Plus qu'un protecteur

mercredi, 23.01.2013 / 14 h 44 canadiens.com

MONTRÉAL – Lorsque les Canadiens ont signé Brandon Prust l’été dernier, certains se disaient qu’il n’était bon qu’à jeter les gants. Il faut croire que les dirigeants du Tricolore regardaient beaucoup plus loin que le bout de leur nez.

Après avoir passé 156 et 160 minutes au cachot lors des deux dernières saisons avec les Rangers, Prust était catégorisé comme un bagarreur qui pouvait se débrouiller avec la rondelle. Mais depuis son arrivée à Montréal, il a été utilisé à toutes les sauces par son entraîneur et démontre qu’il peut aider son équipe dans plusieurs situations en cours de match.

« La plus grande qualité de Brandon est qu’il est un compétiteur. Il travaille fort et il est un excellent coéquipier, sur la glace et à l’extérieur. Il est un joueur important, c’est pour cela que nous l’avions sur notre radar l’été dernier », fait remarquer l’entraîneur-chef des Canadiens Michel Therrien.

« Je me suis assis avec lui au début de la saison pour m’assurer qu’il ne change pas son style », poursuit Therrien. « Souvent, lorsqu’un joueur signe un contrat comme joueur autonome, il tente de modifier son style de jeu. J’aimais la façon qu’il jouait à New York et il fait exactement ce qu’on lui demande. Il est le même joueur qu’auparavant, tout le crédit lui revient. »

Sans trop déroger à ses vieilles habitudes, il a laissé tomber les gants lors du premier match de la saison face à Mike Brown des Maple Leafs, Prust a su tirer son épingle du jeu, passant notamment très prêt de devenir le premier joueur du Tricolore à marquer en 2012-2013. Après tout, il a inscrit 13 buts avec les Rangers il y a deux ans.

« Je crois que parfois les gens voient le nombre de minutes de pénalité ou le nombre de bagarres dans lesquelles j’ai été impliqué et ils pensent que ce n’est que ça que je suis capable d’apporter à l’équipe », admet l’attaquant de 28 ans. « Je crois qu’ils vont constater rapidement que je sais jouer au hockey et que je peux contribuer offensivement tout en étant efficace en défensive. »

Une des missions que s’est vu confier Prust par ses nouveaux patrons en début de saison a été d’être le protecteur des deux jeunes recrues qui se sont taillées une place avec les Canadiens, Alex Galchenyuk et Brendan Gallagher. Ces trois joueurs ont été jumelés ensemble pour une première fois mardi face aux Panthers et ils ont été une menace autour du filet adverse toute la soirée.

Sachant très bien que sa mission première était de créer de l’espace sur la glace pour ces jeunes coéquipiers, le vétéran de cinq saisons dans la LNH était également là pour aider donner des conseils et faciliter la transition à ces deux joueurs qui en sont à leurs débuts dans les grandes ligues.

« C’est important pour une équipe qui veut connaître du succès d’avoir du leadership. C’est bien d’avoir ces jeunes talentueux ici, mais vous devez avoir des vétérans en place pour leur montrer quoi faire et les aider à devenir des professionnels », mentionne Prust, qui était sur la glace lorsque Galchenyuk a inscrit son premier but en carrière dans la LNH et que Gallagher a récolté son premier point sur la même séquence. « À chaque fois que nous retournions au banc, nous nous parlions pour s’assurer que nous étions sur la même longueur d’onde. Nous communiquions beaucoup, ce qui nous a aidés à connaître du succès. »

Bien qu’il ne soit pas très âgé, on pourrait croire que Prust avait les allures d’un père sur la patinoire puisqu’il est l’aîné de 10 et huit ans sur Galchenyuk et Gallagher respectivement. En bon protecteur, il savait qu’il était important d’être là pour eux. Par contre, il voudra leur rappeler qu’ils ne s’en tireront pas aussi facilement.

« Je suis probablement la gardienne la mieux payée ici. Ils devront ouvrir leurs portes-feuilles sur la route », a lancé Prust à la blague. « Ils sont d’excellents joueurs. Ils sont intelligents, rapides et ils donnent tout ce qu’ils ont. C’est plaisant de jouer avec eux. »

Bien qu’il n’ait pas froid aux yeux et qu’il n’a jamais eu peur d’aller se placer dans les endroits achalandés sur la patinoire, Brendan Gallagher sait que Prust sera là pour s’occuper de la besogne si la tâche devient plus corsée. Malgré le fait qu’il n’est pas le plus imposant, le jeune albertain sera prêt à tout pour venir en aide à son coéquipier, peu importe la situation.

« Nous savons qu’il a nos arrières, et nous surveillons les siennes aussi », souligne Gallagher, sourire en coin. « Moi et Alex ne sommes pas très gros, mais s’il a besoin de nous, nous serons là pour Brandon. Il est un excellent coéquipier, c’est très facile de jouer avec lui. »

Hugo Fontaine écrit pour canadiens.com.

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