatoires, semblant être toujours à la bonne place au bon moment. Le fougueux ailier gauche semblait trouver toujours un moyen de provoquer un revirement, d'effectuer une passe à travers la circulation lourde ou de récupérer la rondelle lorsque l'équipe en avait grandement besoin.

Une vedette de la LNH établie avec deux bagues à son répertoire avant d'arriver à Montréal, Duff a ajouté quatre conquêtes de la coupe Stanley pendant son séjour avec les Canadiens, renforçant sa réputation d'être l'un des plus grands joueurs de sa génération lorsque que la situation se corsait.

L'un des 13 joueurs des Canadiens à s'aligner avec la formation montréalaise lors des quatre conquêtes de la coupe Stanley au cours de la décennie 1960, Duff est devenu le 28 juin dernier le sixième membre de ce groupe, après les Béliveau, Cournoyer, Jacques Laperrière, Henri Richard et Gump Worsley à être élu au Temple de la renommée.

Quittant Montréal la campagne 1969-1070, Duff a joué pour Los Angeles et Buffalo avant d'accrocher ses patins au terme de la saison 1971-1972. Il a passé par la suite plusieurs années dans l'organisation des Maple Leafs dont un court moment derrière le banc en tant qu'entraîneur-chef en 1979-1980.

Reconnaissant qu'il a été choyé par la vie, Duff est plus qu'heureux de passer du temps à tenter de rendre la vie moins difficile à ceux qui sont moins nantis que lui. Un résidant de Toronto depuis près d'un demi-siècle, Duff n'hésite pas endossé les œuvres caritatives locales. Il entend participer au tournoi de golf Hector « Toe » Blake le 31 aoà»t prochain, un événement tenu au club de golf Val-des-Lacs, au nord de Montréal, pour recueillir des fonds pour la maladie d'Alzheimer.

Le 13 novembre, le jour de l'intronisation officielle, est déjà encerclé sur deux calendriers. Lors de cette soirée, deux anciens membres des Canadiens sont joindront aux immortels du hockey. Un n'avait que six ans lorsque l'autre a disputé son dernier match dans la LNH, mais tous deux ont mérité cet honneur réservé aux plus grands.

Mike Wyman contribue au site canadiens.com