Souvenirs des Mondiaux juniors : Patrice Brisebois

jeudi, 19.12.2013 / 9 h 00 canadiens.com

MONTRÉAL – Patrice Brisebois peut se vanter d’avoir réalisé de grandes choses au cours de sa carrière dans la LNH. Mais avant de le faire, il a également laissé sa marque au sein de l’équipe canadienne lors des Championnats du monde de hockey junior.

Que ce soit dans la Ligue de hockey Midget AAA ou dans la LHJMQ, Brisebois trouvait toujours le moyen de se démarquer des autres à la ligne bleue. Dès ses débuts au niveau junior, il a prouvé qu’il savait tirer son épingle du jeu parmi les meilleurs de son âge. À un point tel que le Montréalais d’origine s’est mérité quelque chose que seul un certain Wayne Gretzky avait réussi avant lui.

« J’ai été le deuxième joueur dans toute l’histoire de l’équipe canadienne à avoir reçu une invitation au camp de sélection à l’âge de 16 ans. Même Mario Lemieux n’a pas fait ça », admet en riant l’actuel entraîneur du développement des joueurs du Tricolore à propos du camp de sélection de 1988 d’Équipe Canda junior. « Cette année-là, j’ai été un des derniers défenseurs à être coupé. Cette décision n’a pas été difficile à digérer, j’étais quand même fier d’avoir été invité à 16 ans. Cette expérience m’avait donné confiance. »

Gonflé à bloc lorsqu’il a été de nouveau invité la saison suivante à se tailler une place au sein de l’équipe nationale, Brisebois a vu la malchance s’acharner sur lui. Quelques jours avant de quitter pour le camp de sélection final, le défenseur du Titan de Laval s’est blessé au genou. Bien qu’il se soit tout de même présenté sur place, les dirigeants d’Équipe Canada n’ont pas voulu prendre de chance que sa blessure s’aggrave et ont préféré le retourner au Québec.

Jamais deux sans trois, il a une nouvelle fois tenté sa chance l’année suivante et à l’âge de 18 ans, il a finalement obtenu l’opportunité de représenter son pays aux Mondiaux juniors de 1990, à Helsinki, en Finlande. Un gros défi l’attendait puisqu’il devait ralentir les élans de quelques futures vedettes de la LNH dont Pavel Bure, Alexei Zhamnov, Bobby Holik et Jaromir Jagr.

« Jouer contre des grosses machines de hockey comme l’U.R.S.S. et la Tchécoslovaquie était impressionnant, mais nous étions tellement confiants en nos moyens parce que nous savions que nous avions aussi une grosse équipe », admet Brisebois qui a inscrit deux buts et deux mentions d’aides durant le tournoi. « Nous étions tellement bien préparés, c’est un court tournoi et c’est durant les premières semaines que l’esprit de famille se construit.

« Tu es tellement fier de pouvoir représenter ton pays », poursuit-il. « Ils nous avaient montré des vidéos des équipes précédentes qui avaient remporté l’or. Après avoir vu ça, le niveau de motivation était à son plus haut et nous voulions manger les bandes. »

Cette lutte à trois équipes allait connaître son dénouement lors de la dernière journée du tournoi. Assuré de repartir avec la médaille d’argent, le Canada pouvait toujours espérer mettre la main sur l’or, mais la tâche ne s’annonçait pas de tout repos. Devant absolument vaincre la Tchécoslovaquie avant tout, ils devaient également espérer que la Suède empêche les Soviétiques de l’emporter.

Tel un scénario de film, Brisebois et ses coéquipiers ont réussi leur part avec un gain de 2 à 1 alors que les Suédois ont nivelé le pointage à 5 à 5 avec une seconde à écouler au cadran pour officialiser le triomphe des Canadiens. Par contre, ces derniers n’avaient aucune idée de ce qui se passait puisque la technologie n’était pas la même qu’aujourd’hui.

« Nous ne le savions pas immédiatement. Après avoir gagné notre match sur les Tchécoslovaques à Turku, nous devions prendre l’autobus en direction d’Helsinki, qui est à deux heures de route », raconte Brisebois. « Nous n’avions aucune idée du résultat de l’autre match. Nos entraîneurs ont appris le résultat plus tard et nous avons su que nous avions gagné l’or comme ça! »

Avec une médaille d’or en poche, Brisebois a eu la possibilité d’en ajouter une autre à sa collection lorsqu’on fit de nouveau appel à ses services à sa dernière année d’admissibilité. Maintenant un des vétérans de la formation canadienne, Brisebois allait se servir de son expérience lors des grandes occasions puisque le tournoi de 1991 était présenté en sol canadien, en Saskatchewan, devant des partisans qui n’accepteraient que la victoire.

« C’est certain que lorsque tu es plus vieux et que tu reviens avec l’équipe, tu as un peu plus de responsabilités. J’avais assez de maturité pour savoir quel était mon rôle », témoigne Brisebois qui était le seul membre de la brigade défensive de l’édition précédente à enfiler le chandail rouge et blanc de nouveau. « À Saskatoon, la pression était pas mal plus élevée parce que nous jouions devant nos partisans. »

Cette pression n’a fait que motiver davantage les représentants de l’unifolié qui n’ont subi qu’une seule défaite au cours du tournoi. Retrouvant leurs éternels rivaux de l’U.R.S.S. lors de l’ultime match, le Canada a neutralisé la puissante attaque soviétique et John Slaney a inscrit le désormais légendaire but décisif avec moins d’une minute à écouler pour procurer à son équipe une deuxième médaille d’or consécutive. Pour la seconde fois en 12 mois, Brisebois se retrouvait au sommet du monde et savourait le moment autant que la première fois.

« Il n’y en a pas une que je suis plus fier que l’autre », avoue celui qui avait terminé au troisième rang chez les pointeurs canadiens avec sept points en 1991. « La première est toujours spéciale car c’est une découverte. J’avais des trophées que j’avais remportés quand j’étais petit, mais pas de médailles d’or du Championnat du monde junior.

« La deuxième l’est aussi mais j’étais encore plus ému parce que nous étions devant nos partisans », révèle Brisebois. « Quand tu es une équipe championne, c’est très dur de rester au sommet parce que la pression est tout le temps là. C’est des moments magiques dans une vie. »

Hugo Fontaine écrit pour canadiens.com.

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