Répondre à l’appel

lundi, 28.04.2014 / 16 h 00 canadiens.com

MONTRÉAL – Brendan Gallagher n’a pas eu besoin de beaucoup de temps pour poursuivre en séries sur la lancée qu’il avait amorcée en saison régulière.

Participant à ses deuxièmes séries éliminatoires en autant de saisons dans la LNH, l’ailier droit de 21 ans a été un acteur important dans le balayage du Lightning par la troupe de Michel Therrien en première ronde, inscrivant régulièrement son nom sur la feuille de pointage en plus de neutraliser Steven Stamkos et compagnie dans son nouveau rôle.

Tandis que les rigueurs du tournoi printanier peuvent effrayer certains joueurs qui en sont à leurs débuts dans la ligue, Gallagher s’y est rapidement adapté avec le Tricolore à sa seconde campagne dans la LNH. L’attaquant originaire d’Edmonton insiste que son baptême en séries face aux Sénateurs au cours d’une rocambolesque confrontation en 2012-2013 lui a appris d’importantes leçons qui lui ont donné des allures de vétéran des séries ce printemps.

« Je crois que ce que j’ai appris l’année dernière est que durant les séries, le niveau d’émotion est à son summum et que je suis un joueur tellement émotif. Vous devez jouer avec cette émotion, mais vous devez la contrôler parfois. Vous devez comprendre que vous ne pouvez pas en perdre le contrôle et vous laissez emporter », partage Gallagher, qui a réalisé des marques personnelles en 2013-2014 avec ses 19 buts, 22 mentions d’aide et 41 points en 81 matchs, avant d’inscrire trois buts et cinq points en quatre parties face au Lightning en première ronde, des sommets chez le Tricolore. « C’est ça que j’ai retenu de cette série face à Ottawa. Parfois je me laisse emporter par mes émotions et ça affecte mon jeu. Maintenant, je tente de rester calme, de rester détendu et de demeurer dans le moment présent pour m’assurer que mon niveau de concentration est où il doit être.

« Vous devez établir un milieu entre votre concentration et votre intensité », ajoute Gallagher, qui affiche une récolte de sept points en neuf rencontres éliminatoires en carrière. « Ça a bien été jusqu’à présent. Mais je sais que plus nous progresserons en séries, plus ce sera mis à l’épreuve. »

À l’approche d’un rendez-vous face aux Bruins en deuxième ronde, Gallagher devrait voir ses émotions grimper à un autre niveau assez rapidement. Que ce soit en se plaçant directement devant le filet adverse ou en frappant tout ce qui bouge dans les coins, l’attaquant de 5-pieds-9 ne laissera pas sa quête pour un équilibre émotif nuire au style de jeu auquel les partisans du Tricolore ont été habitué depuis deux ans.

« Je n’ai rien changé dans ma façon de me présenter durant les séries éliminatoires », mentionne Gallagher, qui a passé en moyenne 15:46 sur la patinoire face au Lightning en première ronde, en plus de présenter un différentiel de plus-1. « Parfois, vous n’obtenez pas la décision que vous souhaiteriez ou que vous mériteriez de la part des officiels, mais vous ne pouvez pas rien changer dans votre style de jeu. Je me suis rendu ici en pratiquant un style en particulier et ça m’a permis de connaître un peu de succès jusqu’ici dans la LNH. Vous devez vous fier sur vos forces et sur ce que vous faites de bien. C’est la seule façon que je peux connaître du succès. Je sais que ça doit continuer. »

Cet esprit implacable a donné à Gallagher l’opportunité d’être opposé aux meilleurs attaquants du Lightning aux côtés de vétérans des séries Tomas Plekanec et Brandon Prust. Une tâche que l’ancienne vedette de la WHL a accueillie avec le même enthousiasme qui a séduit ses coéquipiers depuis son arrivée à Montréal il y a deux ans.

« Neutraliser ces gars a été un défi amusant pour moi. C’est une responsabilité différente de ce à quoi j’ai été habitué. C’est quelque chose que j’ai apprécié. Pleky comprend tellement bien le jeu et Prusty sacrifie son corps à chaque soir. Nous sommes sur la glace face aux meilleurs joueurs au monde. C’est donc l’occasion de réellement prouver votre valeur. Nous n’avons qu’à nous présenter et être un trio productif pour notre équipe », explique Gallagher, qui a fait sa part en empêchant Stamkos de faire scintiller la lumière rouge lors des trois derniers matchs face au Lightning, neutralisant le double lauréat du trophée Maurice Richard après ses deux buts lors de la première partie.

« Tout revient au fait d’être placé dans des situations critiques où Michel [Therrien] vous fait confiance et vous donne ces responsabilités », poursuit le finaliste au trophée Calder en 2013, qui a chassé à deux reprises le gardien Anders Lindback avec des buts importants face au Lightning. « Lorsqu’il le fait, vous ne voulez pas le décevoir. Vous voulez faire le travail. C’est tellement une période amusante de l’année pour jouer au hockey. Vous voulez aller le plus loin possible. C’est ce que j’aime le plus. »

Sa passion pour les séries est peut-être le secret le moins bien gardé dans le vestiaire du Tricolore. À une période de l’année où les tactiques d’intimidation sont pratiquement la norme, Gallagher n’a pas peur d’afficher son sourire traditionnel au milieu d’intenses luttes.

« J’apprécie l’importance de chaque présence durant les séries et ce que ça veut dire pour vos coéquipiers. Chaque gars semble avoir encore plus de plaisir. C’est juste incroyable d’en faire partie et ça résulte en une belle ambiance à l’aréna », confie Gallagher, qui participera pour la première fois à l’intense rivalité Canadiens-Bruins en séries plus tard cette semaine. « Je sais à quoi m’attendre avant chaque match. Je sais c’est quoi maintenant, et selon moi, tout revient au défi qui vient avec. Chaque match est encore plus important, plus vous avancez. Il faut simplement se présenter à chaque et accomplir votre travail durant les séries. »

Matt Cudzinowski écrit pour canadiens.com. Texte traduit par Hugo Fontaine.

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