Se connecter avec votre compte LNH.com:
  • Soumettre

La coupe Stanley en tournée

mercredi, 18.01.2006 / 24 h 00 / Canadiens de Montréal - Nouvelles


Bob Fillion a remporté la Coupe Stanley à deux reprises durant sa carrière dans la LNH, qui a duré six ans avec le Canadien.

MONTRÉAL -Tout au long de la dernière décennie, les joueurs et le personnel des équipes championnes de la coupe Stanley se sont vus offrir l'opportunité de s'approprier le plus vieux trophée du sport professionnel pour une journée. À l'intérieur de son caisson de voyage anonyme et à l'allure bien ordinaire, le symbole de la suprématie de la LNH a passé des étés à parcourir la planète, attirant une horde d'amateurs partout sur son passage.

Sans champions 2004-2005 pour promener la coupe lors de la saison morte, ses plans de voyages estivaux étaient pratiquement inexistants.

« Mon patron Phil Pritchard et moi nous sommes demandés si la LNH accepterait de voir la coupe Stanley visiter quelques-uns des plus vieux champions, parfois oubliés depuis longtemps, » de dire Kevin Shea, gérant des services de la publication et des éditoriaux du Temple de la renommée du hockey. « Nous avons réalisé que certains de ces messieurs n'avaient jamais vu leur nom gravé sur la coupe Stanley. »

La LNH a adoré l'idée et la recherche des plus vieux champions survivants était lancée.

« Certains d'entre eux furent plutôt faciles à retracer alors que dans d'autres cas, ce fut beaucoup plus difficile, » se rappelle Shea. « Entre la recherche sur Google et des personnes qui connaissaient des personnes qui connaissaient des personnes, nous avons été en mesure de retracer un nombre élevé d'anciens champions. »

Plus de 50 retraités de la LNH, tous champions de la coupe Stanley, ont reçu la visite du bol d'argent offert au monde du hockey par Lord Stanley, un trophée qui valait à l'origine cinquante dollars. Pour ceux qui ont remporté leurs coupes entre 1941 et 1953, cette visite représentait probablement leur dernière chance de voir leur nom gravé sur le trophée. L'anneau immortalisant leurs exploits sera retiré et exposé au Temple de la renommée lorsque viendra le temps d'ajouter les noms des champions de la présente campagne.

Parmi la vingtaine d'anciens Canadiens honorés d'une visite cet été se trouvent certains vétérans dont le nom sera déplacé du trophée vers le mur.

Bob Fillion, qui a passé sa carrière de sept ans dans l'uniforme des Canadiens de 1943 à 1950, n'avait aucune idée qu'il allait recevoir la visite du trophée sur lequel son nom est gravé à deux endroits. Son fils, Robert Jr., s'est arrangé pour que la visite de la coupe coincide avec le 85e anniversaire de son père.

Robert a contacté le Temple de la renommée l'hiver dernier à la recherche de vieux films comprenant des images de son père, croyant qu'il s'agirait d'un beau cadeau.

« Ils organisaient une tournée estivale pour la coupe Stanley et ont choisi mon père parmi les heureux élus, » se souvient Fillion fils. « Je ne sais pas pourquoi ils l'ont choisi, car il y a plusieurs joueurs plus connus que lui. »

Il s'agissait d'une offre qu'il n'allait pas refuser, d'autant plus qu'une des dates disponibles, le 18 juillet, était la date d'anniversaire de son père.

« Je l'ai invité à déjeuner afin de discuter de certaines difficultés rencontrées au club de golf, » d'expliquer Robert Jr. « C'était amusant car ça lui a pris dix minutes à remarquer la coupe Stanley après être entré dans la pièce. Elle était pourtant là , bien visible. Lorsqu'il a aperçu la coupe, il pouvait difficilement contenir ses émotions. »

« La coupe n'était pas aussi haute qu'elle l'est aujourd'hui, » se remémore Fillion père. « J'ai gardé les répliques distribuées à l'époque par la ligue. Les noms de tous les gars s'y trouvent, Maurice Richard, Elmer Lach, Butch Bouchard. »

Pour Fillion père, il ne s'agissait pas d'un premier repas en compagnie de la coupe. Il se souvient d'une soirée en 1946 quand « Nous l'avons apportée à un restaurant chinois. Elle s'est retrouvée sur la table de Ken Reardon et de Murph Chamberlain. Puis, nous l'avons rapportée à l'Hôtel Queen's, propriété du Sénateur Raymond, qui possédait également les Canadiens. Quelle soirée! »

Ses amis et sa famille se sont regroupés afin de célébrer son anniversaire et ressasser les souvenirs qui refaisaient surface en raison de la présence du visiteur en argent sterling. Un souper pour 125 convives fut servi et ceux et celles qui le désiraient pouvaient se faire photographier en compagnie des invités d'honneur.

Ray Getliffe a connu six saisons à Montréal et a remporté la Coupe Stanley avec les Canadiens en 1943-1944.

Le 5 août, c'était au tour de Ray Getliffe, champion à deux reprises, d'accueillir la coupe Stanley à London, Ontario, et il a profité de sa journée au maximum.

« Nous avions un programme double, » de dire l'homme de 91 ans. « Nous avons une excellente association d'anciens ici. Je les ai appelés afin de m'enquérir de la possibilité d'organiser quelque chose pour amasser de l'argent pour mon ancienne école secondaire. J'ai obtenu mon diplôme en 1931. L'école a été reconstruite depuis, mais ils construisent un nouveau plancher dans le gymnase. Il en coûtera 200 000$. Je doute fort que la première école avait coûté autant à construire. »

La deuxième partie de la journée de Getliffe avec la coupe s'est déroulée au Hunt Club, son parcours de golf. Le transport à partir du Western Fair Grounds, là où s'est déroulée la collecte de fonds, jusqu'au Hunt Club s'est effectué à bord d'un camion d'incendie mis sur la route pour la première fois en 1927.

« La réponse fut exceptionnelle et toute ma famille y était. Ce fut une journée fantastique et je suis vraiment privilégié d'avoir pu en profiter, » d'ajouter Getliffe.

Questionné sur ses souvenirs de la victoire de 1944, Getliffe s'est immédiatement souvenu des nombreux coéquipiers avec qui il a partagé l'aventure.

« Nous avions tout un club de hockey. Nous avions Toe Blake, Elmer Lach et Joe Benoit. Richard a effectué un travail incroyable. Nous avions un trio composé de Chamberlain, Watson et moi-même. Murph et moi écoulions toutes les infériorités numériques, » se souvient Getliffe. « Nous avions également Butch Bouchard, évidemment. Bobby Fillion faisait partie de cette équipe. Buddy O'Connor aussi, de même que Heffernan et Morin. Fern Majeau, le vieux Fancy Dan. Leo Lamoureaux. Après quelques bières, il pouvait imiter Maurice Chevalier mieux que Maurice Chevalier lui-même. »

Il s'est également souvenu du bon temps et de la camaraderie qui faisait partie des voyages en train à l'époque. Il est convaincu que les joueurs d'aujourd'hui manque quelque chose.

« Je ne crois pas qu'ils ont autant de plaisir que nous en avions. Nous nous connaissions très bien. Il n'y avait que 84 joueurs dans toute la ligue. C'était très différent. Nous quittions Chicago à minuit et rentrions à Montréal vers l'heure du souper. Je travaillais dans un magasin de souliers pendant la saison morte et lorsque ça devenait trop tranquille à mon goût, je faisais tirer une paire de souliers. Dick Irvin entraînait des chiens à Regina et, en une occasion, il a fait tirer un collie et c'est moi qui l'ai gagné. »

Mike Wyman contribue au site canadiens.com. Texte traduit par Michel Bélanger.