Le CH à coeur - Jay Baruchel

samedi, 19.07.2014 / 7 h 00 canadiens.com

MONTRÉAL – Si vous avez suivi la carrière de Jay Baruchel depuis quelques années, deux choses sautent aux yeux : il a tout un sens de l’humour et il ne cache aucunement ses allégeances pour les Canadiens de Montréal. Que ce soit sur les plateaux de tournage à Hollywood ou sur Twitter, le résident de Notre-Dame-de-Grâce affiche avec fierté le bleu-blanc-rouge, dans les bons et les mauvais moments. L’équipe de canadiens.com a rencontré l’acteur montréalais, histoire de savoir d’où venait son amour pour le Tricolore.

Tu es un partisan des Canadiens depuis quand?

JAY BARUCHEL: C’est comme si vous demandiez à quelqu’un depuis quand ils sont juifs ou catholiques. (rires) Donc pas mal toute ma vie. J’utilise ces deux exemples parce que ma mère est catholique et mon père juif. Mais la seule chose que j’étais, c’était partisan des Canadiens. Même lorsque ma famille a déménagé à Oshawa, en Ontario, juste à l’extérieur de Toronto, lorsque j’avais cinq ans, je portais mes vêtements à l’effigie du Tricolore tous les jours. Mon père avait peinturé toute ma chambre en bleu-blanc-rouge. Nous représentions Montréal pendant tout le temps où nous vivions en Ontario avant notre retour en ville en 1994, l’année après la coupe, ce qui était un bon moment pour revenir à la maison. Même lorsque j’étais au secondaire et que j’étais peut-être intéressé un peu plus à d’autres choses, le Tricolore faisait toujours partie de ma vie d’une quelconque façon.

Donc tu te souviens du parcours vers la coupe Stanley de 1993?

JB: Vaguement parce que j’avais neuf ans. Mais pour être parfaitement honnête, la chose que je me souviens le plus après avoir gagné la coupe est mon père qui était très, très saoul! (rires) Il criait et dérangeait tout le monde à Oshawa et Kingston! Nous ne nous cachions pas. Il conduisait dans les rues, baissait ses vitres et chantait : « Les Canadiens, les Canadiens, sont, là!! » Nous, les Montréalais, ne sommes pas des personnes très subtiles!

Tu es né à Ottawa, mais tu as été élevé et habites toujours à Montréal. Est-ce que les gens de la capitale nationale ont tenté de te convaincre à joindre les rangs de la Sens Army?

JB: Absolument pas. Soyons honnête, il n’y a pas vraiment de Sens Army! (rires) Je peux tolérer ce que disent les partisans des Bruins ou des Leafs n’importe quand, ils ont mérité le droit de le faire. Mais lorsque les gens d’Ottawa ou de Vancouver disent que leur équipe a une grande histoire et qu’ils possèdent une rivalité et une tradition, c’est loin d’être la même chose! (rires)

Quel est ton plus beau souvenir des Canadiens?

JB: Pour moi, et les autres de ma génération, nous vivons à travers les coupes Stanley, mais elles ne faisaient pas partie de nos vies. Nos Canadiens étaient les équipes de Saku Koivu. Personnellement, lorsque Saku est revenu de son cancer après avoir été à l’écart durant plusieurs mois et l’ovation qu’il a reçue alors qu’il était au centre de la glace, c’était très émouvant. Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent de Saku, mais Saku Koivu était mon capitaine. Je l’ai vu à l’œuvre durant plus d’une décennie. Ce qu’il signifiait pour cette équipe et cette ville, c’était incroyable. Je me souviens d’avoir été au Centre Bell lorsque Justin Williams l’a atteint à l’œil [durant les séries 2006], jamais je n’oublierai cette scène. Maintenant c’est difficile lorsque je vais à Los Angeles et que je passe du temps avec mes amis qui sont des partisans des Kings et tout le monde aime Justin Williams là-bas! (rires)

As-tu déjà rêvé d’un jour porter l’uniforme des Canadiens? Jouais-tu au hockey dans ta jeunesse?

JB: Je n’étais pas particulièrement très bon! (rires) Je n’ai jamais été un bon patineur, je jouais souvent au hockey dans la rue. Le seul sport organisé auquel j’ai participé dans ma jeunesse était le softball.

Même si tu voyages beaucoup durant la saison, as-tu parfois le temps de venir au Centre Bell pour assister à un match?

JB: En effet, oui. J’étais même détenteur de billets de saisons durant deux ans. Mais pour être très honnête, je n’aime pas être dans des grosses foules. Ce n’est pas vraiment mon genre de chose. Pour moi, si je peux regarder un match à la maison, en pyjama, avec mes amis, c’est incroyable. Cela étant dit, il n’y a pas eu une année où je n’ai pas assisté à au moins trois matchs au Centre Bell.

Nous avons vu que tu as assisté à quelques matchs des Kings de Los Angeles au cours des dernières années, dont certains matchs en séries. Comment l’atmosphère du Staples Center se compare-t-elle à celle du Centre Bell?

JB: Je ne veux pas manquer de respect aux gens qui vont aux matchs au Staples Center, mais ça ne se compare pas. De très bons amis à moi sont des loyaux et mordus partisans des Kings. Ils adorent leur équipe. Dans les bons ou les mauvais moments, ils les appuient. Malheureusement, ils sont en minorité. La majorité du temps, le Staples Center fait paraître l’Air Canada Centre comme le Centre Bell. C’est un endroit très corporatif et il n’y a pas beaucoup de sièges pour les simples partisans. C’est justement une des plus belles choses du Centre Bell. Outre le fait que c’est le plus grand amphithéâtre dans la LNH, c’est l’aréna du peuple. La chose la plus frappante, à Montréal, les gens encourageront l’équipe lorsque le Tricolore effectuera un dégagement en désavantage numérique. (rires) Les partisans connaissent vraiment leur hockey.

Nous t’avons vu afficher ta fierté pour le Tricolore dans plusieurs plateaux de tournage. Est-ce que plusieurs gens de l’industrie connaissent l’origine de notre logo et ce qu’il représente?

JB: Ceux qui sont intelligents oui! (rires) De temps en temps, quelqu’un me dira : « Oh, tu viens de Chicago », à cause du CH sur mon chandail! Je suis confus parce que ce symbole a plus de 100 ans. C’est un symbole international. L’une de mes choses préférées est lorsque ça me permet de connecter avec les gens lorsque je suis à l’étranger. Je n’oublierai jamais d’avoir été à l’autre extrémité de la planète, à Sydney, en Australie, et de marcher dans un parc avec ma casquette des Canadiens et un gars m’a approché de nulle part et m’a dit : « Go Habs Go ». Vous ne pouvez pas être plus loin de Montréal qu’en Australie et deux étrangers dans un parc réussissent tout de même à dire Go Habs Go.

Seann William Scott nous a déjà confié que tu avais tenté de le convertir en partisan du Tricolore lors du tournage de Goon. Est-ce quelque chose que tu tentes de faire à chaque fois que tu es impliqué dans un nouveau projet?

JB: Bien sûr! (rires) Et ça marche! Lorsque des personnes qui sont des partisans bien normaux ou qui ne connaissent pas le hockey regardent un match des Canadiens avec moi, ils me verront devenir complètement fou! Je tente de leur faire apprendre des choses entre les coups de sifflet.

Propos recueillis par Hugo Fontaine.

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