L'homme de la situation

vendredi, 17.05.2013 / 11 h 50 canadiens.com

MONTRÉAL – Quelques facteurs peuvent expliquer pourquoi les Canadiens sont passés de la 15e place dans l’Association de l’Est au sommet de leur division en une demi-saison. Le plus important était Michel Therrien.

Lorsque Therrien a obtenu l’été dernier une deuxième chance derrière le banc du Tricolore, il est revenu plus vieux de dix ans et plus expérimenté qu’il ne l’était lorsqu’il a quitté Montréal au milieu de la saison 2002-2003. Au cours de la décennie qui a suivi, il a veillé au développement des vedettes en devenir au sein du club-école des Penguins à Wilkes-Barre, il a guidé un jeune Sidney Crosby et les Penguins jusqu’à la finale de la coupe Stanley en 2007-2008, il a occupé un poste de dépisteur pour le Wild du Minnesota et ensuite est devenu analyste à RDS.

Durant ses années à l’extérieur de son premier domicile au hockey, il a utilisé toutes les expériences qu’il a vécues afin de créer les fondations d’un plan qu’il voulait mettre en place la prochaine fois qu’il deviendrait entraîneur-chef dans la LNH. Même s'il a été devancé par Joel Quenneville des Blackhawks, Bruce Boudreau des Ducks et Paul MacLean des Sénateurs pour le titre d'entraîneur de l'année, Therrien a été en mesure de renverser la vapeur avec les Canadiens tout comme il l’avait fait avec les Penguins quelques années auparavant en appliquant ses connaissances à la lettre.

« Je possédais l’expérience de changer la culture au sein d’une équipe lorsque j’étais à Pittsburgh », a expliqué Therrien au mois d’avril lors d’une entrevue pour le magazine CANADIENS. « À ma première saison complète là-bas, je crois que nous avions récolté 47 points de plus que l’année précédente. Je crois que c’était le cinquième meilleur revirement dans l’histoire de la LNH. Nous avions connu du succès rapidement là-bas avec des jeunes joueurs; Jordan Staal avait 18 ans et Sidney [Crosby] en avait 19.

« Chaque situation est différente, mais lorsque je suis arrivé ici, j’ai eu l’opportunité d’être ici dès le Jour 1 », poursuit le Montréalais d’origine, qui a terminé au cinquième rang au scrutin pour le Jack-Adams en 2001-2002 et au troisième rang en 2006-2007. « Les gars sont arrivés ici avec une excellente attitude. Pour moi, l’attitude est importante. Je leur ai dit avant, et je continue de me répéter : ‘Vous pouvez jouer avec une épaule amochée, vous pouvez jouer avec une cheville amochée, mais vous ne pouvez pas jouer avec une mauvaise attitude.’ Tout commence avec l’attitude. »

Therrien a pris en charge une équipe qui a terminé au 28e rang au classement général de la LNH en 2011-2012 et l’a propulsé jusqu’au quatrième rang de la Ligue en 2012-2013. Avec en main son concept d’équipe qui a mené son équipe jusqu’au sommet de sa division, le vétéran pilote a montré un dossier 29-14-5 en 48 rencontres cette saison, deux victoires de moins que le Tricolore a obtenu en 82 parties la saison dernière. Pour les vétérans qui ont été aux premières loges de ce changement de culture au sein de l’équipe, le secret derrière leurs succès débute derrière le banc.

« C’était différent [cette saison]. Depuis le premier jour, tout le monde était sur la même longueur d’onde, tout le monde était discipliné et tout le monde suivait les règles », a partagé Tomas Plekanec, qui a disputé la totalité de ses 598 rencontres en carrière dans la LNH avec les Canadiens. « La discipline et le désir de vaincre ont été les facteurs les plus importants de ce redressement. »

Pouvant compter sur une formation en santé après avoir mené la Ligue au chapitre des parties perdues en raison des blessures la saison dernière, les ajouts de joueurs de caractère comme Brandon Prust, Colby Armstrong et Francis Bouillon sur le marché des agents libres et les arrivées des futures vedettes Alex Galchenyuk (19 ans) et le candidat au trophée Calder Brendan Gallagher (21 ans) n’ont pas nuit. Pour Therrien, la plus grande force de l’équipe a été son habileté de jouer en équipe.

« J’ai toujours cru que nous étions une équipe qui allait se battre jusqu’en séries éliminatoires. La saison précédente en était une mauvaise sur plusieurs aspects », a mentionné Therrien. « J’ai vu l’équipe jouer souvent, mais je n’étais pas à l’intérieur. Dès mon arrivée, j’ai découvert de grands leaders dans ce vestiaire – des bonnes personnes qui voulaient prouver que la dernière saison était un accident de parcours.

« Ce qui m’impressionne le plus sont les petites choses. Un gars qui bloque un lancer, un gars qui se porte à la défense de ses coéquipiers ou un gars qui n’a pas peur de se replier », ajoute-t-il. « Tous ces petits détails qui ne sont pas nécessairement perçus par les partisans ou les journalistes. Lorsqu’un gars marque un but, tout le monde sait qu’il a marqué – son nom est annoncé. Mais un gars qui se sacrifie pour ses coéquipiers, c’est ça la chose la plus importante à mes yeux. C’est l’équipe avant tout. »

Shauna Denis et Matt Cudzinowski écrivent pour canadiens.com. Texte traduit par Hugo Fontaine.

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