La grande muraille de Montréal

dimanche, 17.11.2013 / 10 h 10 canadiens.com

MONTRÉAL – Les tirs bloqués. Une statistique qui va bien au-delà de la simple statistique.

Le nombre de tirs bloqués par un joueur est souvent représentatif, principalement pour les défenseurs, de la volonté de sacrifier son corps pour l’équipe et pour la cause. Depuis que la LNH a commencé à calculer le nombre de tirs bloqués comme statistique en 1997-1998, les joueurs des Canadiens ont démontré qu’ils n’avaient pas peur de se jeter devant des tirs de plus de 150 km/h, jouant le rôle de deuxième gardien de but.

En fait, en calculant le total de tirs bloqués par toutes les équipes de la LNH depuis cette période, on s’aperçoit que la culture du tir bloqué existe depuis un bon moment à Montréal. Ainsi, entre 1997 et 2013, les joueurs du Tricolore ont bloqué un impressionnant total de plus de 16 000 tirs. Seules les deux équipes de la région new-yorkaise, les Rangers et les Islanders, ont bloqué un plus grand nombre de tirs.

Et en 2013-2014, si la tendance se maintient, les Canadiens risquent de terminer au tout premier rang de la LNH dans cette catégorie, dominant le circuit Bettman avec une récolte de 404 tirs bloqués jusqu’ici cette saison.

Un tir bloqué ici, un autre là, voilà que les chiffres s’accumulent rapidement. Mais au-delà de ces chiffres, il y a des individus qui sont prêts à sacrifier leur corps. C’est notamment le cas de Josh Gorges, vétéran défenseur et véritable spécialiste des tirs bloqués.

«Nous voyons de plus en plus de tirs bloqués de la part de notre équipe, parce que nous le faisons mieux », explique Gorges, qui a terminé au premier rang du Tricolore à ce chapitre chaque saison depuis 2009-2010, à l’exception de la campagne 2010-2011, où il a raté la moitié de la saison en raison d’une opération au genou.

Depuis les dernières années, il n’est pas rare de voir les Canadiens bloquer une vingtaine de tirs en moyenne par rencontre. Mais le 5 novembre 2013, la troupe de Michel Therrien a démontré pourquoi elle faisait partie des meilleures à ce chapitre dans la LNH. Au total, les défenseurs et les attaquants du Tricolore ont bloqué 38 tirs, un record de tous les temps dans le circuit. Quinze joueurs différents ont stoppé la rondelle, à l’exception du gardien bien sûr, Douglas Murray menant la charge avec huit tirs bloqués, un sommet pour le défenseur format géant depuis la campagne 2008-2009.

«Nous comprenons qu’avec notre façon de jouer, c’est important de se retrouver dans les lignes de tir. Les gars paient vraiment le prix et se sacrifient pour être en mesure de faire ça. Ce n’est pas facile, mais quand tu vois 18 gars, collectivement prêts à se sacrifier, ça devient contagieux», soutient le défenseur de 29 ans, qui porte encore les cicatrices de quelques tirs bloqués, notamment celui de Mike Green du 10 février 2010. «De bloquer des tirs, ça représente juste le désir de payer le prix. Si nous avons cette mentalité, nous devons seulement la garder et continuer dans cette voie.»

Avec plus de 400 tirs bloqués cette saison, le Tricolore démontre qu’il continue dans cette voie… et qu’il n’est pas près d’arrêter.

Vincent Cauchy écrit pour canadiens.com.

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