Souvenirs olympiques: J.J. Daigneault

jeudi, 20.02.2014 / 16 h 00 canadiens.com

MONTRÉAL – D’être entouré par les meilleurs joueurs amateurs de la planète lors des Jeux de 1984 à Sarajevo a donné à Jean-Jacques Daigneault toute une leçon de hockey en plus d’être gravé dans sa mémoire pour le reste de sa vie.

Porter le chandail unifolié à l’âge de 18 ans – six mois après avoir accepté l’invitation du programme de l’Équipe Nationale Canadienne en août 1983, suite à son passage dans la LHJMQ – a exposé le défenseur à un calibre de jeu réservé généralement à des joueurs plus âgés. S’alignant aux côtés des futurs défenseurs de la LNH Bruce Driver, Doug Lidster et James Patrick, Daigneault a appris les trucs du métier en freinant les tireurs soviétiques tels qu’Igor Larionov, Sergei Makarov et Vladimir Krutov, tout ça, sous la supervision de l’entraîneur-chef Dave King.

«Chaque fois qu’on jouait contre les Russes, c’était comme de jouer contre les Oilers de 1985. Ils étaient rapides, forts et avaient un talent incroyable. La chimie était au rendez-vous puisque ces joueurs étaient ensemble à longueur d'année. Je crois qu’ils avaient seulement deux semaines de congé par année », s’est souvenu Daigneault, qui a vu son équipe s’incliner 4 à 0 face aux futurs médaillés d’or, les Canadiens en route vers une quatrième position. «Pour certains, ça faisait cinq ou dix ans qu’ils jouaient ensemble. C’était l’équipe qui était du calibre de la LNH – et ils auraient battu les cinq meilleures équipes de la LNH à cette époque. »

Trois décennies plus tard, l’entraîneur-adjoint des Canadiens, qui a connu une carrière de 15 saisons dans la LNH avec 10 équipes différentes – incluant avec l’équipe championne de la coupe Stanley à Montréal en 1993 – sait que sa décision de quitter le confort du Québec pour jouer au niveau international a payé.

«Quand je me suis joint à l’équipe olympique, nous avons joué beaucoup de matchs hors-concours contre des formations de l’AHL, de l’IHL et de la LNH. J’ai joué 10 matchs contre des équipes de la LNH à l’âge de 17 ans. Nous avons affronté les Oilers. Nous avons affronté les Flames. Pour moi, à 17 ans, c’était une expérience incroyable », a laissé savoir Daigneault qui a aidé les Canadiens à avoir le dessus que les Américains 4 à 2 en ouverture de rideau du tournoi olympique en 1984, alors que l’équipe avait terminé la ronde préliminaire avec une fiche de 4-1-0, deux points derrière la Tchécoslovaquie.

«Nous avions amorcé le tournoi sur une bonne note. Nous avions un bon entraîneur et nous avions d’excellents joueurs comme Kirk Muller, Pat Flatley et Kevin Dineen. Mon année olympique était également mon année de repêchage, alors ça a été un bon tremplin pour moi », a ajouté le père de trois enfants de 48 ans, qui a été repêché au 10e rang par les Canucks, avant d’amasser 250 points en 899 matchs. «Ça a été une bonne façon de faire le saut du hockey junior à la LNH parce que le niveau de jeu dans le programme olympique était vraiment élevé. »

Bien que les Canadiens n’ont pas terminé au sommet du podium à Sarajevo, l’expérience du vétéran défenseur aux Olympiques s’est étendue bien au-delà de la surface glacée, ayant tiré avantage de tout ce que le village olympique avait à offrir.

«J’ai eu la chance d’aller voir le patinage de vitesse et j’ai vu Gaëtan Boucher remporter ses trois médailles, deux d’or et une de bronze. J’étais là pour ses trois courses », a mentionné Daigneault. «En revenant de là, j’avais des souvenirs inoubliables des matchs que j’ai joués, mais également de l’atmosphère qui régnait dans le village olympique. Il y avait une grande cafétéria et nous pouvions rencontrer des athlètes de différents sports et parler de hockey avec d’autres joueurs. C’était bien d’en faire partie et d’avoir l’occasion d’interagir avec tous ces gens qui ont passé par tellement de choses pour se rendre à ce niveau. »

En sachant ce que ça prend, personnellement et professionnellement pour être un Olympien, Daigneault n’avait que quelques conseils simples à donner aux joueurs du Tricolore qui faisaient le voyage jusqu’à Sotchi.

«Il faut qu’ils apprécient le moment. C’est rare d’avoir une telle occasion » a souligné Daigneault qui se dit chanceux que les Jeux dans les années 1080 étaient réservés aux amateurs, puisqu’il lui restait encore quelques croûtes à manger avant de se rendre dans la LNH. «Tu peux voir plein de sports, beaucoup d’athlètes. C’est ça aussi, les Jeux. Tu dois apprécier tout ce qui t’entoure. »

Matt Cudzinowski écrit pour canadiens.com. Traduit par Vincent Cauchy.

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