Le clan Crosby : fier partisan des Canadiens

mardi, 03.01.2006 / 24 h 00 / Canadiens de Montréal - Nouvelles
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Le clan Crosby : fier partisan des Canadiens
Sidney a a encore du papier peint du Tricolore dans sa chambre

Sidney Crosby a inscrit le filet décisif contre les Canadiens pour une deuxième fois en autant de matchs, mardi soir au Centre Bell.

MONTRÉAL -- Les bannières. Les coupes Stanley. La tradition. La première visite à Montréal pour n'importe quelle joueur est un moment spécial, mais pour Sidney Crosby et son père Troy, les débuts du numéro 87 au Centre Bell représentent davantage.

Ayant grandi à Cole Harbour en Nouvelle-Écosse, Sidney n'a donc pas vécu son enfance à l'ombre du Forum ni du Centre Bell, mais en faisant un tour à la maison familiale des Crosby, on pourrait croire le contraire.

« J'ai certainement amorcé le tout », a admis le paternel, qui a favorablement orienté son fiston à adopter comme équipe favorite la plus glorieuse franchise de la LNH. « Mais Sidney a porté ça à un autre niveau. Il voulait tout des Canadiens : pyjamas, affiches. Si ça existait, il le voulait. Même sa chambre était peinte aux couleurs bleu et rouge du Tricolore en plus du papier peint des Canadiens.

Bien que Sidney était qu'à deux mois de siffler six bougies pour son anniversaire lorsque les Canadiens ont remporté la dernière fois la coupe Stanley au printemps 1993, un membre clé de la formation lui a fait toute une impression.

« Le joueur favori de Sidney était Kirk Muller et il a eu un poster de lui pour aussi longtemps que je peux me souvenir », de dire Crosby.

Un ancien joueur à ses heures, Troy a défendu la cage des Canadiens Jr de Verdun avant d'être réclamé au 240e rang par les Canadiens à l'été 1984. Comme si le fait d'être repêché en 12e ronde ne lui rendait déjà la tâche difficile, il a incontestablement relégué dans l'ombre alors que les Canadiens ont jeté leur dévolu sur un autre gardien plus tôt cette même journée, un certain Patrick Roy.

Bien que Troy n'a jamais porté l'uniforme des Canadiens ni atteint la LNH, son nom et son numéro 29 qu'il portait à l'époque ont finalement été cousus sur un gilet des Canadiens en bout de ligne.

« Le gilet des Canadiens que portait Sidney avait Crosby et le numéro 29 inscrit au dos », a indiqué le paternel. « Il le portait tout le temps.

Sidney ne s'est jamais caché qu'il a toujours rêvé de jouer un jour pour les Canadiens, et lorsque la journée de la loterie du repêchage est enfin arrivé l'été dernier, son rêve est presque devenu réalité. Chaque possédant des chances mathématiques de remporter le gros lot, c'est-à -dire de repêcher au premier rang, les Canadiens avaient une chance minime de l'emporter avec une seule balle dans le boulier alors que les Penguins en possédaient le maximum, soit trois buts.

« Le jour de la loterie, il y avait des caméras partout dans la maison », a indiqué Crosby. « Il y avait tellement de camions qu'ils ont été obligés de fermer la rue ! »

Le commissaire de la LNH Gary Bettman a tout d'abord annoncé les 28 équipes qui n'auraient pas la chance de prononcer le nom Crosby lors de l'encan amateur présenté à Ottawa à la fin du mois de juillet afin de garder le suspense jusqu'à la toute fin entre les Penguins et les Mighty Ducks, les deux dernières équipes dont l'enveloppe n'avait pas encore été dévoilée. Tout le monde connaît la suite.

Avec seulement dix équipes dans la course dont les Canadiens, Troy et Sidney avaient de la difficulté à contenir leurs émotions.

« Je me souviens que Sidney regardait en ma direction à chaque fois que Bettman ouvrait une enveloppe et que le logo des Canadiens n'y apparaissait pas », s'est souvenu Crosby. « Lorsqu'il n'en restait plus que cinq, je savais exactement ce que Sidney pensait, mais je ne voulais pas le dire de peur de tout bousiller. »

Tout comme les partisans des Canadiens répartis d'un océan à l'autre, le cœur de Sidney s'est arrêté un moment lorsqu'au 26e rang, le logo des Canadiens a été dévoilé.

« Nous avons fait de notre mieux pour cacher notre déception, mais de passer aussi près était incroyable », a soutenu Crosby. « Nous y avons cru pour un instant. »

Bien que Sidney n'a pas abouti à Montréal, cela ne paraît pas encore en à juger par sa chambre à la maison de ses parents.

« Il n'a rien changé », a lancé, tout sourire, Crosby. « Sa chambre a toujours les mêmes couleurs rouge et bleu et le papier peint des Canadiens est encore là ! »

Se disant lui-même un fanatique des Canadiens, Sidney a dû patienter jusqu'à ses 10 ans avant de voir les Canadiens à l'œuvre en personne.

« Nous étions en ville pour un tournoi et les Canadiens affrontaient les Sabres durant les éliminatoires de 1998 », s'est rappelé Crosby. Ai-je besoin de dire qu'il fut difficile de trouver des billets, mais j'ai néanmoins réussi à en dénicher. Sidney a alors vu les Canadiens pour la première fois. Malheureusement, Dominik Hasek a volé le spectacle ce soir-là , mais je n'oublierai jamais d'avoir vu Sidney aussi emballé. »

Le jeune Crosby n'a peut-être pas regardé le match depuis les meilleurs sièges, mais Sidney a dû être pincé à sa sortie du Centre Molson pour être bien certain qu'il ne rêvait pas.

« Ce fut une soirée très spéciale même si les Canadiens n'ont pas gagné », a indiqué Crosby. « Je vais être assis dans un siège un peu mieux placé et Sidney sera aussi près de l'action que vous pouvez l'être à ce temps-ci de l'année. »

Malgré tous les bons mots à l'endroit de son fils, Sidney n'a pas eu besoin d'atteindre la LNH pour que son père soit fier de lui.


« De le voir réussir comme il l'a fait aussitôt dans sa carrière est merveilleux, mais c'est la personne qu'il est devenu qui nous rend le plus fier en tant que parent, » a souligné Crosby. « Vous ne rencontrez jamais quelqu'un aussi humble et aussi terre à terre que Sidney. Je crois que tout revient au fait qu'il n'a jamais oublié d'où il vient. »

Et si, un jour, Sidney venait à oublier, il a juste à suivre le chemin bleu, blanc et rouge jusqu'à Cole Harbour.

Alexandre Harvey écrit pour canadiens.com