Le globe-trotter

dimanche, 14.07.2013 / 9 h 00 canadiens.com

MONTRÉAL – Après une semaine chargée à diriger le camp de perfectionnement des Canadiens, c’est maintenant que commence la véritable saison de Martin Lapointe.

Près d’une soixantaine des jeunes joueurs se sont présentés au Complexe sportif de Brossard au cours des derniers jours. Alors que certains en étaient à leur premier contact avec l’équipe, leur futur environnement de travail ou encore le personnel de l’équipe, d’autres étaient des habitués de cet événement malgré leur âge. Par contre, ils ont pu constater plusieurs nouveautés cette année dans la structure et dans l’organisation de ce camp, leur offrant plusieurs nouveaux outils qui leur seront bénéfiques dans leur développement.

« Cette année, on voulait organiser un seul camp. On ne voulait pas en faire un avec nos espoirs au début de l’été et un autre après le repêchage comme avant. Marc [Bergevin] et moi travaillions à Chicago ensemble avant et on a voulu se baser un peu sur ce qu’on avait vu là-bas », explique Lapointe, qui a été à l’emploi des Blackhawks depuis 2009 avant d’être embauché par le Tricolore en juin 2011. « Pour nous par contre, nos journées sont planifiées un peu différemment. En plus des séances d’entraînements et des matchs intra-équipe, nous offrons aux jeunes des séminaires avec des psychologues sportifs, des nutritionnistes, etc.

« C’est sûr que c’est beaucoup de choses à assimiler rapidement, mais on y va progressivement avec les jeunes », poursuit Lapointe. « Plus la semaine a avancé, plus on a augmenté le niveau d’intensité sur la patinoire et plus nous avons fait passer les jeunes dans des situations de match spécifiques lors des entraînements pour observer comment ils se comportaient. »

Cinq jours sont loin d’être suffisants pour avoir une bonne idée du profil et de l’ensemble des forces et des faiblesses de chacun de ces espoirs. C’est pour cette raison qu’au cours des prochaines semaines, le directeur du développement des joueurs des Canadiens amorcera un pèlerinage qui l’emmènera aux quatre coins de l’Amérique du Nord de même qu’en Europe. Voir les jeunes dans leur propre environnement et œuvrer au sein de leurs équipes habituelles est le meilleur moyen d’apprendre à mieux les connaître en prenant le temps d’interagir avec eux.

« Ma tâche sera d’aller voir jouer tous les joueurs qui ont été repêchés par les Canadiens, que ce soit chez les juniors, dans les rangs universitaires, ou en Europe », mentionne Lapointe, qui passera également une semaine chaque mois à Hamilton pour observer les joueurs des Bulldogs. « Cette année, je vais commencer à les filmer avec mon iPad pour que directement après leur match, je vais pouvoir aller les voir et nous pourrons regarder les séquences ensemble. Ça va me faciliter la vie parce que je n’aurai pas à attendre de recevoir un DVD de la part des entraîneurs.

« Je vais aussi parler à leurs entraîneurs pour en apprendre un peu plus sur eux, pour savoir comment ils agissent avec leurs coéquipiers et comment ils se comportent dans un environnement d’équipe », ajoute-t-il. « Pour les gars que nous venons de repêcher, c’est encore plus important parce que je ne les connais pas tant que ça. »

Les espoirs du Tricolore seront donc entourés comme jamais et le travail de Lapointe et son équipe sera d’une grande utilité au reste de l’état-major de l’organisation lorsque viendra le temps d’obtenir des rapports concernant leur progression. Si des pratiques du genre sont maintenant monnaie courante du côté de la grande majorité des équipes de la Ligue nationale de nos jours, ce ne fut toutefois pas toujours le cas.

Ayant lui-même déjà vécu les hauts et les bas qui existent lorsqu’un jeune hockeyeur aspire à la LNH, l’ancien attaquant maintenant âgé de 39 ans aurait bien aimé pouvoir bénéficier d’un soutien semblable alors qu’il était un adolescent fraîchement débarqué de la LHJMQ.

« Dans mon temps, il n’y avait absolument rien comme ça en place pour les jeunes joueurs. On était laissés à nous-mêmes. En plus à l’époque, je ne parlais pas anglais quand je suis arrivé aux États-Unis et j’étais lancé dans un monde où je ne connaissais personne. C’était difficile de s’intégrer au reste du groupe », admet Lapointe, qui avait été repêché en première ronde par les Red Wings de Détroit en 1991. « C’est sûr que c’est le fun de voir, quand t’es un jeune joueur, que quelqu’un de ton équipe s’intéresse à toi et à ta progression. C’est aussi important mentalement pour un jeune parce que si jamais il connaît des moments difficiles, au moins on est là pour lui remonter le moral et lui donner des conseils pour l’aider à s’améliorer. »

Hugo Fontaine écrit pour canadiens.com.

HAUT DE PAGE ↑