La coupe Stanley en tournée: 2e partie

vendredi, 20.01.2006 / 24 h 00 / Canadiens de Montréal - Nouvelles
X
Partagez avec vos amis


La coupe Stanley en tourn\u00E9e: 2e partie


Gerry Heffernan n'a joué que deux saisons à Montréal, mais a tout de même remporté la Coupe Stanley avec les Canadiens en 1944.

MONTRÉAL - Le 9 août, une semaine après son 80ième anniversaire de naissance, John McCormack retrouvait la Coupe Stanley et invita quelques centaines de ses proches amis à son domicile à Oshawa pour partager l'expérience.

« Nous avons eu du bon temps, nous nous sommes vraiment amusés, » de dire McCormack, l'un des meilleurs attaquants défensifs de la fin des années 1940 et du début des années 1950. « Nous avons reçu environ 250 personnes. Nous n'avions pas prévu en recevoir 250, mais il en est venu autant que ça. »

Une invitation ouverte avait été lancée à un groupe d'une quarantaine de ses amis du hockey, un groupe de joueurs retraités qui se rassemblent sur une base mensuelle pour des dîners dans la région de Toronto. Des membres de la famille sont venus, tout comme des membres de l'église que fréquente McCormack, de même que des collègues bénévoles du programme local de repas communautaires.

« Ils sont tous venus et ont tous amené des amis, » de ricaner McCormack.

Ses amis hockeyeurs ont surpris leur hôte avec un gâteau commémorant ses deux conquêtes de la coupe Stanley, la première en 1951 avec les Leafs, puis celle de 1953 avec les Canadiens.

Parmi les douzaines de vétérans de la LNH qui se sont présentés à la fête se trouvaient les anciens Canadiens Ed Litzenberger, Paul Meger, Dick Gamble et un partenaire de golf régulier de McCormack, Ivan Irwin.

McCormack n'a « que de bons souvenirs » de son passage chez les Canadiens et se souvient du but qui a scellé la victoire finale en 1953.

« L'année de notre conquête, Elmer a inscrit le but victorieux suite à un mauvais dégagement de Milt Schmidt, si vous pouvez le croire. Pouvez-vous imaginer Milt Schmidt causer un tel revirement? Il était probablement le meilleur joueur qu'il m'ait été donné de voir dans les moments cruciaux. »

Se rendant plus à l'ouest pour les premières semaines du mois de septembre, la coupe Stanley s'est retrouvée chez Gerry Heffernan, dans le compté de Marin, au nord de San Francisco, là où il a ouvert les portes de sa maison à famille et amis.

Membre de l'édition championne des Canadiens en 1944, Heffernan, âgé de 89 ans, est né et a grandi à Montréal. Il a appris son hockey sur les patinoires extérieures de sa ville natale.

« J'ai fréquenté l'école secondaire Thomas D'Arcy McGee, au coin de l'avenue Pine et de la rue Ste-Famille. Je vivais sur la même rue que Mordecai Richler.

« Lorsque je patinais à Fletcher's Fields juste au-dessus de l'avenue Pine ou que je jouais au Parc Lafontaine ou à des endroits semblables, jamais je n'aurais imaginé évoluer pour les Canadiens ou encore disputer la coupe, » se rappelle-t-il. 

Le tremplin de Heffernan vers les grandes ligues s'est avéré sa performance en tant que membre du trio Razzle Dazzle des Royaux de Montréal. Lui et ses compagnons de ligne Pete Morin et Buddy O'Connor ont été rappelés ensemble à l'aube de la saison 1941-1942.

Renvoyé aux Royaux de la LHSQ la saison suivante, Heffernan est retourné avec les Canadiens pour la saison 1943-1944, campagne au terme de laquelle ils ont remporté les grands honneurs.

« Nous nous sommes bien débrouillés puisque cette année-là , le Rocket a inscrit 32 buts alors que Ray Getliffe et moi en avons marqués 28, » de dire Heffernan, qui affirme modestement que « Buddy O'Connor est celui qui a fait de moi un joueur de hockey. »

Heffernan, qui achetait plusieurs copies des journaux locaux afin de les faire parvenir à parents et amis, a conservé une copie en particulier depuis plus de 60 ans. Après tout, ce n'est pas tous les jours que quelqu'un peut prétendre voler la vedette à la Punch Line.

« Autour du temps des Fêtes, Newsweek avait publié un article dans lequel on pouvait lire « Lorsque le trio de O'Connor, Majeau et Heffernan prend son envol et que le trio tout aussi efficace de Lach, Rocket Richard et Blake se met de la partie... » J'ai gardé une copie de cet article. »

Wilbert "Dutch" Hiller a remporté sa première Coupe Stanley en tant que membre des Rangers de New York en 1939-1940. Six ans plus tard, il renouvelait l'exploit en remportant une seconde Coupe, cette fois avec les Canadiens, dont ses compagnons de trio Bob Fillion et Buddy O'Connor. Le 9 septembre dernier, il a eu le plaisir d'être accompagné par le trophée pour déjeuner, dans un restaurant à proximité de son domicile à Montrose, tout près de Los Angeles. Hiller, qui est décédé un peu plus de deux mois plus tard à l'âge de 90 ans, avait apporté la Coupe au restaurant pour la montrer à ses amis, tout en accordant d'innombrables autographes à des partisans de tous âges.

Elmer Lach se souviendra toujours de cette étreinte classique avec son co-équipier Maurice Richard dans la finale de la Coupe Stanley contre Boston, en 1953.

Une fois le 14 septembre arrivé, la coupe de Lord Stanley était de retour dans l'est et son prochain propriétaire d'un jour allait être Elmer Lach. Le membre du Temple de la renommée âgé de 87 ans, dernier survivant de la légendaire Punch Line, décida de partager le plus vieux trophée du sport professionnel avec les membres du club de golf Summerlea, là où il a ses habitudes depuis plus de quatre décennies.

La journée a débuté avec une ronde de golf disputée entre Lach et quelques invités du monde du hockey. Au total du groupe, Lach, Henri Richard, Donnie Marshall, Phil Goyette, Dollard St-Laurent et un « jeune loup », Réjean Houle, comptaient 33 conquêtes de la coupe Stanley. Pas vilain golfeur, Richard a enregistré pas moins de cinq trous d'un coup au cours de ses années passées à parcourir les allées.

Lach se trouvait sur le parcours lorsque le gardien du trophée, Mike Bolt, est arrivé avec la coupe et l'a installée dans le lobby, répondant aux questions des membres du club, dont plusieurs se sont présentés tôt afin de se faire photographier avec le précieux objet et sont demeurés pour le souper en soirée.

Des photos de Lach avaient été dispersées sur une table adjacente. L'une d'entre elles immortalise le moment qui a suivi le dernier but de la finale de 1953, série qui marquait le troisième et dernier triomphe de Lach. Celui-ci était entré en collision avec Maurice Richard lors de la célébration du but et en était ressorti avec le nez fracturé. Cela n'avait pas fait aussi mal que cela aurait dû, car comme se le remémorait Lach, « J'avais inscrit le filet victorieux cette année-là . »

Questionné à savoir si l'une de ses trois victoires de la coupe Stanley revêt une saveur particulière, la réponse de Lach fut celle souvent entendue de la part de ceux qui ont remporté les grands honneurs à plusieurs reprises.

« Ce furent toutes de grandes victoires, mais nous avons travaillé fort pour chacune d'entre elles. »

Mike Wyman contribue au site canadiens.com. Texte traduit par Michel Bélanger.