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Ryder égal à lui-même

jeudi, 18.05.2006 / 24 h 00 / Canadiens de Montréal - Nouvelles
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Ryder \u00E9gal \u00E0 lui-m\u00EAme
Finaliste au titre de recrue de l'année en 2003-2004, Ryder poursuit dans la même veine

La campagne de 30 buts de Ryder a été marquée par son premier tour du chapeau en carrière dans la LNH à l'occasion d'une éclatante victoire de 5-0 sur les Flyers, le 5 février dernier.

MONTRÉAL - Quand un joueur réclamé parmi les derniers à son année de repêchage sort de nulle part pour briller dans la LNH et passe même à un cheveu de remporter le trophée Calder, on peut être tenté de parler d'un coup de chance. Mais dans le cas de Michael Ryder, la saison de rêve qu'il a connue en 2003-2004 n'était qu'un prélude.

Il s'en est vendu des hots dogs au Centre Bell depuis que Ryder a été au choisi au 216e rang par les Canadiens en 1998. Sorte de globe-trotter du hockey, ce choix de 8e ronde en a fait du chemin, lui qui a évolué avec Québec et Hamilton dans la Ligue américaine après avoir roulé sa bosse avec Tallahassee et Mississippi de la Ligue de la Cà´te Est (ECHL). Ryder, qui avait 24 ans au moment d'être considéré parmi les meilleures recrues du circuit en 2003-2004, fait partie des joueurs qui sortent de leur coquille plus tardivement que les autres.

Avec vingt-cinq buts et 63 points, Ryder est passé bien près de devenir le premier joueur des Canadiens depuis Ken Dryden, en 1972, à mettre la main sur le titre de recrue de l'année. Après avoir dominé les recrues du circuit dans presque toutes les catégories offensives, Ryder a vu le trophée Calder lui filer entre les doigts au profit du gardien Andrew Raycroft des Bruins qui a connu une saison au-delà de toutes les espérances.

Ryder qui était fin prêt à reproduire ses performances en 2004-2005 aura dû mettre ses ambitions sur la glace, si on veut, en raison de l'arrêt de travail dans la LNH. Confiné à l'oisiveté professionnelle, Ryder n'allait pas passer l'année à se tourner les pouces en attendant une résolution qui aura mis près d'un an à se concrétiser. Il a accepté la première offre qu'on lui a faite et a mis le cap sur le pays des Vikings pour enfiler l'uniforme des Stars de Leksands en Suède.

L'avantage Ryder
Michael Ryder est venu bien près d'établir un nouveau record d'équipe pour le nombre de buts en avantage numérique en une saison.
Mats Naslund 19 1985-1986
Michael Ryder 18 2005-2006
Guy Lafleur 18 1975-1976
Yvan Cournoyer 18 1971-1972
Yvan Cournoyer 18 1970-1971
Steve Shutt 17 1979-1980
Pierre Turgeon 17 1995-1996
Steve Shutt 16 1977-1978
Stéphane Richer 16 1987-1988
Brian Bellows 16 1992-1993

« C'était important pour moi de jouer et d'être prêt pour la reprise des activités dans la LNH, » de dire Ryder. « J'ai pas mis beaucoup de temps à réaliser que je voulais jouer quelque part, peu importe l'endroit, au lieu de me morfondre chez moi. »

La route est longue entre Bonavista, T.-N. et la Suède, mais qu'à cela ne tienne Ryder s'est immédiatement senti comme chez lui avec les Stars où en 32 matchs seulement il a récolté 27 buts et 48 points pour mener son équipe dans ces catégories.

« Si on m'avait dit que je jouerais au hockey en Suède un jour, je ne l'aurais jamais cru, » de dire Ryder, qui pouvait au moins compter sur le visage familier de Francis Bouillon dans son vestiaire. « Au moins c'était du hockey et ça m'a aidé à conserver la forme. »

« J'ai eu de le chance de me trouver un poste dès le début de la saison en Suède, » d'admettre Ryder. « Plusieurs gars ont attendu que la saison soit officiellement annulée avant de se chercher du boulot en Europe et dans bien des cas il était déjà trop tard. »

La décision de Ryder de ne pas s'apitoyer sur son sort pendant l'arrêt de travail l'a bien servi. Contrairement à la majorité de sa cuvée de recrues, il devait réussir à reprendre là ou il avait laissé. On ne peut en dire autant de Trent Hunter, Tuomo Ruutu et Ryan Malone, tous candidats au trophée Calder eux aussi, qui, soit en raisons de blessures ou de temps de glace limité, n'ont pu rééditer les performances de leur première campagne dans la LNH.

Ironiquement, celui qui a le plus souffert de la guigne des joueurs de deuxième année est le gagnant du trophée Calder lui-même, Andrew Raycroft, qui, après avoir perdu le filet des Bruins aux mains de Hannu Toivonen puis de Tim Thomas, pourrait même changer d'adresse la saison prochaine. Le succès est parfois bien éphémère.

Meneur de l'équipe avec six buts gagnants en saison régulière, Ryder fut aussi le héros du deuxième match de la série contre les Hurricanes avec le but qui donnait au Tricolore une victoire de 6 à 5 en prolongation.

Outre Ryder, les seuls autres joueurs épargnés par le mauvais sort que l'on associe à la deuxième saison furent Patrice Bergeron des Bruins et Eric Staal de la Caroline. D'ailleurs ce dernier n'avait même pas reçu de considération pour le titre de recrue de l'année en 2003-2004 lui qui avait dû se contenter d'une maigre production de 11 buts. On connaît la suite, Staal a littéralement explosé en 2005-2006 avec une récolte de 100 points.

« Je ne sais pas s'il existe vraiment une guigne de la deuxième année, mais ce qui importait pour moi était de me servir de ma production de 2003-2004 comme modèle et de les surpasser, » de dire Ryder. « Je crois que pour connaître du succès, on doit vouloir se prouver à chaque année. La saison 2003-2004, c'est de l'histoire ancienne. Je savais en début de campagne que je devais considérer cette saison-ci comme s'il s'agissait de ma première et regarder en avant plutà´t qu'en arrière. »

Peu importe ce que Ryder a fait, les résultats n'ont pas tardé à se manifester. En plus de devenir seulement le deuxième joueur du Tricolore à connaître une saison de 30 buts depuis 1998-1999, l'ailier de 26 ans a bien failli établir une nouvelle marque d'équipe avec 18 buts en avantage numérique, soit seulement un de moins que le record inscrit par Mats Nà¤slund en 1985-1986.

À titre de meilleur franc-tireur des Canadiens, Ryder se retrouve maintenant parmi les priorités estivales de Bob Gainey, lui qui sera joueur autonome avec restriction. Connaissant la précision avec laquelle il lance la rondelle, l'attaquant terre-neuvien ne devrait pas éprouver trop de difficultés à trouver la ligne pointillée au cours des prochains mois et y apposer son autographe.

Manny Almela écrit pour canadiens.com. Traduit par Michel Bélanger.